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CHRONIQUE PAR ...

99
Droom
Cette chronique a été mise en ligne le 19 juin 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Sylvaine
(tout)

TRACKLIST

1) Delusion
2) Earthbound
3) A Ghost Trapped in Limbo
4) Saudade
5) In the Wake of Moments Passed By
6) Like a Moth to a Flame

7) Wistful

DISCOGRAPHIE

Wistful (2016)

Sylvaine - Wistful
(2016) - mélodique black metal ambient shoegaze, blackgaze... - Label : Season Of Mist



- Drooooooom !
- Oui ?
- Une Norvégienne !
- Quoi, une Norvégienne ?
- J'ai une Norvégienne là. Il faut que tu en parles aaaargh !
- Ah ? Mais tu sais, Barde, être Norvégienne n'est pas un critère suffisant. C'est un excellent critère. Mais il n'est pas suffisant. Je ne suis pas si faible que ça, vois-tu.
- Maaaaais euuuuuh : c'est une Norvégienne, et son influence principale est Alcest, et la forêt, et la lumière, et...


Et voilà comment on se retrouve à faire une bonne découverte. Une de plus. Comment ne pas se laisser tenter par Wistful, lorsque les mots « Norvège » et « Alcest » et « Forêt » et « Lumière » et « Beauté » nous parviennent ? Comment ne pas vouloir se laisser envoûter ? Ma propre résistance n'aura duré qu'une paire d'écoutes. Lors de la première, j'ai entendu Alcest, et son black metal qui n'en est pas vraiment, son harmonie avec la nature, la pureté de ses sons, contrebalancée par quelques jets de black metal, dépressif, réel, au détour d'un chant, d'un riff bouillonnant... Mais cette première fois, j'ai retrouvé ce que j'ai aimé dès le départ chez Alcest. La lumineuse teinte des couleurs et la chaleur de la vie qui s'en dégage. L'intensité. Mais ce n'était pas Alcest. C'était Sylvaine que j'écoutais. Norvégienne. Blonde. Trop facile. Vraiment, beaucoup, trop facile. Par principe, mes défenses naturelles me protégeaient contre l'illusion. Ce que j'entendais, aussi beau et pur soit-ce, ce n'était qu'une apparence. Une pâle copie. Un mime pantouflard et fainéant. Oser simuler la beauté ! Feindre ces émotions ! Une honte. Un sacrilège ! Deuxième écoute. Les défenses naturelles toujours là, mais pourtant moins fortes. Une brèche. Plusieurs brèches. Certes, le moindre de ces trémolo me rappelle Alcest et chacune de ces ambiances semble directement enfantée de "Sur l'Océan Couleur de Fer". Le chant féminin ne suffit pas à marquer la différence : les lignes mélodiques sont celles d'Alcest, les effets le sont aussi. Les arpèges cristallins, surtout, partout, en fond de tableau, ne sont pas ceux de Sylvaine non plus. Ils viennent d'Alcest.
Pour autant... pour autant... mes défenses naturelles étaient prête à se laisser abattre. Pourquoi refuser la beauté lorsqu'elle vient à vous ? Une fois tombées ces barrières de purs principes, la raison écartée, mis de côté l'intellect, il était devenu temps de savourer Wistful pour ce qu'il est vraiment : une (très) belle œuvre, remplie d'émotion, vivante, variée, souvent magnifique. Une nouvelle fois, le black metal se dévoile, grâce à l'une de ses ramifications, la plus douce, l'un des genres musicaux les plus à même de transmettre de la vie et du sens ; le plus à même de nous confronter au réel et à la force des émotions. Wistful nous offre tour à tout l'émerveillement et la mélancolie ; l'introspection et l'ouverture au monde extérieur et à ses sensations diverses. Le chant cristallin nous accompagne tout au long de ce parcours initiatique, introspectif... Sylvaine se découvre une personnalité propre. Plus mélancolique que celle d'Alcest. Moins lumineuse, malgré tout. L'ambiance de Wistful est nocturne. Le recueillement n'est jamais loin. Jamais il ne lasse, et ce malgré les écoutes désormais nombreuses et répétées. Le black metal dans ce qu'il a de plus doux, définitivement. La mélodie de "Like A Moth to A Flame", si elle n'est pas sans rappeler une certaine Mylène Farmer (oui oui - "Pourvu Qu'elles Soient Douces..."), se découvre absolument sublime. Comme l'ensemble des mélodies du disques, qui mènent ici la danse.


Une version alternative de l'album Écaille de Lune d'Alcest : voilà ce que semble être Wistful. L'influence est encore évidente, et rabâchée au cours de cette chronique, mais elle n'est pas singée gratuitement. Disons qu'elle est en cours d'assimilation. Au-delà de ce jeu des ressemblances, Sylvaine créé une musique tout simplement belle, nocturne mais lumineuse, emplie de joies et de peines. Un discret petit bijou.


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