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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 26 mars 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Frank Mullen
(chant)

-Terrance Hobbs
(guitare)

-Doug Cerrito
(guitare)

-Chris Richards
(basse)

-Doug Bohn
(batterie)

TRACKLIST

1) Pierced From Within
2) Thrones Of Blood
3) Depths Of Depravity
4) Suspended In Tribulation
5) Torn Into Enthrallment
6) The Invoking
7) Synthetically Revived
8) Brood Of Hatred
9) Breeding The Spawn

DISCOGRAPHIE


Suffocation - Pierced From Within
(1995) - brutal death - Label : Roadrunner Records



Cette fois c’est la bonne ! Après deux albums qui souffraient d’un manque flagrant de punch, les cinq truands New-Yorkais se décident enfin à sortir une œuvre à la mesure de leur talent. Toujours signés chez Roadrunner (oui, ça fait un choc) et cette fois-ci passés par le Morrisound, le groupe a de solides arguments pour convaincre les plus sceptiques en matière de brutal death.

On aurait pu croire qu’après deux albums bourrés à craquer de riffs tous plus percutants que les autres les guitaristes auraient du mal à se renouveler. Et bien il n’en est rien, bien au contraire. Les riffs ont gagné un palier, et se teintent même parfois de mélodie, pour aérer un peu le tout ("Depths Of Depravity"). On assiste même à l’évolution des slam parts, qui tirent plus vers les médiums que les purs graves, différenciant la formation des autres moutons du slam. Une fois encore, celles-ci apporteront le groove qui fait tout le jus de ce maelstrom de violence, comme dans "Suspended In Tribulation". Le titre "Throne Of Blood" en surprendra d’ailleurs quelques-uns, car il est nettement moins furieux que le reste, plus pachydermique, tout en conservant quelques accélérations assassines afin de ne pas installer la monotonie. Et c’est d’ailleurs un des points forts de Pierced From Within : n’être en rien ennuyeux. On pouvait se trouver, à l’écoute des deux précédents skeuds, à hocher de la tête en disant « ouah, encore un riff, pas mal ». Ici, c’est scotché à la chaise que s’effectue le périple que constitue l’audition.
L’alternance entre écrasements monolithiques et cavalcades se trouve assez bien négocié pour que l’enchaînement semble logique, et naturel. Les arpèges au début de "Torn Into Enthrallment" offrent même une bouffée d’oxygène au milieu des canevas tranchants que constitue le reste de l’album. Et tout ceci, sans alléger la complexité du propos. Les musiciens font toujours autant étalage de leur technique renversante, marquée notamment par une vitesse d’exécution peu égalée aujourd’hui encore. Même la basse n’est pas aux abonnés absents, et un certain équilibre existe entre elle et ses consœurs à six cordes, pas comme dans l’album précédent où il arrivait que cette première éclipse celles-ci. Les solos ont également gagné en mélodie ("The Invoking"), offrant de légères pierres de touche au pauvre hère qui s’aventure en ces contrées inhospitalières. Et donc, comme promis, se trouve à la fin le premier réenregistrement du calamiteux Breeding The Spawn, avec le morceau éponyme, qui ne dépareille pas le moins du monde avec l’authentique leçon de brutal death qu’était Pierced From Within. "Synthetically Revived" est également connu des die-hard fans, puisqu’il figurait sur le premier EP du groupe, Human Waste, et que la version de l’album ne fait que lui donner plus de puissance de feu.


L’opus magnum de l’étouffement. Sur Pierced From Within, on nous sert le brutal death asphyxiant typique du combo de New-York dilué avec quelques aérations salvatrices et quelques riffs un peu plus mélodiques. Le tout donne un des meilleurs (le meilleur ?) album du genre, qui, cerise sur le gâteau, a peu de risques de lasser tant il faut d’écoutes pour en saisir les moindres subtilités.



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