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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 10 octobre 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-George Kosmas
(chant+guitare)
 
-Shaun Sykes
(guitare)
 
-Steve Merry
(piano+claviers)
 
-John Richardson
(bass)

-Elliott Sansom
(batterie)


TRACKLIST

1) Luma
2) An Ember's Arc
3) Withering Strands
4) Roots to Sever
5) Whelm
6) A Thread Dissolves
7) Grasping Light
8) The Smoke of Many Fires


DISCOGRAPHIE

Of Breath and Bone (2012)
Vessels (2016)

Be'lakor - Vessels
(2016) - death metal melodeath progressif - Label : Napalm Records



Quand on ne sort que des chefs d’œuvre, on est forcément attendus au tournant. Be’lakor sort ainsi son quatrième album intitulé Vessels (les gars n’étant pas francophones, on leur pardonnera le jeu de mots « un bel accord de vaisselle »). Alors comment faire mieux ou au moins aussi bien que, entre autres, le magistral Of Breath And Bones ? Tout simplement en faisant quelque chose de différent !

Que les esprits chagrins se rassurent, Be’lakor reste sur une ligne de death metal mélodique progressif. Hormis l’introduction et "A Thread Dissolve", tous les morceaux dépassent les sept minutes. Mais là où le groupe n’hésitait pas à balancer des riffs tranchants, façon melodeath, il décide ici de poser sa musique. Ainsi, les guitares sont composées de deux parties bien distinctes : une guitare rythmique façon accords plaqués sur laquelle se posent des leads aériens. Le rythme en prend un coup également : les tempos baissent et l’énergie est toute contenue. Clairement, certains n’y trouveront pas leur compte, car la musique du groupe perd en efficacité immédiate. Les Australiens ajoutaient des passages agressifs à des passages plus atmosphériques. L'équilibre se déplace avec cet album qui demande du temps pour s’appréhender. Mais au fur et à mesure, le groupe déploie ses ailes et nous frappe en plein cœur. Curieusement, c’est vers la fin du disque que Be’lakor se montre magistral : The Smoke Of Many Fires touche à la perfection avec ses 10 minutes de musique. Et il est difficile de résister à un Whelm tout aussi réussi...
Plus que l’efficacité, c’est l’ambiance que recherche Be’lakor. Les nombreuses guitares acoustiques posées ici et là marquent les esprits, que ce soit dans les introductions ou en plein milieu d'un morceau. Les Australiens développent une atmosphère tout au long de l’album qui ne lâchera jamais l’auditeur. C’est redoutable de cohérence et de puissance contenue ! Car si la musique paraît lente et lourde, les leads apportent de la hauteur à l’ensemble. On est frappés par la subtilité et l’intelligence de cette musique. Tout paraît simple dans la musique, mais rien ne l’est. La progression des morceaux est d’une fluidité incroyable. On est surpris, mais jamais perdus. Le groupe n’utilise aucune recette, aucun artifice, aucune facilité… Et pourtant, on est subjugués par la beauté de certains passages. Voilà un groupe qui travaille au diapason ! On s’embarque dans un voyage, dès les premières notes pour n’en ressortir que secoués par la montée en puissance de la musique au fur et à mesure des morceaux.

Be’lakor évolue avec Vessels. Il faudra un peu de patience pour éviter une déception aux fans de groupe. La première écoute peut déplaire, mais une fois la relative lenteur digérée, on reste pantois devant tant d’intelligence, de subtilité et de beauté. Un grand groupe qui ne cesse de confirmer son talent.



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