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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 02 juillet 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Gabriele "Arch" Vellucci
(chant+guitare)
 
-Luca Riccardelli
(basse)
 
-Marcello Del Monte
(batterie)


TRACKLIST

1) Penance
2) Solipsia
3) Compelled
4) Doppelgänger
5) Nausea


DISCOGRAPHIE


Abscendent - Decaying Human Condition



Il y a des choix qui laissent rêveur. Nouveaux venus sur la scène thrash/death, les gars d'Abscendent décident de produire pour leur premier effort sous la forme d’un album de cinq titres. Un EP donc. Quoique non… Il dure quand même trente-cinq minutes. Bref, bienvenu à cet objet hybride nommé Decaying Human Condition.

Les Romains produisent un thrash/death moderne millimétré. La musique est technique, riche en riffs et laisse la part belle à quelques accélérations de tempo. L’impression générale est quand même celle d’un mid-tempo, où le groupe se sent clairement à l’aise. Le premier morceau "Penance", rentre directement dans le vif. Mais s’il dure six minutes, il n’est pas si complexe que ça. Et c’est là que le bât blesse. Abscendent a tendance à allonger ses pistes artificiellement, réinvestissant les différentes parties à l'excès. Et si l’album final pèse plus de trente minutes, il aurait pu (du ?) en faire dix de moins avec un peu de concision. De même, un morceau supplémentaire n’aurait pas été du luxe. Les pistes de la galette sont longues et parfois répétitives, enchaînant les mêmes passages et les mêmes riffs à l’envie. Ainsi, après une très bonne première impression, la lassitude vient vite. La faute aussi à une batterie qui percute avec un côté mathématique et manque sérieusement de folie. On attend une variation pour nous émouvoir, elle arrive à la fin de "Doppelganger" en acoustique, ou lors du doux solo de "Nausea". Du coup, on a l’impression d’avoir un album qui démarre très mécaniquement avant de gagner en variété et en émotion.
Cette surexploitation des riffs est une vraie épine dans le pied d’Abscendent. On espère que c’est une erreur de jeunesse, car le groupe regorge de qualités. La musique est précise, les riffs pleuvent, le growl est puissant… La technicité du groupe ne fait aucun doute, même si elle donne un aspect assez froid et mécanique à l’ensemble. Le son est parfaitement calibré mais manque de chaleur. Cela donne un côté moderne à la galette, qui plaira ou non selon les affinités de chacun. Mais l’absence de leads, puisqu’il n’y a qu’une guitare, se fait cruellement sentir. Et dès que le groupe sort de son style un peu froid, la musique prend une autre dimension. "Doppelganger" montre d’ailleurs toutes les qualités du collectif. Le morceau est encore plus long que les autres, mais vraiment progressif : les passages s’amoncellent les uns après les autres, s’enchaînant naturellement et proposant quelques surprises, comme un solo de basse et un outro à la guitare acoustique. Même chose pour "Nausea" qui clôt l’album en allant titiller les tripes de l’auditeur et offrant un son moins propret.


Avec ce premier effort, Abscendent montre beaucoup de qualités. Ses défauts semblent être avant tout des erreurs de jeunesse. Mais avec seulement cinq morceaux et un aspect technique assez froid dans la première partie, on peine à réellement s’emballer. Un deuxième guitariste pourrait apporter quelques leads et réchauffer l’ensemble.  Plus on avance dans l’écoute de Decaying Human Condition, plus on est emballé. Les deux pistes finales sont clairement de très bon niveau. Le signe que le groupe est sur la bonne voie ?



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