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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 03 octobre 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Jere
(chant+guitare)

-NAM
(basse)

-Haste
(batterie)



TRACKLIST

1) The Pillar
2) A Lost Congregation
3) Five Fold Kiss
4)
Nema
5) The Heretic's Horn
6) For Generations
7) Nameless Craft
8) This Is What the Devil Does
9) Witchfather

DISCOGRAPHIE


Athame - With Cunning Fire and Adversarian Resolve



-  Dites donc dans votre pays, il fait lourd…
-  Oui. Et puis quand l’orage éclate, il fait pas semblant.
-  Tous les jours de l’année ?
-  Tous les jours de l’année.
-  Des éclaircies ?
-  Des quoi ?
-  Non rien, laissez tomber.


Le paysage musical d’Athame, West Virginia, est simple et invariable. Les nuages s’amoncellent dans une ambiance oppressante avant que la colère des cieux se déchaîne. C’est immuable, presque rituélique. Très largement inspirée de Celtic Frost, ou plutòt de Triptykon – la voix/tonnerre de Jere rappelle absolument le Grand Thomas G. Warrior –, la musique d’Athame n’effleure la modernité métallique que par deux aspects. L’un est l’usage de blast-beats furibonds distribués de-ci, de-là, tout au long de ce With Cuning Fire And Adversarial Resolve de malheur, sentant la colère et la dévotion aux puissances ténébreuses, déclamée dès la première seconde de l’oeuvre, via un "The Pilar" incantatoire sentant bon le Hell Awaits. Tout comme les Finlandais de Vorum, Athame reste profondément ancré dans la musique noire de la fin des 80s, mais sonne quand même un peu moins old-school que les Sacnadinaves. Outre les blasts, et comme commenté au début de cette chronique, les Ricains se plaisent à plonger l’auditeur dans une ambiance oppressante où la violence latente, telle une vilaine allumeuse, se laisse désirer. C’est cette utilisation intense de passages ambientés relativement proche de ce que la scène black metal des années 2000 a pu proposer, notamment en France, qui sort définitivement le groupe de la mouvance « protoblack revival ». Doit-on s’en réjouir ? Pas forcément.
D’une part, le groupe est redoutablement efficace quand il s’énerve et tous les passages brutaux de l’album, toujours impeccablement amenés, sont des moments de jouissance intense. D’autre part, l’utilisation des passages de colère latente est soit trop systématique, soit pas assez travaillée. Expliquons-nous : de nos jours, si l’on veut impacter l’auditeur avec du black/death très fortement ambient, il en faut pas lésiner sur les moyens et travailler de manière intense tous les passages où la section rythmique n’est pas en mode furie. Or, les moments d’attente proposés par Athame sont simples et absolument pas raffinés. S’ils étaient utilisés à dose modérée, ils soutiendraient parfaitement la violence de l’album. Las, ils prennent souvent le pas sur les morceaux furieux et des titres comme "The Heretic’s Horn" et "For Generations", placés qui plus est en plein milieu de l’album, plombent un peu l’album et douchent les espoirs que l’auditeur avait placés dans l’album après un "Five Fold Kiss" parfait. La suite est néanmoins extrêmement convaincante, et autant "Nameless Craft", enfin déchaîné, que le court, mais impactant "This Is What the Devil Does" sont des briseurs de nuque en puissance. "Witchfather" conclut, sur un équilibre entre violence et ambiance enfin trouvée, une œuvre inégale mais ô combien savoureuse par moments. 


Si Athame ne s’était pas trop abstenu de tabasser au milieu de leur album, nous serions en train de parler d’une œuvre de tout premier plan, dans un registre black/death à l’ancienne et dévastateur à la fois. On se contentera de dire que With Cunning Fire… contient des moments d’une intensité inouïe et on marquera un nom de plus sur la liste des groupes dont on attend impatiemment des nouvelles.



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