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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 04 mai 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Efthimis K.
(chant+basse)

-Kostas K.
(guitare)

-Anna E.
(batterie)

TRACKLIST

1) She Is My Lazarus
2) Black Mother of the Lord of Light
3) Sargon of Akkad
4) Magnificent Desolation
5) We Are the End
6) My Lai
7) The Man That Never Was
8) Southern Gate of the Sun

DISCOGRAPHIE


The Slayerking - Sanatana Dharma



-  J’ai bien connu Slayer ! Et bien sûr que j’adore Kerry King ! Il m'a même dédicacé un exemplaire de Hell Awaits !
-  D’accord grand-père, mais là je te parle de The Slayerking !
-  De quoi ?
-  Slai-ieure-king ! C’est pas du thrash, c’est du doom ! Et c’est Grec !
-  Un pauvre mec ? Kerry King un pauvre mec ? Tu vas goûter de ma canne, petit morveux !


Trop de metal, trop longtemps, ça use les oreilles. Et pas que les oreilles d’ailleurs, ça rend las. Si vous ne me croyez pas, regardez le visage creusé d’Efthimis, personnage principal de Nightfall et créateur de ce bien étrange concept qu’est The Slayerking. Il a l’air fatigué. Non ? Trop d’années à se promener dans les Profondeurs ? A moins que ce soit le processus de création de ce Sanatana Dharma qui l’ait épuisé. Certes, l’œuvre est courte (moins de quarante minutes) et répétitive – oh oui alors, vraiment répétitive, à tel point que la différence entre les morceaux émerge plus lentement qu’un nouveau riff d’une nouvelle chanson de Metallica. Néanmoins, le concept est assez novateur, ce qui mérite d’être souligné puisqu’on a quand même souvent l’impression que tout a été dit/hurlé sur la planète metal. Preuve que Sanatana Dharma n’est pas banal : plein de noms viennent à la tête à l’heure d’effectuer des comparaisons, mais aucun ne s’impose comme une influence claire. Il est certain que The Slayerking est allé puiser son énergie du côté de groupes connus. Sans ordre particulier, on entendra du Tiamat post-Wildhoney pour la touche gothique et le côté fruste de l’ensemble, les derniers Cemetary pour l’atmosphère globalement malsaine, Promethean Gift de Black Crucifixion sur "The Man That Never Was", du vieux Treponem Pal sur "Black Mother of the Lord of Light", Root époque The Temple in the Underworld, des relents de deathrock à la Shadow Project et également Hail Spirit Noir. Outre la nationalité, The Slayerking et HSN ont quelques points communs : une batterie pas très metal, un sens certain de la mélodie tordue et une envie de noircir le tableau sans pour autant abuser de la violence sonore.
Paradoxalement, c’est sur l’un des mauvais morceaux de l’album que The Slayerking fait le plus penser à HSN ("My Lai", qui possède des similitudes avec "When All is Black", l’une des compositions les plus faibles de l’Esprit Noir). Les huit titres proposés ont tous une structure similaire : couplets accompagnés d’une instrumentation tranquille où la colère et le malaise ne sont qu’une suggestion, puis refrains plus agressifs. A ce jeu là, et même si les différences entre les pistes tiennent souvent de la nuance, il y a le bon et le mauvais Slayerking. Du côté pas terrible-terrible, on trouve  l’initial "She Is My Lazarus",  où les surprenants chuchotements n’arrivent pas à compenser l’ aspect lourdaud du titre, ou encore les simplissimes "We Are the End" et "My Lai" aux transitions suspectes. Du côté pas mal du tout, il y a le mordant "Black Mother of the Lord of Light". Les autres chansons, sont, quant à elles, d'un très bon niveau et constituent selon moi ce que The Slayerking devrait reproduire dans le futur. Hypnotique, malsain et poignant "Sargon of Akkad" développe un côté Cemetary en fin de vie assez saisissant – la répétition des « trying harder » fout la chair de poule. Un poil plus classiques que le reste, "Magnificent Desolation" et "The Man That Never Was" font dans le gothique-doom de bonne facture. Quant à "Southern Gate of the Sun", il s’agit tout simplement d’une merveille. Majestueuse dans sa simplicité et sa mélodie, très deathrock dans l’âme,  elle s’immisce dans le cerveau de l’auditeur et n’en sortira plus jamais.
 

La première œuvre de The Slayerking n’est pas totalement aboutie, mais elle contient quelques gemmes noires et brillantes. Il est bon de sentir que certains artistes s’efforcent encore pour aller chercher des sonorités sortant un peu des sentiers battus. Déroutante par sa monotonie,  sa simplicité confinant parfois au dépouillement, cette œuvre n’est qu’un début. Espérons-le en tout cas.



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