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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 29 août 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-R.
(tout)

TRACKLIST

1) Lords of Barren Fields
2) The Looming Darkness
3) The Nine Worlds Wept
4) Fenrir
5) Where Once a River Flowed
6) Silence After the Storm

DISCOGRAPHIE


The Howling Void - The Triumph of Ruin
(2016) - doom metal gothique - Label : AvantGarde Music



Lors d’une conférence de presse, le très sous-estimé tennisman Nikolay Davydenko, alors numéro 3 mondial, sans sponsor à cause de son prétendu manque de charisme, a dit « J’emmerde Nike. Vous pouvez l’écrire. » Nikolay, malgré toute la vénération que j’éprouve pour toi, je vais être obligé d’emprunter un slogan de cette marque pour ma chronique. « Just do it ». Sauras-tu me pardonner un jour ?

The Triumph of Ruin, c’est « just do it ». Vous êtes chez vous et vous vous emmerdez ? Vous avez jusque-là sorti des albums soporifiques mais vous sentez que l’heure de pondre quelque chose de plus intéressant est arrivé ? Vous sentez qu’au fond de vous votre âme de gothic doomer s’agite de plus en plus et vous intime l’ordre d’écrire et de jouer une ode à la tristesse, à la mélancolie et au temps pluvieux ? Eh bien, c’est pas compliqué : just do it. Ryan l’a bien compris. Fini le (funeral ? vraiment ?)  doom atmosphérique pas très convaincant de Nightfall, l’homme orchestre, s’il continue à adorer les nappes de synthés et ne semble pas enclin à donner dans le djent, montre sur ce Triomphe de la Ruine qu’il sait écrire des lignes de guitare qui font mouche, dans un registre proche de celui d’Angellore ou de Funeral. L’album sent encore à plein nez le one man band de par sa production cheap, mais ce son peu consistant sied parfaitement au propos du jeune Ricain.
Son  chant 100%  « non growlé » s’avère suffisamment juste pour enfoncer, de concert avec les guitares, la tête de l’auditeur dans les eaux marécageuses de son univers gris, un peu lugubre - le riff de "Where Once a River Flowed" est d’une gaité comparable à celle que procure le visionnage de Nuit et Brouillard - et tristement beau.  The Triumph of Ruin n’est peut-être pas un chef d’œuvre - "The Nine Worlds Wept" est un peu longuet - mais il se range dans la catégorie des très bonnes œuvres du genre. Le sentiment de désolation poétique est présent d’un bout à l’autre de l’effort. "Silence After the Storm" met un terme à l’œuvre au son des sanglots longs des violons, et l’auditeur peut fermer les yeux pour un moment. Il se remémorera, avec le triste plaisir des masochistes que nous sommes, "Lords of Barren Fields" et ses cloches annonciatrices des festivités à venir, l’excellent "The Looming Darkness" et son magnifique phrasé de guitare couplé au judicieux violon, ou encore "Where Once a River Flowed" évoqué plus tôt. Il en viendra même à déplorer la durée trop courte de l’album, mais il vaut mieux rester sur une bonne impression, non ?


Ryan avait envie d’écrire une fois plus de la musique et de la jouer, il l’a fait. Point. Et là, ça marche. The Triumph of Ruin est un album simple, fait main, mais très efficace. Que ceux qui en doutent se passent quelques fois "The Looming Darkness" et "Where Once a River Flowed". Et qu’ils sortent les mouchoirs. Mission (parfaitement) accomplie.



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