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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 14 juin 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Emmanuel "El Worm" Lévy
(chant)

-Renaud Fauconnier
(guitare)

-Vincent Liard
(basse)

-Pierre Le Pape
(claviers)

-Thomas Jacquelin
(batterie)

TRACKLIST

1) Prologue
2) Serviteur du Roi
3) Ordre de Mobilisation Générale
4) Mangevers
5) Gone On The Hoist (G.O.T.H.)
6) Collectionneur de Poupées
7) Géhenne
8) Poisonne

DISCOGRAPHIE

L'Envers (2016)

Wormfood - L'Envers
(2016) - doom metal gothique L'arrière garde spectaculaire - Label : Apathia Records



TAM TAM TAM TAM TAM.....TAM...TAM...TAM... (Rideaux). Au théâtre ce soir point de décors à la Roger Harth, ni de costumes de Donald Cardwell. La pièce jouée ce soir est plus réservée, nettement plus intimiste, pour initiés et initiables. Tortillez votre impatience car El Worm nous revient, après cinq années de silence, pour interpréter L'Envers, ou une certaine figure de la comédie humaine en sept actes. 

Le groupe ne se loupe pas pour fêter son quinzième anniversaire: un line-up incluant quelques références notables (Pierre Le Pape - Melted Space, ou Thomas Jacquelin officiant dans l'étonnant Öxxö Xööx) et quelques invités de prestige comme le fondateur de Carnival In Coal (Axel Wusthorn), ou un ex Type O Negative (Paul Bento) au service de compositions  travaillées où l'atmosphère emporte son auditeur durant une petite heure dans un malaise joyeux et une « lumineuse » noirceur. "Prologue" invite intimement l'auditeur à vivre en plusieurs scénettes les gothiques élucubrations du compositeur. Les palabres agrippent et nourrissent une curieuse, mais craintive excitation, façon « il faudrait partir, c'est mal ... mais restons un peu pour voir ».  Le dur exercice de l'introduction orale est délicieusement exécuté. Une très « blackisante » entrée sur "Serviteur du Roi" ouvre le premier tableau : l'ambiance musicale est parfaitement mise en œuvre et soutient à la fois un texte fouillé et une rythmique lourde mais dynamique par ses suites d'accords d'approche facile. "Ordre de Mobilisation Générale" offre ensuite un deuxième portrait et confirme sur toute sa longueur le talent du groupe à mettre en place le tableau permettant la narration, cette fois celle d'un soldat fauché en pleine guerre.
Le chanteur-narrateur réussit à chaque titre à retenir toute l'attention. Par exemple sur "Mangervers", au riff d'une lourdeur écrasante, dont les paroles restent en tête à jamais et parviennent à mêler noirceur du propos et mélodie réelle, du couplet au refrain. Ce peut être aussi un dégueulasse "Collectionneur de Poupées" ou un très esthétique "Géhenne"; l'univers de Wormfood semble n' avoir aucune limite dans l'imaginaire génialement mis en scène par les mots et la musique. Le fond et la forme ne laissent presque aucun répit, sauf sur le "Gone on the Hoist": comme une bouffée d'air inspirée en terrain connu, un Type O négatif universel et agréable. Au final, Wormfood et son L'envers balancent un doom suintant vers le metal gothique sur une géniale iconographie sonore, laissant tout un chacun mettre en image les ambiances et les récits des compositeurs. Expérience finalement individuelle de prime abord, puis collective, où chacun se retrouvera musicalement. Passée la découverte, les relectures restent tout autant agréables, avec une certaine saveur estompée certes, mais permettant alors de porter l'attention sur les orchestrations et les liants rythmiques, au service à la fois de l'atmosphère globale et de la narration.


Standing Ovation. Voilà une très belle découverte 2016 sur un style très particulier. L'Envers séduira à coup sûr son public puriste et esthète, friand de secrets avertis et de cercles fermés. Mais il saura aussi attirer quiconque lui donnera sa chance. Gothique, Théâtral, quasi Onirique si on se laisse aller, ce cinquième LP est probablement le plus réussi de la discographie. 


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