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CHRONIQUE PAR ...

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Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 28 février 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Fia Kempe
(chant+clavinet)

-Andre Axell
(guitare)

-Gustav Almberg
(guitare)

-Rasmus Carlson
(basse)

-Aksel Holmgren
(batterie)

TRACKLIST

1) The Aging Man (acoustic)
2) Inertiatic ESP (The Mars Volta)
3) Cherry Waves (Deftones)
4) The Aging Man (radio-edit)
5) Ephemeral (radio-edit)

DISCOGRAPHIE

Echoes (EP) (2015)
Duende (2015)

The Great Discord - Echoes (EP)



Echoes … Oui, voici bien le mot juste. Echoes, comme la résonance de Duende, le long play de The Great Discord. Ici, le groupe se la joue simple avec cette sortie quasi concomitante, un peu comme s'il posait la petite cerise confite sur le gâteau : un titre acoustique, deux radio-edit et deux reprises. Le tout étant de savoir si cette cerise est une note de goût ou si elle est dispensable.

Si l'on découvre le groupe par la toute première piste de cet EP (et tel fut mon cas), "The Aging Man" en sa version acoustique, il y a de quoi se méprendre sur ses intentions et sur ce qu'il nous réserve comme surprises. Le morceau est en effet doux, gracieux, la voix de Fia nous chatouillant doucement l'échine, mais du genre de celles que l'on écoute en regardant la pluie battre les carreaux. Romantique oserais-je dire. Sommes nous donc sur un album aux saveurs doucereuses?  L'exercice est en fait audacieux lorsque l'on sait ce qu'est "The Anging Man" dans sa version « classique ». Nous sommes ici tenus très éloignés de l'énergie fulgurante de la version d'origine. Et c'est là le souhait de The Great Discrod : voir si ce titre peut fonctionner sur la base d'une mélodie simple, sans toute la « pyrotechnie » d'une production metal moderne. La version radio-edit de "The Aging Man" se retrouvera d'ailleurs plus loin, permettant de bel et bien contraster l'ouverture de cet EP.
Passé cette introduction qui séduira ou laissera sceptique, selon les goûts, les choses se présenteront sous d'autres auspices avec la seconde piste. Trois secondes suffiront pour que tout l'épiderme de votre chroniqueuse se recouvre de chair de poule. Cet enchaînement de notes si simples, reconnaissables entre mille. Une lumière bleue m'éblouit. Suivit du choc répété du défibrillateur acharné. Le stop net. Et la voix qui s'élève enfin comme un cri déchirant. La plongée : Cerpin, es-tu encore en vie ?! "Inertiatic ESP", The Mars Volta. Tribute. Si j'ai pu user la piste de De-loused in the Comatorium jusqu'à la trame, je ne mentirai pas en disant que cette vision du titre est en passe de suivre le chemin de son modèle (heureusement que le support est cette fois-ci numérique, sa durée de vie sera plus aisément assurée !). Et non pas seulement parce que le morceau est si savoureux en soi, mais bel et bien parce que The Great Discord a le chien de le posséder parfaitement sans en ternir l'esprit, parce que la voix de Fia se révèle incomparable, son timbre androgyne et merveilleux emportant ma conviction, et enfin tout simplement parce que l'émotion suscitée est d'une réelle puissance. Une réussite sans conteste!
Le groupe s'offre ensuite un second salut, à l'attention de Deftones cette fois-ci, avec la reprise de "Cherry Waves". Ici, hélas, la tension redescend d'un cran. La version proposée par The Great Discord n'a pas cette même ambiance feutrée (enfumée, dirais-je) que l'originale, on ne coule pas dans le même univers et l'on perd finalement de vue ce qui faisait le plaisir initial. Le chant très clair, très féminin cette-fois ci, l'instrumentation très légère, aérienne, rendent, malheureusement, le titre un rien mièvre, et ce ne sont pas les touches assez catchy qui le ponctuent de-ci de-là qui rattrapent la copie. L'EP se poursuit et se clôture avec les versions radio (donc un rien édulcorées) de The "Angin Man" et de "Ephemeral" qui pour le coup, n'apportent bien évidement rien de plus que sur la version Duende, si ce n'est une sorte de synthèse, un petit avant-goût pour qui ne connaîtrait pas encore le LP, à la manière d'un single, s'agissant tout bonnement des (savoureux) titres d'ouverture et de clôture de celui-ci, et qui par ailleurs sont sans aucun doute les deux plus justes révélateurs de la patte du groupe.


The Great Discord est un groupe très ambitieux, qui a une vison précise de sa musique et le souhait d'embrasser beaucoup de partisans, le plus possible. Il recèle quelques pépites, mais ainsi que déjà évoqué avec Duende, il leur faut encore gagner en maturité car quelques faiblesses sont encore présentes dans leur quête d'originalité. Mais nous sommes en droit d'en espérer beaucoup pour l'avenir, l'intention de viser haut est manifeste. Plaisante cerise donc, mais juste pour la gourmandise.


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