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CHRONIQUE PAR ...

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S1phonique
Cette chronique a été mise en ligne le 04 février 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Steffen Kummerer
(chant+guitare)

-Rafael Trujillo
(guitare)

-Linus Klausenitzer
(basse)

-Sebastian Lanser
(batterie)


TRACKLIST

1) Sermon of the Seven Suns
2) The Monist
3) Akróasis
4) Ten Sepiroth
5) Ode to the Sun
6) Fractal Dimension 
7) Perpetual Infinity
8) Weltseele

DISCOGRAPHIE


Obscura - Akróasis
(2016) - death metal ObsKummerer (Band name Remix) - Label : Relapse Records



« Et gnagnani et gnagnana , et obscurci et Obscura, et il a joué, il a pas joué, et je respecte et j'admire et gnagnani et gnagnana ». Ô PU****! Qu'est ce que ça me gonfle ces « piapiatages » par médias interposés pour certains groupes référence dans la musique. Je pourrais parler d'un Black Sabbath et le débat gériatre d'un Ward Vs Geezer. Je pourrais aussi parler sur un ton Cynic et sa flopée de concerts annulés pour cause d'égo débile. Mais dernièrement c'est bel et bien le St Frusquin tournant autour de Obscura et l'ultra marquetée et programmée sortie de Akróasis, agaçant avant même de l'avoir écouté.

Recadrons un peu le contexte : Obscura, cette association musicale extraordinaire ayant élevé de plusieurs niveaux la qualité du technodeath primaire et progressif en seulement deux albums (considérons le premier comme dispensable), dont un Cosmogenesis et un Omnivium devenu référence certaine avec les années. Forcément dans la vie d'un groupe les ambiances changent et finalement (ou évidemment) le fondateur Kummerer se retrouve rapidement tout seul à jouer avec ses guitares et sa grosse bouche. Les nouvelles stars Muenzner et  Grossmann  s'en sont allés de leur coté s’exprimer à leur manière sans l'emprise (despotique) du Steffen fondateur. En résultera d'ailleurs le quasi parfait The Malkuth Grimoire du nouveau super combo Alkaloid. Le turnover digéré et le bagage culturo-technique des recrues vont permettre à Kummerer de se lâcher encore un peu plus dans les genres pour accompagner son death progressif, Ô combien technique. "Sermon of the Seven Suns" ouvre l'album sur ses quasi huit minutes de rouleau compresseur réglé sur « medium syndical ». Agréable, terrain connu voire consensuel, poussif voire longuet. En bref, ça ne commence pas de la meilleure des façons; même le bridge arpégé sous fonds de basse fretless repris ensuite par un solo à la fois aérien et trituré de partout, ne lance pour le moment pas l'extase.  
Les préliminaires sont agréables à condition qu'ils ne durent pas trop longtemps, et il ne faut pas compter sur "The Monist" pour décoller de plaisir car finalement on passe son tour sur ce deuxième titre. Peu rassurant : jusqu'à présent les chatouilles orientales, les caresses fretless du bassiste et même les parties vocales « Cynic-quement » vocodées plaisent (en tout cas ne déplaisent pas) certes, mais ne parviennent franchement pas à retrouver l'entrain d'un Cosmogenesis ou le kiff brutal de l' Omnivium. Enfin le titre éponyme libère un peu l'impatience et la naissante déception, car cet "Akróasis" va prouver (ou rappeler et rassurer) de quelle puissance musicale est capable Obscura. Enfin la haute voltige « guitaristique » trimbale l'auditeur dans un trip énergique et d'un parfait équilibre global. La basse trouve sa place entre surcouche mélodique et complément d'une batterie omniprésente sans étouffer le propos du riff et des mille notes des arrangements, des solos et du riffing. Et comme le growl, sans être exceptionnel, s'insère impeccablement, la cohésion convainc et rassure finalement après le petit quart d'heure mollasson du début. 
"Ten Sepiroth" remet le couvert avec une intro sublimée par l'effet joué par la basse en fin d'intro
On peut figer le sourire, le moteur diesel a mis du temps à chauffer mais il tourne à présent à plein régime et la suite confirme avec un lourd "Ode to the Sun" matraqué au trémolo et à la caisse claire « épileptique ». Les effets sur les vocaux, les chants clarifiés, les cassures jusqu'alors entre la surprise voire l'incompréhension s'assimilent et s'envisagent agréablement au gré des écoutes. Les titres restants, dont le très long "Weltseele" (longueur justifiée par l'ambition du titre), trouvent cependant une place logique dans l'exercice proposé. Alors... Clairement Obscura nouveau line-up n'est pas moins bon que le précédent : le niveau de technicité et la qualité des compositions est tout proprement incroyable et au dessus de ce qui existe dans le genre. L'album se révèle peut être un peu trop long pour être ingéré en une seule fois tant l'à-propos musical est conséquent. « ObsKummerer » est au dessus du lot et son nouvel album 
Akróasis se mérite et s'apprivoise, mais en aucun cas ne s'écoute de temps en temps pour se faire plaisir. Mieux vaut regarder dans le rétro de la disco pour cela. Reste avec le recul le portrait d'un énième musicien talentueux, orgueilleux et fier de ses compos.

Le très professionnel groupe Obscura vous présente son dernier chef d’œuvre en date promu par une communication sans faille, prévue, planifiée et calculée pour un rendement maximum et un retour sur investissement satisfaisant. Pardon, mais j'en oublie l'important  : la musique. Passons, pas de mauvaise surprise pour cette musique extrême menée par son talentueux et rigoureux Allemand (redondance?): Steffen Kummerer. J'aurai même dû me contenter de ce pitch : death metal très technique et progressif composé et joué par un virtuose allemand entouré d'une nouvelle équipe aux compétences éprouvées. Vendu !



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