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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 04 octobre 2016
Sa note : 19/20

LINE UP

-Dunkel
(tout)

-Marie
(chant additionnel) 

TRACKLIST

1) Cap Coma
2) Elle a violé mes rêves 
3) Vogue la galère !
4) Idylle
5) Et puis c'est tout 
6) Aux âmes éclairées
7) Cap Trauma

DISCOGRAPHIE

Adieu, vat ! (2016)

Sale Freux - Adieu, vat !
(2016) - black metal Rude et rural - Label : France D'Oïl Productions



C’est les cheveux au vent, la veste à patch trempée et l’haleine rance que se déguste le Sale Freux Grand Cru Classé 2016. La gueule humide, le vin clair et le coeur rassis. Oui, voilà… Ça doit être ça…. Un appel au voyage, au changement, au bon débarras. Un ras le bol total dont Dunkel seul possède l’ivre secret.

Après un Crèvecoeur au nom plus que justifié. Sale Freux remet la misère au plat du jour, double dose de saloperies sur lit de vomissures acides. Le tout recouvert de roses fanées. Voilà qui résume bien le monsieur, la tristesse et la mélancolie les plus intensément humaines sont enrobées de manière toujours plus délicate dans un linceul finement sculpté. Adieu, vat ! Le titre à la base de la galette est d’une profonde puissance. Tout y est important, de la virgule au point d’exclamation. Un message de liberté, celui du petit garçon au moineau qu’il vient de recueillir, quand on aime, on ne conserve pas, on laisse partir tout simplement. Tout est plus beau loin de nous, nous, pourritures. Adieu, vat ! sont les pensées, les rêves et les espoirs d’un gamin qui regarde, assis au bord de l’eau, sans arrêt vers l’horizon. Ce même horizon qu’il ne peut atteindre qu’en rêvant. En grandissant, il l’atteindra, ivre. Le vin c’est également Sale Freux, sa voix reconnaissable entre mille est chargée des tanins les plus agressif, des sulfites les plus perfides. Une voix bien trop réelle pour être agréable, la douleur est proéminente. Sourde, âpre, trop banale pour être supportable. Il hurle poèmes et pensées, bouteille à la main, la larme à l’oeil et la goutte au nez, de manière si humaine, si connue, que les écoutes se font de plus en plus douloureuses.
Le "Cap Coma" est la première destination. Fieldrecording et riffs se côtoient, amplifiant d’avantage cette impression poignante de réel énoncé plus tôt. Le riff larmoyant et difficile suit, comme une course, long et rythmé, d’une monotonie tragique. La voix de Dunkel toujours révoltée, comme impuissante face à l’importance de la situation. Les riffs font TOUJOURS mouche, et sont d’une pertinence émotionnelle rare. Chaque note frappe l’âme et l’humeur en plein coeur, sans aucune retenue, à la manière d’une véritable émotion. Un peu à la manière de Drudkh en fin de compte, peu de riffs, peu de show mais énormément de résultats. La science du riff pur, Dunkel la possède également. Les titres oscillent entre 6 et 15 minutes mais ne sont JAMAIS trop long, aucun moment blanc ou lassant n’est présent. Tout est parfaitement orchestré pour nous envoyer balader dans les contrées les plus humides de Bretagne. Là où les vagues frappent les versants des falaises sans arrêt, là où le ciel est d’une teinte dénuée d’expression. Un black pur et désabusé, sans honte, sans maquillage. Voilà ce que propose Adieu, vat ! (et l’ensemble des oeuvres de Sale Freux en passant). L’association guitare sèche et riffs trémolos n’aura jamais été aussi véritable, aussi justifiée. Rien n’est kitsch ni raté. Tout tourne dans le bon sens. Les samples cinématographiques associées à certains titres détaillent les ambiances dramatiques, foutues et désespérantes. La déception est palpable.


Il y aurait encore énormément à dire. On pourrait en parler pendant des heures. Mais le blabla ne remplacera jamais l’écoute. Achetez-le (l’objet est très soigné), lisez le livret, écoutez et vous comprendrez. Adieu, vat ! C’est ce grand gamin à qui la vie n’a jamais souri, qui ferme les yeux le temps d’une après-midi en s’évadant pour oublier son taudis. Celui qui rêve aussi. Qui rêve beaucoup. Ça me fait du mal, vraiment. Cette désillusion.

PSUI: (Post Scriptum Ultra Important): Un second CD est inclus, dans une pochette à part. Inutile de préciser que l’objet est plus qu’indispensable vu la qualité du morceau. Sans déc’. Achetez-le. Nan mais sérieux quoi.



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