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CHRONIQUE PAR ...

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Fromage Enrage
Cette chronique a été mise en ligne le 07 février 2016
Sa note : 17/20

LINE UP

-Neil Fallon
(chant+guitare)

-Tim Sult 
(guitare)

-Dan Maines 
(basse)

-Jean-Paul Gaster
(batterie) 

TRACKLIST

1) The Affidavit
2) X-Ray Visions
3) Firebirds!
4) A Quick Death in Texas
5) Sucker for the Witch 
6) Your Love Is Incarceration
7) Doom Saloon
8) Our Lady of Electric Light 
9) Noble Savage 
10) Behold the Colossus
11) Decapitation Blues
12) Son Of Virginia

DISCOGRAPHIE


Clutch - Psychic Warfare
(2015) - stoner / hard rock - Label : Weathermaker



Quand on y pense, le Maryland nous aura fourni un paquet de belles choses : Animal Collective, qui fait la joie des hipsters, la série The Wire qui se déroule à Baltimore (au passage, regardez cette série c'est un ordre)... et bien sûr Clutch. Après vingt-deux ans passés à dérouler des riffs, le gang de Neil Fallon n'a pas encore rendu les armes, et balance un onzième album. Ne tergiversons pas plus et posons-nous LA bonne question : y'a bon ou y'a pas bon ?

Clutch se donne vingt-cinq secondes pour répondre à cette question. Juste le temps d'expédier une petite intro en spoken word. Après quoi, c'est "X-Ray Visions" qui déboule. Et c'est parti : guitares rythmiques plombées lancées à pleine vitesse, couplets hargneux, refrain tout en nonchalance stoner. Le genre de compos qui vous met immédiatement dans le bain et vous rassure aussitôt : l'inspiration n'a pas quitté Clutch. Tout au long de Psychic Warfare, on est parcouru d'une délicieuse sensation de familiarité, de l'exquis sentiment de retrouver tout ce que l'on aime. Les cervicales se lâchent, le pied se met instinctivement à battre la mesure... y'a pas à dire, ça fait du bien ! L'auditeur avisé n'aura d'ailleurs pas besoin d'écoutes nombreuses pour se rendre compte que cette onzième livraison de Clutch comporte, encore une fois, de jolies petites perles. En particulier ce "A Quick Death in Texas", imparable tube à la jonction du hard groovy et du stoner. Accroche immédiate garantie ! Juste après débarque le déjanté et furieux "Sucker for the Witch", au tempo bien relevé, et où les rugissements rauques et possédés de Fallon font merveille. 
Mais Clutch, vous le savez, c'est aussi un son qui va puiser dans le blues. Le duo "Doom Saloon / Our Lady of Electric Light"  pose une ambiance de western texan de premier choix. Fallon adopte son plus beau timbre grave, pendant que les guitares tissent autour de son chant un écrin brûlant, qui monte petit à petit en puissance. Une pause très bien choisie avant une dernière ligne droite particulièrement agitée : "Noble Savage" en excès de vitesse total, "Behold the Colossus" et ses riffs conquérants et génialement headbanguants... avant de revenir au blues fiévreux pour un "Son Of Virginia" conclusif. Un morceau au long cours, un peu traître, qui n'a de cesse de naviguer entre deux humeurs. D'un côté, il y a cette obsédante et lascive boucle de guitare, qui vous prend par la main pour vous emmener planer au-dessus du bayou (ou des immenses déserts du Texas, pour ceux qui préfèrent). De l'autre, il y a la poudre, la furie et les murs de guitare. Le morceau alterne habilement, à plusieurs reprises, entre ces deux ambiances que tout oppose. 


Ça y est, on a la réponse à notre question : y'a bon ! Clutch n'a pas perdu son art inégalé du riff, ni sa science du groove millimétré, encore moins son talent de composition. Les aficionados de hard comme les fondus de stoner devraient se régaler de cette livraison aux petits oignons, admirablement chantée, jouée avec le cœur et les tripes. Et avec une durée de trente-neuf minutes seulement, il y a fort à parier que l'on ait envie d'y revenir « like a fiend for a fix »... 


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