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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 25 février 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Quorthon
(chant+guitare)

-Kothaar
(basse)

-Vvornth
(batterie)

TRACKLIST

1) Prologue - Twilight of the Gods - Epilogue
2) Through Blood by Thunder
3) Blood and Iron
4)
Under the Runes
5) To Enter Your Mountain
6) Bond of Blood
7) Hammerheart

DISCOGRAPHIE


Bathory - Twilight of the Gods
(1991) - heavy metal Viking - Label : Black Mark



Devinette : quel était le nombre préféré de Quorthon jusqu’au début des 90s ? 666 ? Vous n’y êtes pas. La bonne réponse est 110. Ou plutôt 1-1-0. Une année je fais un album, la suivante également, la troisième, je me repose. De 1984 à 1990, tel a été le schéma récurrent de production de Bathory. Quand on songe qu’en plus, le mythique Suédois n’était pas du genre à faire dans la redite, on ne peut être qu’admiratif devant ce bouillonnement créatif. Si on y ajoute le fait que  les couples 1987/1988 et 1990/1991 ont débouché sur des œuvres splendides, on ne peut que s’agenouiller bien bas. La série finit en beauté avec Twilight of the Gods, objet de la présente chronique.

Similaire mais différent, voilà comme nous pourrions comparer Le Crépuscule des Dieux à son prédécesseur, Hammerheart. Tout comme Under the Sign…et Blood Fire Death, les deux pièces de la seconde moitié de la tétralogie fantastique de Bathory ont pas mal de choses en commun, mais diffèrent tout de même de manière significative. A l'instar de son prédecesseur, Twilight of the Gods proclame au monde l’avènement du viking metal via un metal lourd, taillé dans du granit, dont la volonté de grandeur et d’epicness passe par l’utilisation abondante de chœurs, de passages acoustiques et des titres longs et volontairement répétitifs, histoire de bien nous enfoncer les mélodies simples et belles dans notre petit crâne de piaf. Mais là où le Quorthon 89 a encore envie de délivrer une œuvre brute, pas encore définitivement éloignée du black metal, le Quorthon 90 coupe le cordon avec ses amours de jeunesse. L’album au titre emprunté à Wagner est jusqu’au-boutiste : il se veut encore plus mélodique que son prédécesseur et, même si la production  n’est pas non plus impressionnante, certainement faute de moyens, il gomme tous les aspects raw encore présents sur Hammerheart. Quorthon ne braille plus du tout, il essaye de chanter.
Dire que sa tentative est couronnée de succès serait mentir, en tout cas si l’on s’en tient à une vision académique du chant. En revanche, les vocalises parfois incertaines de la défunte tête pensante du groupe sont chargées d’émotion et d’envie. L’homme vit totalement sa musique et cela se sent. En ce sens, tous les titres acquièrent une forte charge émotionnelle, qu’un chant plus conventionnel n’aurait pas forcément apporté.  A ce titre, le timbre qu’il emprunte sur  "Through Blood by Thunder" continue à me hérisser le poil plus de vingt-cinq après. Chaque morceau se voit de plus introduit d’un délectable prélude acoustique et Bathory prend encore plus son temps que sur l’album précédent. La formule fonctionne parfaitement et Twilight of the Gods n’est pas un album de référence pour rien, tant le souffle épique qui l’anime est puissant. En parlant de puissance, il ne faudrait pas croire que les compositions soient devenues faiblardes au nom d’un surcroît de mélodies. Il suffira de se prendre les riffs de mastodonte de "Blood and Iron" dans les gencives pour s’en convaincre. Seul bémol : une fin d’album un peu plus monotone, la faute incombant surtout à un "To Enter Your Mountain" moins captivant que ses compagnons de route. Bathory signe cependant sa quatrième nouvelle perle en cinq ans, perle qui se termine sur le poignant bien qu'imparfait "Hammerheart", sorte de révérence finale. Quorthon opérera en effet par la suite un virage musical marqué, revenant temporairement à des sonorités plus brutes et voyant son à-propos créatif chuter significativement. Mais il s’agit d’une autre histoire.


Twilight of the Gods est à Bathory et Hammerheart ce que Icon est à Paradise Lost et Shades of God : une évolution vers une musique plus clean et mélodique. Mais là où Icon s’embourbe plus d’une fois, Twilight… subjugue par sa beauté épique et sa puissance, porté par le timbre si particulier de l’homme-orchestre, dont on ne pourra que louer l’importante contribution au monde du metal.
 




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