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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 07 juillet 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Qara Dervis
(tout)

+ (nombreux) Guests

TRACKLIST

1) Intro
2) Ince Bellim
3) Yenilmze Batalyon (Teymurun Manisi)
4) Çik Yesil Düze
5) Zibeyde
6) Sen Ey Usaqliq
7) Sari Gelin
8) Sinyaya Vechnost
9) Outro

DISCOGRAPHIE


Qara Dervis - National Pearls
(2015) - folk fusion metal prog jazz funk - Label : Darvisch Production



Petite excursion en Azerbaïdjan, dans les sentiers étrangers au metal. Enfin pas totalement, car vous ne croyez quand même pas que je suis assez fou pour m’étendre sur la critique d’un album non-étiqueté « metal ». Mais cet album vaut le coup d’être découvert et entendu pour les plus ouverts d’entre vous, metalleux, rockers ou amateurs de folk.

Et pourquoi pas ? Et pourquoi ne pas tenter cette chronique malgré le fait qu’elle ne comporte « que » deux chansons à proprement dit « metal » ? Après tout, Les Eternels sont quand même connu pour leur ouverture d’esprit et leur largesse au niveau du champ musical. Et puis c’est aussi l’occasion de voyager quelque peu, car ce National Pearls est une belle mise en bouche de la musique du Caucase. La République d’Azerbaïdjan se trouve entourée entre pas moins de cinq pays, dont la Russie, l’Iran et la Turquie. Et aux premières sonorités, aussi bien lyriques qu’instrumentales, c’est ce dernier qui nous vient à l’esprit. Non, ce n’est pas du turc, mais ça s’en rapproche, puisque l’azéri appartient au groupe des langues turques. Voilà pour ce qui est de la contextualisation. D’ailleurs à ce sujet, prononcez « Kara Dèrviche ». Oui, voilà comme ceux qui tournent.
Qara Dərviş n’est autre qu’un individu multi-instrumentaliste, qui a sollicité une flopée de musiciens lors de l’écriture de cette perle exotique, puisque près d’une vingtaine de personnes ont participé à la construction de son œuvre, fortement inspirée par la musique populaire. On y retrouve pêle-mêle cajon, contrebasse, piano, claviers, saxophone et même un orchestre, hormis les instruments basiques que sont la guitare (acoustique et électrique), la basse et la batterie. Qara Dərviş prend part derrière les fûts et les deux grattes, mais sa présence omnipotente réside surtout dans les vocaux. Nulle question de growl ou de grunt ici, mais un chant d’un calme et d’une douceur absolus. Un peu à l’image de l’opus puisque, exceptées les titres "İncə Belim" et "Yenilmez Batalyon (Teymurun Mahnısı)", tout porte vers un rock progressif aux influences folk donnant une ambiance de fusion.
En ce qui concerne les deux titres précédemment cités, on a à faire à un metal clairement progressif incluant des sonorités orientales criantes et un rythme un peu plus soutenu pour la deuxième d’entre elle. Mais voilà, on s’arrête ici question metal. On a plutôt l’impression que c’était une expérimentation qu’autre chose, et c’est légèrement frustrant. La suite des festivités va s’orienter un temps vers un jazz/folk dans lequel seront parsemées des notes de saxophone "Çıx Yaşıl Düzə"), des accords de piano cristallins et de contrebasse ("Zibeydə") qui nous porteront doucement vers Bakou. Et plus on s’enfonce dans le disque, plus celui-ci se veut paisible. Le titre "Sarı Gəlin" accompagnée par un délicieux et émouvant violon, à la manière d’un Apocalyptica, vous laissera totalement conquis.
Enfin, comment aurait-on pu passer à côté d’une reprise de chanson populaire dans cet opus ? "Sinyaya Vechnost" est, à l’origine, une balade du chanteur baryton populaire azerbaïdjanais des années 60-70, Muslim Magamaev. Ici, la voix de Qara Dərviş est beaucoup plus calme et aigüe que l’originale et forcément, la qualité auditive meilleure. En parlant de qualité de production d’ailleurs, on ne peut pas dire que l’album soit un modèle de mixage, notamment en ce qui concerne les deux pistes metal. Mais pour une auto-production, on a connu bien pire, et on ne va pas s’arrêter à ça pour juger de la qualité générale de l’album. On pourrait juste pointer du doigt le fait que les styles auraient pu être un peu plus entremêlés au sein des chansons, plutôt que séparés et étendus sur tout l’album.


Si vous voulez un groupe azerbaïdjanais purement metal, orientez-vous plutôt vers Silence Lies Fear. En revanche, si vous êtes plus curieux et que vous voulez aller un peu plus loin que le petit bout de votre petit nez, n’hésitez pas à vous pencher sur ce National Pearls qui vous révèlera les charmes musicaux d’un pays dont on a souvent du mal à trouver l’emplacement sur une carte géographique mondiale.



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