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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Andriy "Astargh" Veryovkin
(chant+guitare+basse+claviers)

-Grigoriy "Odalv" Sevruk
(batterie)

Guest :

-Yaroslav Mysik
(piano)

TRACKLIST

1) Thagirion's Sun
2)
Invocation of Baphomet
3) Devil in the Flesh
4) Leviathan
5) Satana
6) In Burning Hands of God
7) Adamas Ater

DISCOGRAPHIE

Messiah (2016)

Elderblood - Messiah
(2016) - metal symphonique black metal incantatoire - Label : Osmose



« And 12 points go to… Ukraine! » Réfléchissez. Analysez. 12, c’est 6 + 6 . Et 66 c’est deux tiers du nombre de la bête. Et 2/3, c’est comme 2*3, c’est 6. Donc on retombe sur 666. Donc « and 12 points go to… Ukraine ! » signifie que l’Eurovision est evil et que la bête est ukrainienne. Elle s’appelle Elderblood et elle est prête à vous dévorer tout cru, la gourmande.

Le duo originaire de Kahrkiv (est de l’Ukraine) dont il est objet ici a faim, c’est une évidence. C’est une sensation qui, malgré le caractère black symphonique plutôt classique de l’enregistrement, s'avère patente une fois passée l’intro de "Thagirion’s Sun", premier titre de Messiah, second album de nos invocateurs des forces ténébreuses. Riffs, blasts, claviers, hurlements, tous les ingrédients sont employés avec envie et j’oserais presque dire avec bonne humeur, tant on sent les artistes contents de pouvoir déverser leur énergie dans nos petites oreilles une nouvelle fois martyrisées. Côté influences, on oscille entre Dimmu Borgir (bien sûr) époque Puritanical... et Dissection (évidemment), les claviers rappelant plus ponctuellement The Monolith Deathcult ("Thagirion’s Sun") ou Septicflesh ("Invocation of Baphomet"). Du classique donc, mais suffisamment bien exécuté pour engendrer un profond enthousiasme chez l’auditeur, enthousiasme qui ne diminue en aucun cas au fil de l’écoute. Trois moments (très) forts sont néanmoins à retenir : le début, la fin et… le milieu. Enfin presque : le troisième titre. Ce dernier est un monument dédié à la vitesse d’exécution et à la précision des frappes.
Si l’ensemble de l’album est joué sur un rythme endiablé (ha ha ha), "Devil in the Flesh" possède un caractère trépidant - et légèrement thrashisant - absolument imparable, la tête nous tourne tant les guitares et les claviers, soutenus par cette double grosse caisse omniprésente, forment une spirale mortelle. L’initial "Thagirion’s Sun" est également un excellent moment de jouissance black/deathisante ayant le mérite de nous mettre en appétit pour le reste de l’œuvre. Quant à "Adamas Ater", il sort du lot pour une autre raison : il s’agit du seul titre lent et poignant, comme un superbe morceau de Sumolloch, le side project fantasmé des membres de Summoning et d’Agalloch. Cette facette plus émouvante, que l’on pouvait pressentir en filigrane sur la fin du morceau précédent, tombe à pic. Messiah finit ainsi sur une note différente et permet à l’auditeur de reprendre ses esprits, car mis à part quelques arpèges acoustiques au début de "Leviathan", on ne peut pas dire que Elderblood ait ménagé ses fans tout au long d’un album excitant, agressif et mélodique à la fois.

Pour la révolution du black sympho, on repassera. En revanche, si ce que l’on recherche est un excellent album, riche en poutres et en mélodies à tendance grandiloquente, pas de doute : Elderblood est le groupe à écouter. Sans trou d’air, ce Messiah est réalisé par des musiciens sérieux et suffisamment habiles pour que l’on ait envie de leur chanter « tu me fais tourner la tête, mon manège à moi, c’est toi ». Ne vous faites pas prier donc.



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