17448

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 juillet 2016
Sa note : 12/20

LINE UP

-Vlčák
(chant)

-Honza V.
(chant+guitare)

-Sinneral
(guitare+programmation)

-Talič
(basse)

-Sheafraidh
(batterie)

TRACKLIST

1) The Wild Hunt Assembly
2) Procession of the Dead
3) The Night Consumes the Light
4) Josafat (The Gathering)
5) In Striacum
6) Hunting the Witches
7) ... for I Don't Cause the Evil
8) The Livonian Werewolf
9) Perctenlaufen
10) Alatyrĭ (live - bonus track)
11) Three Pillars (live - bonus track)



DISCOGRAPHIE


Panychida - Haereticalia - The Night Battles
(2016) - black metal gothique pagan - Label : Cursed



Assimiler la République Tchèque à la seule Prague doit faire autant plaisir aux autres Tchèques que de dire que la France, c’est Paris – rien que d’y penser, mon estomac se révulse… Je vais hélas utiliser ce raccourci. Prague, et par extension donc la République Tchèque,  occupent une place toute spéciale dans mon imaginaire. Le Monsieur moustachu qui vous fixe, ce n’est pas moi il y a 50 ans, mais Gustav Meyrink, plus grand écrivain de tous les temps, et pragois à ses heures perdues. Il mène toute une cohorte d’acteurs de mes rêves et cauchemars  - de Kafka à Master’s Hammer, en passant par Léo Perutz ou les collines de la capitale. Alors forcément, quand un groupe de black vient de ce pays là, mon petit cœur s’attendrit…

Mais une chose est d’avoir quelques sentiments, une autre est de voir son jugement perturbé au moment où l’impitoyable chroniqueur doit rendre son terrible verdict. Panychida a beau venir d’une contrée que j’affectionne particulièrement, le groupe n’en a pas pour autant sorti un chef d’œuvre avec leur quatrième album, Haereticalia. Pas non plus une bouse, d’ailleurs. La galette des compatriotes de Karel Poborský est à ranger dans la catégorie über-peuplée des œuvres plutôt pas mal. Comme la comparaison avec leurs comparses de Root ne parlera peut-être pas à grand monde, on qualifiera leur musique de black metal d’obédience assez clairement grecque - entendez par là, mélodique, assez retro, et plus proche par moment du heavy metal que de la violence nordique. L'album est donc accessible sans devoir montrer son diplôme de brute épaisse. Pas de blasts en vue, les artistes sonnent bien plus comme Varathron que comme Marduk – pas grave... Tirant par moments sur le gothique ("… for I Don’t Cause the Evil", "The Livonian Werewolf"), l’œuvre des Tchèques s’avère très imagée, voire théâtrale, surtout lors de la première moitié du travail où s'invitent une intro, un mini morceau et un instrumental, ce qui truffe l’œuvre d’intermèdes pas dégueulasses, mais pas non plus follement indispensables.
Plus que la qualité musicale certaine d’Haereticalia – il n’y a aucun mauvais morceau à déplorer – c’est du côté de l’abondance de nourriture que réside le principal problème de l’album. Sur neuf titres, seuls cinq sont de vraies chansons, c’est peu, d’autant que leur durée est standard. Du coup, on ne retient finalement de l’œuvre que deux moments forts : l’excellent et catchy "Josafat (the Gathering)", rappelant le premier Thurisaz, ou le très convaincant "The Livonian Werewolf", mélangeant avec bonheur sonorités pagan – c’est d’ailleurs avec ce style que le groupe se définit sur Metal Archives – et mélodies typiquement gothiques. Pour le reste, la caravane passe et les chiens s’en moquent un peu.  "Procession of the Dead", "Hunting the Witches" et "… for I Don’t Cause The Evil" ne passionneront pas les foules, mais ne les rendront pas malades non plus. Quant aux intermèdes, en oubliant un instant leur trop grand nombre, ils sont parfois agréables – l’instrumental final "Perchtenlaufen" - parfois très, très clichés – le coup des enfants qui prononcent des paroles censées faire peur sur "The Wild Hunt Assembly", on a dû l’entendre mille fois.

 
Panychida aurait gagné à remplacer quelques intermèdes par des vrais titres en bonne et due forme, Haereticalia en aurait été rendu plus intéressant et cohérent. L’album est cependant loin d’être une daube et quelques chansons devraient même impacter très positivement le conduit auditif des fans de black mélodique à tendance méridionale.



©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4