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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 10 septembre 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Filip Brunet
(chant)

-Tudor Scanteie
(guitare)

-Mihai Dinca
(guitare)

-Alex Nichiforof
(basse)

-Gabi Dima
(batterie)

TRACKLIST

1) Intro & Getting Away With Murder
2) Come With Me If You Want To Live
3) Global ShutDown
4) Walking Among Giants & Interlude
5) Save The Fucking Puppies
6) InArticulate
7) Fingers Change Color
8) Borg & Outro

DISCOGRAPHIE


Negative Core Project - Silence Is Betrayal
(2015) - hardcore death metal quelque peu progressif - Label : Autoproduction



Après avoir fait un petit tour du côté de la Bulgarie, pourquoi ne pas franchir la frontière Nord pour voir ce qu’il s’y passe ? Aucune raison de ne rien trouver, puisque la Roumanie est trois fois plus peuplée que son voisin austral. Negura Bunget vous disiez ? Perdu.

Bien évidemment, c’est le premier – et peut-être l’unique – nom qui va vous venir à l’esprit, puisque les black metalleux jouissent d’une renommée internationale, parcourant l’Europe en tournée depuis un petit moment. Mais vous auriez aussi pu me citer le groupe de power symphonique Magica (avec à sa tête la ravissante, Ana Mladinovici) ou le très ancien, mais toujours actif, groupe de hard rock de 1976, Iris. Sauf qu’ici, on parle à nouveau d’un groupe dont l’existence est beaucoup plus récente. De 2008, en l’occurrence. Créé dans la capitale du pays de Dracula, la formation emprunte d'abord le nom de Tarantula, et évolue dans un style assez proche du thrash old school, avant de poursuivre vers un death metal groovy, puis d’apporter une touche de core à tout cela. Negative Core Project se fait surtout connaître au niveau local et régional grâce à des shows explosifs, et accompagne des grandes têtes comme Napalm Death, Brujeria ou encore Veil Of Maya et Thy Art Is Murder. En 2012, leur premier disque Spread The Disease voit le jour. Un album de onze titres pour près d’une heure de musique. Conséquent.
Qu’en est-il alors de leur nouvelle fournée de 2015 ? Et bien celle-ci est assez déstabilisante, car assez ardue à appréhender et classer. Pourtant, il n’y a pas tromperie sur la marchandise, la formation intrégrant donc des éléments core, comme son nom l’indique, dans ses œuvres, mais pas ceux qu'on a l’habitude d’entendre à tout bout-de-champ. Comprenez par-là que vous n’entendrez nul refrain en chant clair, ni breakdowns de sauvage pour mosher. Non, ce sont plus des passages propices à un rythme de two-step ou de circle pit disséminés un peu çà et là, comme dans "Come With Me If You Want To Live" et "InArticulate". Mais la véritable fondation musicale réside plutôt dans un death/groove très énergique, comme en témoignent les deux chansons précédemment citées, auquel les Roumains ajoutent une bonne touche de progressif, ainsi que de passages plus aériens, comme sur "Save The Fucking Puppies" ou "Fingers Change Color". Et, fatalement, on retrouve une énorme part de Meshuggah sur une bonne moitié de l’album (l’intro de "Walking Among Giants" et la fin de "Borg" notamment) qui pourrait même presque être un hommage aux Suédois tellement les ressemblances sont flagrantes.
Ce n’est donc pas étonnant de voir les durées des chansons s’envoler ici, avec une durée moyenne de six minutes par chanson. Un chiffre à nuancer et contraster tout de même, car dans la version que propose le bandcamp du groupe, on constate un découpage assez particulier. En effet, l’intro, l’interlude et l’outro sont imbriquées dans d’autres chansons, ce qui en réduit fortement le nombre. Quoi qu’il en soit, c’est un melting pot difficile à saisir au premier abord, car assez compact. La qualité d’auto-production – quoi qu’acceptable – n’aide pas forcément à se faire une idée précise et rapide. Et pourtant, cette dernière met la basse en valeur plus qu’il n’en faut, ce qui est un mal pour un bien. Au rayon des thèmes lyriques, les Bucarestois restent fidèles au style du hardcore puisque ce sont principalement des paroles de contestation que l’on entend pendant ces trois-quarts d’heure. Une contestation qui se transpose par des images de manifestations (sûrement du début des années 1990 contre l’ancien régime dictatorial du pays) dans le clip de "Save The Fucking Puppies". Un groupe né pour se faire entendre et qui a donc compris que « le Silence est une Trahison ».


Le Projet de Base Négatif a donc le mérite de sortir de la masse à l’échelle locale, seul moyen de se démarquer à court terme, mais ambitionne certainement plus à l’avenir. Voulant faire passer un message politique fort, liée à l’histoire particulière de leur pays, c’est une formation qui a surtout besoin de live pour pouvoir partager au mieux son message. Leur musique doit désormais évoluer et acquérir une touche personnelle afin de ne pas se perdre définitivement dans le flot massif actuel du metal.



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