17355

CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 01 avril 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Thomas "Tom" Gabriel "Warrior" Fischer
(chant+guitare+claviers)

-Martin Eric "Ain" Stricker
(basse+chœurs)

-Reid "Reed St. Mark" Cruickshank
(batterie+chœurs)

Guests :

-Manü Moan
(chant sur 4)

-Thomas Berter
(chœurs sur 1)

-Claudia-Maria Mokri
(chœurs sur 2, 5, 10)

-H. C. 1922
(chœurs sur 8)

-Marchain Regee Rotschy
(chœurs sur 13)

-Andreas Dobler
(guitare sur 9, 10 et 14)

-Malgorzata Blaiejewska
(violon sur 4, 10 et 11)

-Eva Cieslinski
(violon sur 4, 10 et 11)

-Jurgen Paulmann
(alto sur 4, 10 et 11)

-Wulf Ebert
(violoncelle sur 4, 10 et 11)

-Anton Schreiber
(cor sur 10 et 11)

-Lothar Krist
(chef d'orchestre sur 4, 10 et 11)

TRACKLIST

1) Mexican Radio (Wall of Voodoo cover)
2) Mesmerized
3) Inner Sanctum
4) Tristesses De La Lune
5) Babylon Fell (Jade Serpent)
6) Caress into Oblivion (Jade Serpent II)
7) One In Their Pride (Porthole Mix)
8) I Won't Dance (The Elders' Orient)
9) Sorrows of the Moon
10) Rex Irae (Requiem)

11) Oriental Masquerade
12) One In Their Pride (Re-Entry Mix)
13) In The Chapel, In The Moonlight
14) The Inevitable Factor
15) The Inevitable Factor (Alternate Vox)

DISCOGRAPHIE


Celtic Frost - Into the Pandemonium



Pas sûr que grand monde de ce côté-ci des Pyrénées ait entendu parler du chanteur espagnol Miguel Bosé. Si vous n’avez pas grand-chose à faire – et ça doit être le cas, sinon vous ne seriez pas en train de lire ces lignes – cherchez quelques images de ce chanteur pop de grande renommée dans le monde hispano. Ce visage… ça ne vous dit rien ? Vous avez compris ? Ce type là est double. Miguel le jour. Thomas Gabriel la nuit. Cela expliquerait bien des choses, non ? Entre autres la genèse d’Into the Pandemonium.

Au moment où Thomas G. Warrior se met à composer Into the Pandemonium, il ne fait pas encore totalement nuit. Thomas est encore un peu Miguel, l’amateur de salsa et de musiques joyeuses, dansantes. Résultat des courses : "I Won’t Dance" et la cover "Mexican Radio". Pour une raison inconnue, Miguel refuse d’aller se coucher et souffle encore d’autres idées impensables en matière de musique metallique dans les années quatre-vingts. Il lui parle de beats electro. "One in their Pride" naît. Il lui susurre à l’oreille la grandeur de la musique symphonique. Thomas se révolte, hurle, mais l’emprise de Miguel est forte. Le combat fait rage, mais Miguel continue à imposer en partie ses vues. "Rex Irae" et "Oriental Masquerade" jaillissent du néant. Thomas se désespère et se met à pleurer à chaudes larmes. Il regarde la lune qui, par la fenêtre, lui envoie sa triste lumière et tente de l’aider. "Mesmerized" et "Caress Into Oblivion" viennent d’apparaître. Quand le Guerrier parvient enfin à se libérer de l’emprise de Miguel, il est fort tard. Il ne reste au farouche artiste, créateur du cultissime et rawissime To Mega Therion, que peu de temps pour écrire les morceaux qu’on attend de lui.
De rage, il tape du poing sur la table et s’attèle à la tâche. Les excellents "Babylon Fell" et "Inner Sanctum" sont créées dans ces conditions précaires. Le jour va bientôt poindre, Miguel pourrait bientôt revenir. Pour éviter une nouvelle catastrophe, Thomas se retire non sans avoir salué la lune et dédié un morceau inspiré du recueil de poésies de Baudelaire qui l’accompagne toujours dans ses déambulations nocturnes. Voilà comment est vraiment né Into the Pandemonium, fruit d’une bataille acharnée entre forces diurnes et nocturnes, entre grandeur et misère, joie et colère. Le reste n'est que légende ou racontars. Il n’est donc pas étonnant que la troisième œuvre du Gel Celtique ait un côté patchwork très prononcé et ressemble plus à une succession de morceaux qu’à un travail absolument cohérent. Il n’empêche que son statut de précurseur est incontestable, et guère contesté d’ailleurs. On y trouve, en état de gestation avancée, les débuts du metal gothique et du metal symphonique, ainsi que les prermières amours entre beats, dance et guitare saturées. Respect à toi et ton allié Martin, Thomas-Miguel.


Into the Pandemonium est une suite de morceaux inspirés plus qu’un véritable album, mais son impact est immense.
Certains des titres possèdent encore un côté un peu brut que les nombreux followers se chargeront de polir par la suite. Thomas-Miguel fera deux albums d’un niveau inférieur avant que le couple disparaisse de la scène. Seul le metalleux réapparaîtra en 2006 pour forger une œuvre cette fois-ci totalement aboutie et monumentale.




©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 4 polaroid milieu 4 polaroid gauche 4