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CHRONIQUE PAR ...

101
Dommedag
Cette chronique a été mise en ligne le 30 janvier 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Narasaki
(guitare+chant)

-Kawanaka
(basse)

Kanno
(batterie)

TRACKLIST

1) Downfall
2) Hyper Velocity
3) Without Hesitation Into The Door Away

4) How Smooth
5) Prophet Proved
6) Newave
7) The Proof
8) Snow Again
9) Entreaty
10) Sweet Voyage

DISCOGRAPHIE

newave (2002)
Yukari Telepath (2007)

(2002) - death metal pop rock shoegaze - Label : Cutting Edge



Avant un chef-d’œuvre, et le pic de maturité et de talent de composition qu’il représente, il faut souvent quelques ébauches, parfois même des brouillons. Si ce n’est pas toujours vrai en musique, certains attendant d’avoir leur plein potentiel avant de franchir le cap du premier album, et particulièrement à une époque où il s’agit de marquer directement par une œuvre qui se démarquera d’un torrent de sorties, et où le concept de l’artiste qui évoluera et se bonifiera d’album en album est bien loin, certains artistes marquent par ce fait. Les Japonais de  Coaltar Of The Deeper en font partie.

Qui aura écouté les premiers EP et démos du groupe, The Visitors From Deepspace, puis directement les deux derniers albums pourra être fortement dérouté par le chemin parcouru entre les deux époques. Les trois albums et deux EP placés entre ce premier effort et Newave marquent en effet autant d’étapes dans la carrière du groupe, qui juge bon d’évoluer à chaque fois, se laissant le champ libre pour toutes les expérimentations souhaitées. Et même si ce ne sera pas forcément bon immédiatement, le temps a prouvé que chacune avait finalement été une pierre à l’édifice de la musique du groupe. Newave est ainsi le premier album à réellement synthétiser tout ce qui a été fait par le passé, tout en y adjoignant quelques nouveautés, déjà, avec par moments cet aspect futuriste et glacé qui caractérisera Yukari Telepath de bout en bout. Newave n’a toutefois pas besoin de sa suite pour vivre, et est déjà le premier-né d’un duo de prodiges. Rempli de titres tous plus étonnants les uns que les autres, pour une durée pourtant assez importante de cinquante-trois minutes. Le premier titre, et les autres surprennent pour la plupart par l’atmosphère apaisée, presque résignée qu’ils dégagent, loin des moments de furie des albums précédents.
Même "Hyper Velocity", au titre évocateur reste assez loin de toutes les tentatives de CoTD pour faire du metal, et sonne même de façon très atmosphérique, alors que la batterie s’en donne à cœur joie et déroule une cavalcade sans nom. De ce point de vue, Newave est de loin l’album du groupe poussant ce paramètre dans ses derniers retranchements. Tous les moyens sont bons, et c’est donc les claviers et les guitares électriques cristallines pleines de réverbération qui dominent tout du long. Même le mur parfois formé par les six-cordes saturées n’a jamais semblé aussi vaporeux qu’ici, le tout étant toujours surplombé par la voix frêle et aérienne de Narasaki, qui ne tente même plus de growler. Les racines shoegaze, toujours aussi présentes, laissent une place importante à l’électronique sans que ce ne soit plus choquant que cela. Au contraire, les morceaux gagnent beaucoup en accroche lorsque les énormes riffs sont délaissés et que le groupe se contente de ce mélange intimiste hypnotisant. Malheureusement, cela ne fonctionne pas à chaque fois, et une ou deux coquilles restent à déplorer, comme sur "How Smooth", loin d’être passionnante. Reste cependant au final seulement l’étonnement devant la capacité de la formation à créer un matériau sonore si prenant avec si peu de matière, shoegaze obligeant. Et que dire de ce titre final, si éloigné du reste, mais pourtant si réussi, nous emmenant réellement dans un doux voyage, entre rêverie et ambiance plus festive ?


Ebauche imparfaite et pourtant obsédante de Yukari Telepath, Newave reste comme l’album le plus calme d’une carrière pour le moment plus que respectable et qu’on ne désespère pas de voir redémarrer un jour. Alignant morceaux marquants après morceaux marquants, avec une ou deux petites faiblesses passagères, l’album est pourtant une brise à la caresse homogène, bien que brassant toujours les styles de façon géniale.



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