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CHRONIQUE PAR ...

106
Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 29 mai 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Reno
(chant+basse)

-Ziro
(guitare)

-Sanso
(guitare)
 
-Vender
(batterie)

TRACKLIST

1) What Lies Within...
2) 33 Park Street
3) Neon Maniacs
4) With All That Is Left
5) Astral Matter
6) Fugue in D Minor (Allegro Ma Non Troppo)
7) Just a Little Victory
8) Gates of Ishtar
9) Crimes Against Reality
10) Fix Your Brain

DISCOGRAPHIE


Game Over - Crimes Against Reality
(2016) - thrash metal old school - Label : Scarlet Records



On ne peut pas dire que les années 80 resteront dans les mémoires pour leur bon goût. Pourtant, au niveau du thrash metal, elles sont une référence ultime et nombreux sont les groupes à regretter cette période bénie des dieux. C’est le cas de Game Over, qui aligne les albums de thrash old school sans chercher à y intégrer un seul élément de moins de 25 ans. Avec Crimes Againts Reality, les Italiens produisent leur troisième galette du même acabit. À réserver aux fans du genre, donc… Mais est-ce suffisant ?

Les albums précédents du groupe ne brillaient guère par leur originalité. Sympathiques tout au plus, on pouvait espérer mieux de Game Over. Faire du revival, pourquoi pas, mais encore faut-il le faire bien. À fond dans les clichés, on démarre sur une introduction classique : arpège en clair, montée vers la saturation et explosion avec les premiers riffs de "33 Park Street". Le ton est posé : du thrash pur et dur tout en vélocité et en riff furieux. Le chant est mi-chanté, mi-hurlé. Sans être génial (un peu forcé sur les bords), il est plutôt correct pour le genre. Le morceau ne propose aucune surprise mais son efficacité est contagieuse. Après tout, c’est le but du groupe de tirer sur la corde sensible (et usée) des amateurs de thrash. Le plus flagrant est "With All That Is Left" qui reprend quasiment le "One" de Metallica… C’est tellement calqué qu’on a du mal à apprécier. Enfin… Jusqu’à ce que l’accélération finale nous fasse mouiller le caleçon. Il y a des plaisirs qui ne lassent jamais. À voir jusqu’où vous êtes prêts à accepter le mimétisme. Mais au moins, Game Over remplit le contrat : les morceaux sont efficaces et aucune baisse de régime ne vient pointer le bout de son nez. Le groupe se paye même le luxe de nous offrir deux des meilleurs morceaux en fin de galette…
Qui dit old school, dit son pourri… Et en effet, on est bien loin des productions léchées actuelles. Les guitares n’ont pas une puissance géniale, jouant sur leur vélocité plus que sur l’impact sonore direct. La conséquence est une basse assez présente dans le spectre sonore. Cela a son charme et Game Over parvient à proposer une production à l’ancienne, sans être dégueulasse. Dommage que le chant soit parfois un peu trop en avant dans le mixage, alors que ce n’est pas forcément le point fort du groupe. Heureusement que les chœurs viennent apporter un peu de matière dans les refrains ! Mais malgré ce constat positif, il ressort peu de choses de ce Crimes Against Reality. Pourtant, le groupe ajoute un peu d’originalité par moments : certaines introductions surprennent, le "Fugue in D Minor" est une pépite délirante et quelques accents punk-rock apportent de la fraîcheur à l’ensemble. L’album est un vrai plaisir à l’écoute, mais passés les dix morceaux, rien ne nous reste de vraiment percutant. Le thrash des Italiens est un plaisir fugace et éphémère, qu’on ne peut réellement apprécier qu’en direct. De quoi se motiver pour aller les voir en concert ?

Game Over s’améliore vraiment avec cet album, mais sans réellement passer un cap. Trop bloqué dans son carcan, le groupe peine à sortir – le veut-il seulement ? – de la zone thrash revival. Il limite consciemment son public. Si vous avez une pulsion de thrash, là, d’un coup, jetez vous sur cet album. Vous aurez votre dose. Et c’est de la bonne !



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