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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 06 mai 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Holocaust Gamma-g
(tout)

TRACKLIST

1) The Gate of Inanna
2) Tribal Death
3) Emotional Ecstasy
4)
Fish
5) 21st Century
6) Paradise (part II)
7) Mystik Force
8) Spirit of the God of Fire
9) E-scape


DISCOGRAPHIE


Beherit - H418ov21.C
(1994) - electro ambient - Label : Spinefarm record



1994 ou l’année de l’ouverture du black metal sur le dark ambient. J’envoie une lettre à Nuclear Holocausto Vengeance pour lui clamer mon amour musical et chose incroyable : le gars me répond ! Il me dit, avec dessins à l’appui, que Drawing Down the Moon et les guitares saturées c’est fini, son truc maintenant c’est l’ambient, la techno, l’acid, etc. etc. Les premières écoutes de H418ov21.C ( « House 418 over the 21st Century ») confirme qu’il ne s’agit pas de paroles en l’air... Plutôt des paroles en feu... Aïe...

Acid je ne sais pas, mais, dans mon cas, alcool et grosse chaleur - ce qui fut le cas lors de l'été 94 -  se marient terriblement bien avec le deuxième LP de Nuclear Holocausto, rebaptisé pour l’occasion Holocaust Gamma-g. Premièrement au niveau visuel. Si Drawing Down the Moon s’éloignait déjà des standards de pochettes dessinées par des enfants de cinq ans psychologiquement défaillants, le côté 100% clean et dark – et un peu cheap ? possible... – de l’extérieur de la Maison 418 prévient l'auditeur que quelque chose s’est passé là-haut en Finlande. La reprise du mythique "The Gate of (I)Nana" n’est plus un avertissement, mais un fait. Finies les sonorités issues de torrents souterrains crachant leur haine par jets brûlants et grésillants, on est passé du côté de la lumière obscure et synthétique qui ronge le cervelet et le bulbe rachidien. Allongé à même le sol – Dieu quelle chaleur ! – tétanisé par les doses conséquentes d’alcool ingurgité et la chaleur montant du plancher, je continue avec "Tribal Death", qui porte si bien son nom. La voix aigre et agressive du titre précédent laisse place à un souffle empoisonné qui me susurre des paroles que je ne réussirai jamais à déchiffrer ( « ***** is mine… » ).
Je tente de me lever pour aller me rafraîchir dans l’océan voisin, mais mes efforts sont vains. Un ami me murmure qu’il n’y a pas d’océan à Ruoms et je ris.
- Et les vagues que j’entends alors ? 
- Ça doit être ta musique de merde.
- Ah ouais, ça doit être ça. "Emotional Ecstasy". « And the sky is beautiful. Dark and Beautiful. Dark and Beautiful. »
- Quoi ?
- Rien.
S’agit-il d’ailleurs de l’océan ou du vent ? Et ce son de cloche ? A partir de là, la lucidité n’existe plus du tout. Je sens bien que des voix stridentes me parlent du « paradis de Sa demeure démoniaque ».  Une pulsation – le cœur de la Terre qui bat ? – me vrille le cœur au son de "Mystik force" (... of life and death) avant que l’esprit du dieu du feu finisse de me bouffer la gueule.
-  Philippe ? Philippe ! Putain qu’est-ce qu’il est bourré ! Avec sa musique de nases sur les oreilles. Il n’y a plus rien à en tirer !


Alors oui, il s’agit de souvenir de jeunesse, forts, à défaut d’être réellement agréables, qui magnifient et faussent sûrement la vraie valeur d’un album à la production relativement cheap. Et j'entends les puristes se marrer. Oui, les vrais maître du dark ambient (Raison d’Etre, Brighter Death Now, In Slaughter Natives, Archon Satani,...) ont fait mieux. Inutile de le nier. Mais tout de même. L’innovation dont fait preuve Marko Laiho et le côté définitivement précurseur dans le monde du metal de cette œuvre dérangeante, à défaut d’être parfaite, ne peuvent être ignorés.


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