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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 15 avril 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Simen Bokstav Kjeksrud
(chant)

-Jakob Skogli
(chant)

-Vebjorn Iversen
(guitare)

-Ulrik Linstad
(basse)

-Fredrik Vang Kasin
(batterie)

TRACKLIST

1) Affair
2) Divorce
3) Firstborn
4) Child Support
5) Violet
6) Molly
7) Viole(n)t
8) Black Lungs
9) Black Heart

DISCOGRAPHIE


Atena - Shades Of Black Won't Bring Her Back
(2015) - hardcore death metal deathcore/ambidjent - Label : Negative Vibe Records



Athéna a beau être la grande déesse de la mythologie hellène, protectrice d’Athènes, gardienne de la Sagesse, de la Prudence, de la Raison et de la stratégie militaire, ainsi que celle des artistes, enlevez-lui son « H » et il ne reste qu’un vulgaire groupe composé de cinq mortels. Vous avez dit vulgaire ? Vraiment ?

Il convient d’abord de resituer les choses géographiquement. On se trouve ici à plus de trois mille trois cent kilomètres de la capitale grecque, à une cinquantaine de kilomètres d’Oslo. A Drammen, plus précisément. C’est là-bas qu’Atena voit le jour en 2010. Un trio d’années s’écoule, temps nécessaire à l’enregistrement du premier opus : Of Giants. La première pierre de l’édifice est posée, et elle est - logiquement - fondatrice. Signant dans la foulée chez le label norvégien Negative Vibe Records, Atena vient alors de dessiner les contours d’un style assez particulier, car assez limité par son nombre de représentants. Si le nom du label est représentatif, il est cependant difficile de coller une étiquette précise sur le style pratiqué. On peut tout de même facilement faire une comparaison avec l’un de ses fervents étendards : Vildhjarta. Un djent ambiant, atmosphérique, que l’on a tendance à qualifier d’ambidjent, mais marqué par une forte emprunte deathcore progressif et un joli soupçon de technicité. Un peu à l’instar de Through Lifeless Eyes, Harkla ou encore Humanity’s Last Breath. Une majorité de groupes scandinaves, vous l’aurez noté.
Voilà qui a de quoi réjouir les fans déçus de la scène deathcore/prog/djent actuelle, car cela commence à tourner légèrement en rond (ou en 0). Et il y a de quoi, car Atena, comme ses compatriotes et voisins géographiques, propose un deathcore angoissant mêlant plein d’harmoniques aigues, stressantes au possible, qui instaurent une ambiance très particulière. Celle-ci, bizarrement, restait pourtant très « lumineuse » dans Of Giants. Au contraire dans cet opus, elle se fait nettement plus noire et sombre. Comment pourrait-il en être autrement avec une telle pochette me direz-vous ? Rien à voir avec le black metal pour autant. On parle ici d’une atmosphère lourde, portée par des rythmiques très progressives, grandement teintées de djent. "Molly" et ses whale scrapes, ainsi que "Viole(n)t" et ses simili de barrissement d’éléphants en sont les meilleurs symboles.
Ça, c’est ce qui fait la particularité d’Atena, le caractère qui rend le groupe reconnaissable assez facilement, car malgré les harmoniques à la Vildhjarta, les rythmiques sont beaucoup plus lourdes et progressives pour qu’on puisse faire l’amalgame (début de "Divorce", "Child Support"). Mais désormais, les Norvégiens ont misé sur quelque chose d’autre. Quel est-il ? Le post-hardcore. Enorme déception. Car comment peut-on délibérément mêler du Architects (cf. "Black Heart") avec du deathcore progressif ambiant ? Peut-être pour pouvoir aborder le thème principal de l'album, à savoir celui du lien familial, avec plus de crédit... Non, vraiment pas, la bévue est conséquente, et elle n’est pas esseulée. Les fins de "Divorce" et "Firstborn", ainsi que la voix rappée dans "Child Support" contrastent horriblement avec le reste de l’album, allant même jusqu’à le gâcher en bonne partie. Et croyez-moi, une bonne partie d’un album qui dure vingt-cinq minutes, ça laisse peu de miettes.


Deux ans jour pour jour se sont écoulés entre les deux sorties musicales d’Atena. Et il faut croire que c’est un timing suffisant pour se saboter. Le titre semble malheureusement être une prédiction : Atena a beau amener des Nuances de Noir, ce ne sont pas elles qui ramèneront la musique d’Atena à ce qu’elle était à son origine.


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