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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Misein
(chant)

-Soazig Couëdel
(chant)

-Hrothulf
(guitare)

-Zymurgh
(basse)

-Janus
(batterie)

-Khorto
(piano)

TRACKLIST

1) C’est la guerre
2) La fleur au fusil
3) Les moissons sanglantes
4) Le revers de la médaille
5) Contre-attaque sur la Marne
6) L’armée des taupes
7) La perm
8) L’enfer de Verdun
9) La charge
10) Les lettres
11) La dernière tranchée

DISCOGRAPHIE


FT-17 - Marcellin s'en va-t'en guerre
(2016) - heavy metal black metal - Label : Independent



En voilà un album chelou. Ceci n’est pas un qualificatif fréquemment usité, pourtant il a tout à fait sa place ici. Marcellin s’en va-t’en guerre, non mais franchement, avez-vous déjà lu titre plus franchouillard ? L’album serait fourni avec du saucisson et un béret, on ne serait pas étonné. Une idée à soumettre au groupe. Seulement le propos est on ne peut plus sérieux. Marcellin est Marcellin Trouvé, orphelin devenu professeur et qui à l’orée de 1914 est mobilisé au front. Et il va suer. Et mourir. Et faire un black metal curieux.

Tout dans l’album de FT-17, un tank utilisé par l’armée française durant la guerre de 14-18 pour votre culture, interpelle. Le nom du groupe, le nom de l’album et la musique. Mixture de black metal et de heavy et de symphonique et de narrations et de on ne sait plus. Car l’album s’ouvre sur les paroles de Marcellin Trouvé. Il explique qu’il s’en va-t’en guerre. Et s’ensuit les premiers riffs, mélange de black metal pour le chant et de heavy pour les riffs. Cependant une touche de piano incongrue et inattendue s’adjoint à l’ensemble pour former un metal unique et vraiment original. S’il fallait divulguer des influences, chut, elles sont secrètes, il faudrait remonter dans les arcanes de la mémoire française : Athanor pour les narrations et Furia pour les riffs et le piano très présent. Attention la mémoire peut faire défaut tant on remonte dans les limbes de l’Histoire. Délestons-nous du défaut le plus marquant : la narration.
C’est une bonne idée, indispensable au concept de l’album. Cependant elle souffre d’une tare, non rédhibitoire fort heureusement. L'enregistrement trop bancal de la voix n’incite pas à s’imprégner de son récit. Elle aurait mérité plus de définition et de texture pour s'éviter des incartades dans le dérangeant. C’est dommage car, par la force des choses, elle est un pilier de l’album malgré sa présence diffuse. Voilà, le tour des défauts est terminé. Album presque parfait donc ? Non, rassurez-vous il y a d’autres griefs à adresser mais ils font plus partie du détail que de l’incapacitant. Un concept-album, cela signifie qu’il faudra attacher plus d’importance à l’emballage qu’à l’accoutumée. L’enregistrement de la voix principale pose donc un léger problème, quid de son contenu ? Marcellin décrit ses aventures et ses états d’âme. Il évoque également sa solitude et son manque d’interlocuteur, car Marcellin n’a pas de compagne ou d’amie avec qui correspondre.
L'on découvre l’évolution de son existence dans la guerre, l’avancée de ses relations humaines à distance, et l'on se prend au jeu contre toute attente. Le ridicule du titre n’est en fait qu’un prélude à l’histoire ainsi contée, indispensable à sa cohérence. Marcellin n’est pas un fromage et s’appuie sur des riffs solides. Black metal autant que heavy, ils piochent dans le spectre du metal pour appuyer leur message. A ce sujet, la progression musicale de "Contre-attaque sur la Marne" est un modèle du genre et inspire le respect. Riff rapide et intense de la meilleure veine. Les influences ne sont pas évidentes même si le rapprochement stylistique est audible, tant et si bien que le groupe assoit son statut d’original. On le qualifierait volontiers de black franchouillard, sans caractère péjoratif aucun. Du black à béret et baguette. Réducteur car ce serait oublier les qualités musicales de ce disque qui fait la part belle au piano et le rend accessible à toute personne aimant le metal un tant soit peu extrême.


Comment conclure sur un tel objet ? Déjà soyez amateur de metal extrême. Ou de heavy musclé. Ne soyez pas non plus obtus sur votre définition du metal. Acceptez de vous laisser transporter dans une histoire qui ne dépareillerait pas dans un livre historico-dramatique. Puis posez-vous dans votre fauteuil pour écouter l'album d'une traite. Vous êtes bien.


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