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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 25 janvier 2016
Sa note : 12/20

LINE UP

-Sigurboði Grétarsson
(tout)

TRACKLIST

1) Skuld
2) Forsjá Friggjar
3) Jörmungandr
4) Vébond Röfna
5) Hreingálknin Rísa
6) Svart Tár
7) Verðandi
8) Túndra
9) Andvari
10) Sól Tér Sortnar
11) Troða Halir Helveg
12) Endalok

DISCOGRAPHIE

Endir (2015)

Niðafjöll - Endir
(2015) - black metal folk symphonique - Label : Autoproduction



Oú suis-je ? Ce n’était donc qu’un rêve ! Quelque part, ça me rassure… Pendant cette longue nuit, j’ai cru que j‘avais plus de quarante piges et qu’on était dans la décennie 2010 ! Quelle blague ! J’écrivais des chroniques à deux francs sur des genres musicaux impossibles – j’ai même imaginé que des groupes mélangeaient, par exemple, neo-folk et black metal, non mais vraiment ! Heureusement que cette demo là, Endir, me ramène à la réalité. Nous sommes en 1995, c’est sûr. Oh quel son… le gars aurait pu faire un effort, même pour une démo…

Hélas, non, les années ont filé et nous sommes bien en 2016. Endir n’est pas une démo mais un album, en tout cas il est présenté comme tel. Si encore le sieur Sigurboði officiait dans du trve black metal d’obédience misanthrope, on pourrait comprendre que, même avec les moyens dont tout le monde dispose de nous jours, il choisisse une production qui nous fasse imaginer que Patouche la Mouche à la batterie accompagne  Léon le Bourdon à la guitare. Mais non, les ambitions du maître des lieux sont plus élevées : Niðafjöll donne dans un black metal à l'accent folko-sympho relativement raffiné. Autant dire que, dans ce registre, une telle prod, est absolument rédhibitoire et accentue profondément une sensation d’amateurisme somme toute assez logique pour une première œuvre. Un seul mot vient alors à l’esprit : dommache. Si le contenu des titres proposés par Sigurboði n’avait que peu d’intérêt, l’affaire aurait été vite pliée : note proche de 0,  coup de gueule, et hop, je serais allégrement passé à la chronique suivante. Ce n’est hélas absolument pas le cas ici, car notre jeune Islandais fait preuve de caractère et sa créativité bouillonne comme les geysers de son beau pays.
Sigurboði, comme beaucoup de jeunes gens, est très pressé, précipitation qui se traduit par des morceaux souvent trop courts (quel dommage que "Troða Halir Helveg" ne dure pas le double !) ou bancals ("Vébönd Rofna" commence très mal, comme un morceau du premier Godsend, et l’intro de "Andavri" ne mène nulle part), mais la mixture Borknagar-Cronians/Falkenbach qu’il nous propose est tout de même d’une richesse plus qu’intéressante. Pariant sur une utilisation intensive des claviers en mode piano ou orgue, accompagné de quelques variations de vocaux bienvenues, son black metal alterne passages faciles d’accès bien souvent très agréables (option Falkenbach) et enchaînements plus alambiqués (option Borknagar). Dans le cas de "Svart Tár", on peut même parler d’excellence tant les chœurs à la religiosité poignante, et le travail des guitares dans sa seconde moitié sont propices à nous donner la chaire de poule. Le long instrumental qui suit, "Verðandi", simple et bien fait, force également le respect, et, d’une manière plus générale, l’artiste sait nous tenir en haleine tout au long de son œuvre. Enfin, cela est vrai pour tout auditeur ayant su oublier les désagréments provoqués par la qualité d’enregistrement désastreuse. Sincèrement, si je n’avais pas eu à chroniquer l’album, il est bien probable qu’Endir aurait terminé fort injustement à la poubelle.


Remasterisez-moi ça, vite ! Toute la qualité du fond se voit fortement endommagée par la médiocrité de la forme. La musique de Niðafjöll, si elle comporte certaines maladresses, vaut néanmoins beaucoup mieux que cet écrin sonore qui ferait passer le son grésillant de Vinterskugge pour la production d’un album de Strapping Young Lad. A réserver donc aux auditeurs absolument pas regardants sur l’aspect de la qualité sonore. Ceux-ci apprécieront certainement la variété et la finesse globales d’une belle première œuvre.
 
 
 



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