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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mai 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Andreas "Dread" Axelsson
(chant)

-Dan Erland Swanö
(guitare+basse+batterie)

Guest :

-Robert Marcello
(guitare sur 1 et 10)


TRACKLIST

1) Re-Resurrection
2) Christinsanity
3) Born To Burn
4) JesuSatan
5)  Undead Screaming Sins
6) The Burning Of The Son
7) Sinister
8) Evil²
9) Antichristian Song #37
10) Black Night (Deep Purple cover)
11) Burn Me (Without The Grace Of God)
12) Dead Earth
13) Rebirth
14) The Desecration Of Christ
15) Infest The Dead
16) The New Empire
17) Mercenary, Merciless
18) Born. Nailed.
19) The Plot To Kill Jesus
20) Blaspheme The Abbess
21) Polterchrist
22) Sacrifice The Saviour
23) Hellfuck
24) Darkness Complete
25) Haunting The Holy
26) Heaven Denied
27) Salvation Incomplete
28) Bewitch The Virgin
29) Angeldemon
30) World Inverted
31) Son Of The Darkside
32) Hellborn
33) Satanic
34) Amen
35) Bestial Genocide
36) The Rising
37) I'll Be Black
38) In The Spell Of Satan
39) Save Me From The Hands Of Christ
40) Fucked By Satan
41) Burn Me (Without The Grace Of God) 1994 remix

DISCOGRAPHIE


Infestdead - Satanic Serenades
(2016) - death metal - Label : Century Media



La scène Metal connait quelques génies, reconnus par tous, tant leur talent, s’il ne fait pas forcément l’unanimité, est indéniable. Dans le microcosme du Metal extrême, un nom vient rapidement à l’esprit lorsque l’on songe à ce genre de personnages. Dan Swanö. Non content d’être un producteur qui a travaillé avec des pointures comme Katatonia, Marduk et Opeth entre nombreuses autres, le suédois a toujours composé dans des styles très variés.

Dans les années 1990, Il s’est associé avec l’un de ses compagnons d’Edge Of Sanity, Andreas Axelsson, pour donner naissance à un projet musical aussi simple que réussi : Infestdead. Au menu, un death metal sans fioritures, basique, mais de grande qualité. Point d’envolée lyrique ici, point de claviers ou de passages progressifs, juste des riffs qui possèdent comme dénominateurs communs puissance et efficacité. Auteur d’un ep, de splits et de deux albums, le groupe a disparu de la surface dès la fin des années 1990. Plus de quinze années ont passé et le label Century Media décide en cette année 2016, de faire une rétrospective de la carrière courte mais intense du duo venu du nord. Ceux qui n’auraient pas suivi les aventures endiablées d’Infestdead auront donc le loisir de rattraper cette faute. Pour qui découvrirait la musique de Dan Swanö et d’Adreas Axelsson, le rapprochement avec l’un des géants du death metal floridien, Deicide, sautera sans nul doute aux oreilles. Sachez que Swanö ne s’est jamais caché de son amour pour la bande de Benton et affirmait dans les interviews de l’époque qu’Infestdead devait être considéré comme un hommage au tueur de Dieu, ni plus, ni moins. Alors, simple pastiche ou véritable groupe ? La totalité des titres présentés ferait pencher la balance vers la seconde option. La réédition de ce début d’année présente les quarante-et-un titre composés par la formation en quelques années. Allez savoir pourquoi, cette anthologie débute par les travaux les plus récents. Il aurait été plus judicieux de commencer par les premiers morceaux, pour se rendre compte de l’évolution du groupe. On a beau être face à un duo qui ne révolutionne rien, sa musique a connu quelques modifications au fil du temps. 1996 voit donc la première sortie, sobrement intitulée, Killing Christ. Vous l’aurez remarqué, un autre point commun avec Deicide vient des thématiques antichrétiennes. Les paroles d’Axelsson sont autant de brûlots contre la religion et de louanges à Satan.
Pour en revenir à la musique de cet ep, elle présente des riffs percutants, avec quelques passages légèrement mélodiques, comme sur "In the Spell of Satan". Pour un premier jet, ces titres sont très réussis et claquent à la figure de l’auditeur, pour son plus grand plaisir. La production, ronde mais pas trop lisse, rend justice à ces pièces. Hellfuck, première livraison longue-durée, est la suite naturelle de Killing Christ. En trente-trois minutes, les Suédois nous pondent pas moins de vingt-trois morceaux. Avec un rythme proche de formations grind, ils s’amusent à asséner des titres rapides et efficients. Un riff, voire deux, suffisent à dépeindre une atmosphère lourde qui donne envie de s’arracher la nuque. La recette peut sembler simpliste, mais se révèle réussie. Éructant des vocaux possédés, Axelsson marie parfaitement son chant à la musique proposée par Swanö. Qui, avec peu, parvient à molester comme il se doit le pauvre quidam qui se serait frotté à lui. Des riffs coups de poing, qui font souvent mouche. Voilà comment l’on pourrait qualifier ce premier album. Difficile de résister au déluge engendré par "Sacrifice The Saviour", "Heaven Denied", "Angeldemon" ou "The Desecration Of Christ". Le premier cd propose l’opus le plus récent, à savoir JesuSatan, paru originellement en 1999. Quelques différences se font jour, bien que la base demeure identique. Les deux amis n’ont toujours pas été touchés par la grâce divine, mais offrent des titres plus longs, plus travaillés. Jouissant d’une production un peu meilleure, cette deuxième livraison se veut aussi virulente que la première. Des soli, une basse qui claque, une batterie enlevée et des vocaux surpuissants. Infestdead a grandi. Plus mature, il n’en devient cependant pas plus mou. Toujours remonté contre la religion chrétienne, il est toutefois plus mélodique. Ce qui pourra déplaire à certain. Le titre éponyme ou "Antichristian Song #37" sont malgré tout de sacrées torpilles qui font toujours leur petit effet. La reprise de Deep Purple, quant à elle, a de quoi laisser perplexe et ne restera pas dans les annales des meilleures covers.


Si vous chercher un groupe de death classique qui fleure bon le soufre et la testostérone, que vous appréciez Deicide, ne cherchez plus. Si vous étiez trop jeune ou que vous êtes passé à côté d’Infestdead, cette anthologie mérite toute votre attention. Quand simplicité rime avec qualité... Nul doute que ces gars ont pactisé avec le Diable.


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