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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 03 janvier 2017
Sa note : 13/20

LINE UP

-Kristian "Varg" Vikernes
(tout)

TRACKLIST

1) Fra Verdenstreet
2) Jeg Faller
3) Valen
4) Vanvidd
5) Enhver Till Sitt
6) Budstikken
7) Til Hel Og Tilbake Igjen

DISCOGRAPHIE


Burzum - Fallen
(2011) - black metal atmosphérique burzumesque - Label : Byelobog Productions



Après plus de soixante-dix chroniques et nombre de pays écumés, toujours aucune trace de la Norvège. C’est fort pour un chroniqueur de metal, quand même quand on connait la qualité et la quantité de groupes originaires du pays scandinave. Et pour remédier à cette anomalie, il y a un artiste assez . . . « populaire » dont on pourrait parler. Varg Vikernes.

Car oui, personne n’est sans savoir que l’entité Burzum n’est en réalité qu’une seule et même personne, incarnée par Kristian « Le Loup » Vikernes. Sans revenir sur son passé à la fois glorieux (musicalement), tourmenté et agité, Varg entre donc en prison en 1994. Petit sourire en coin, il n’abandonne pas son projet, malgré la difficulté de composer en cellul et produira deux albums assez marginaux - Dauði Baldrs et Hliðskjálf  - entièrement exécutés au synthétiseur et totalement orientés vers des sonorités médiévales. Sans grande importance dans le fond, ils donneront tout de même un indice du chemin que le Norvégien empruntera les années qui suivront. Mais qu’en est-il de la suite de Burzum à sa sortie de geôle en 2009 (soit six ans plus tôt que prévue, grâce à une généreuse réduction de peine) ? Après Belus en 2010, ce Fallen vient nous dresser un portrait plus précis. Bien sûr, il va falloir faire preuve d’un peu de sympathie envers ce coming-back. Le barème ne pourra plus être le même que « l’avant-prison ». Le niveau était bien trop instruit pour qu’il puisse à nouveau l’atteindre, ou même ne serait-ce que l’entrevoir ! Mais tout de même, ces quarante-sept minutes nous livrent de bonnes surprises. Comme un an auparavant, vous pouvez immédiatement oublier l’introduction "Fra Verdenstreet" dans laquelle vous entendrez des murmures inintelligibles de Varg, censés être effrayants ou mystérieux, mais étant juste inutiles, tout comme l’outro "Til Hel Og Tilbake Igjen" dans la pure veine des deux albums médiévaux instrumentaux made in prison. Au vu de sa longueur (presque six minutes) elle ne vient que ternir la bonne prestation fournie.
Commençons d’abord par la perle de l’album. Une perle d’une intense noirceur, qui aurait pu trouver sa place et s’incruster dans un Dunkelheit. "Budstikken" nous réserve dix minutes de riffs inégalables dont seul Vikernes a le secret. Une voix rauque au possible et surtout un refrain en chant clair, non pas un chœur, mais tendant plutôt vers celui de "Dunkelheit". Un mélange de "Jesus’ Tod" et de cette dernière en somme. Une énorme claque à écouter dans un noir absolu pour sombrer dans les abîmes des forêts norvégiennes. Même constat pour "Jeg Faller", beaucoup moins noir, un peu plus enthousiaste et intégrant également une partie de voix claire, que Burzum a définitivement adoptée. On retrouve ses rythmiques répétitives et lentes, mais accrocheuses et atmosphériques au possible qui avaient fait le bonheur de ses auditeurs lors de la glorieuse période 93-96. Évidemment et vous vous en doutez, ce Fallen ne représente pas la perfection. Hormis les deux titres précédemment cités, les trois autres ne cassent pas des briques. Elles ne sont pas plus dérangeantes que ça mais n’attirent pas du tout la « lumière » sur elle. Il faut dire que la voix n’est plus du même acabit qu’auparavant. Devenue plus banale, même si on la reconnaîtrait entre mille, elle a également perdu en puissance, ce qui est a priori normal après quinze années derrière les barreaux. Tout au plus, penchez-vous sur "Valen" si le cœur vous en dit, mais n’en attendez pas trop non plus. Vous arriverez vite au bout de cet opus sans vous en rendre compte. Le fait qu’il ne comporte que sept titres ne doit pas être étranger à cette sensation désagréable.


Tout comme Belus un an plus tôt, Burzum alterne le bon et le moins bon. Fallen représente tout simplement un Belus II et un méga-CD regroupant les deux lp aurait tout aussi bien pu être enregistré. Un titre sublime et un autre légèrement en dessous, le reste pour combler le vide : voilà ce qui en ressort. Vikernes est toujours présent, mais le temps de l’orque est terminé.


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