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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 avril 2016
Sa note : 13/20

LINE UP

-Alia O'Brien
(chant+flûte)

-Sean Kennedy
(guitare)

-Lucas Gadke
(basse)

-Michael Carrillo
(batterie)

TRACKLIST

1) The Devil's Widow
2) Loreley
3) The Rogue's Lot
4) Lord of Misrule
5) Half Moon Street
6) The Weird of Finistere
7) Flower Phantoms
8) Old Fires
9) Things Present, Things Past



DISCOGRAPHIE


Blood Ceremony - Lord of Misrule



- Hé ! Hé ! Jézabel ? C’est bien toi? Jézabel ! Oh hé ! Ça alors ! Sorcière de mon cœur !
Elle tourne la tête dans la direction de l’importun.
- Madame la Directrice, je chasse cet agitateur ? s’enquiert le garde du corps.
- Non, Nicolas-Dimitri, je m’en occupe.
Elle s’approche de l’homme mal fagoté, l’amène à l’abri des regards indiscrets et l’agrippe par le col de sa chemise à carreaux.
- Aïe, tu fais mal, Jéz…
- Y a plus de Jézabel, tu entends ? Maintenant c’est Madame la Directrice, ou Nicole. Mariée, trois enfants. Si je te revois par ici, je te transforme en limace, compris ?


Franchement, pourquoi vouloir toujours imaginer les sorcières au fond des bois en train de s’adonner à des activités immorales ? Samantha, la sorcière bien aimée, elle est au fond des bois elle ? Non ! Bon. Ben Alia non plus. Elle y a été au fond des bois. Au centre de la forêt maudite habitée par les entités tentaculaires sur Living With the Ancients. Plus près de l’orée du bois sur The Eldritch Dark. Eh ben maintenant elle est dans sa maison. Avec son mari et ses gosses. Elle a trouvé la paix. Elle va pas s’emmerder à continuer à sacrifier des boucs noirs et préparer des décoctions de testicules de chauve-souris naines alors que le bonheur a frappé à sa porte, elle est pas folle ! Du coup, Blood Ceremony s’appelle encore Blood Ceremony, mais on aurait pu songer à le rebaptiser… je sais pas moi… Grass Ceremony ? Flower Ceremony ? Bref un truc qui reste une évocation de la nature, mais sous un aspect moins obscur. Parce que sur Lord of Misrule, si la flûte à la Jethro Tull est encore bien là, Black Sabbath perd en revanche du terrain et pas trois centimètres carrés. Plutôt cent hectares. Il n’y a guère que les assez convaincants "The Rogue’s Lot" et "Old Fires" pour chanter la gloire de la bande à Tonny Iommi.
Pour le reste, tout est sage. Joliment fait, bien exécuté, mais très sage. Corolaire immédiat : pas de "Goodbye Gemini" ou de "The Eldritch Dark" à se mettre sous la dent. Les robes sacrificielles rouge et noir ont été rangées au placard au profit de jeans propres et des jupes à fleur. Pourquoi pas. Forcément le kiff du métalleux moyen prend une petite claque derrière les oreilles, mais il serait injuste de dire que cet album est une sombre merde. Outre les titres sabbathiens cités plus haut, la chanson éponyme possède un refrain et un côté entraînant bien plaisants. Dans le même registre gentil mais efficace, on trouve "Half Moon Street". Dans le registre encore plus gentil, et du coup carrément original, on a le droit à "Flower Phantoms" qui sent bon le rock sympathiquement psychédélique – remember "Teenie Weenie Boppie" de France Gall. Au final, seuls quelques titres sont vraiment mous et vraiment chiants– "The Weird of Finistere" qui rappelle le dernier Avatarium… ou encore "Loreley", bien moins sexy que sa presque homonyme de Theatre of Tragedy. La morale de l’histoire ? Gentil ne veut pas dire mauvais. Pas terriblement bon non plus. Gentil, c’est bien, mais ça ne fait pas monter le niveau d’adrénaline à 100.000 Vous voyez ?


Lord of Misrule est sympa et fleure bon le printemps. Ça doit être la mode, The Sword s’étant pas mal déridé sur son dernier travail aussi. Ça fait plaisir de savoir que certaines personnes sont heureuses. Après, forcément ça se ressent sur la musique. La Cérémonie du Sang a travaillé de manière propre et pondu plusieurs titres plaisants et accrocheurs. À des millions d’années-lumière d’Electric Wizard. Pourquoi pas.



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