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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 27 mai 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Andreas "Heljarmadr" Vingbäck
(chant)

-Bo "Chaq Mol" Karlsson
(guitare)

-Mikael "Lord Ahriman" Svanberg
(guitare+basse)

-Nils "Dominator" Fjellström
(batterie)

TRACKLIST

1) Unchain My Soul
2) As One We Shall Conquer
3) Beast Above Man
4) As I Ascend
5) Temple of Ahriman
6) The Eternal Eclipse
7) To Carve Another Wound
8) Nail Them to the Cross
9) Where Shadows Forever Reign

DISCOGRAPHIE


Dark Funeral - Where Shadows Forever Reign
(2016) - black metal - Label : Century Media



Dark Funeral change ! Prenez cette phrase en photo. Exit Emperor Magnus Caligula. Exit les pochettes oranges. Exit… Bon, n’exagérez pas trop non plus, ils n’allaient pas tout virer. Et surtout pas leurs habitudes de compositions. Donc Dark Funeral c’est du black metal en 2016, comme avant, que cela soit clair. Et puis le changement… La pochette est différente, mais elle reviendra au style graphique de The Secrets of the Black Arts de 1996 - oui, l’album qui les a faits entrer au Panthéon. Et le seul pour beaucoup, pourrais-je ajouter. Opportunisme mercantile ?

Ne jamais jeter la pierre trop vite, car si le changement de chanteur est finalement quasi inaudible tant on passe d’un braillement black metal à un autre, il en va tout autrement d’un élément dont nous n’avons pas encore parlé, et relativement important à nos oreilles : la musique. Imaginez que l’album débute avec de la guimauve. Oui, de la bonne guimauve rose et mièvre à en crever. Ultra mélodique à se demander si on ne s’est pas trompé de porte. Ou de groupe. Et cette suite ? Du blast bien sûr, une nouvelle performance physique de Dominator qui demeure un monstre de rapidité d’exécution et de régularité. Sa capacité à varier la vitesse de ses blasts tout en demeurant une boîte à rythme est diabolique. Pourtant en arrière-plan les guitares s’aventurent à plus d’intrépidité. Évidemment on n’échappe pas à la nappe de guitare typique de Dark Funeral, proche du clavier même, mais comme sur le mouvement débuté par Attera Totus Sanctus, Lord Ahriman s’essaie à proposer des jeux à deux guitares presque fins. Oui, c’est ça, raffinés.
Bien entendu pour Dark Funeral, cela sonnera à jamais comme une incongruité, pourtant il faut admettre que c’est dans l’ADN du groupe depuis dix ans désormais. Heureusement que les blasts ou rythmiques rapides sont incessants, on pourrait se croire avec des chrétiens sinon. Pour le reste, faut-il encore en écrire des tartines ? Dark Funeral fait, malgré tous ses efforts, du Dark Funeral. Tel un AC/DC du black metal (en beaucoup moins productif), on les reconnaît dès le premier riff. Ce son de guitare, ces blasts, ces riffs. On retrouve évidemment tout cela dans un black brutal qui a toujours su garder sa part de mélodie pour ne pas effrayer de trop le jeune homme (enfin, adolescent) avide de sensations fortes avec le Malin. Cependant, on sent clairement que cette fois les Suédois ont voulu pousser un peu plus loin le bouchon de la mélodie tout en délivrant leur partition la plus variée à ce jour, clairement, et pourtant parfois… un poil ennuyeuse. La suite de l’album est presque à l’avenant de cette introduction aussi étonnante qu’effrayante. La mid tempo "As I Ascend" est surprenante dans le bon sens et il semblerait que la deuxième partie de l’album fasse plus la part belle aux variations de tempo.


Dark Funeral change sans changer. Étonnamment et comme attendu en fait. Piochant dans tous ses poncifs, il livre un manifeste de black brutal (mélodique) mais pas que : bien produit, bien carré (merci Dominator) malgré quelques longueurs. Alors pour découvrir on ira forcément dans le passé du groupe, mais ceux qui connaissent déjà et qui veulent leur cuvée, peuvent y aller sans trop ouvrir les yeux. Agrémenté de quelques surprises fort heureusement, sinon c’est papa dans maman comme à la maison.


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