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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 15 janvier 2016
Sa note : 16/20

LINE UP

-Baxter
(chant)

-Sharky
(guitare)

-Jawnofin
(claviers)

-Andy
(basse)

-Finley
(batterie)

TRACKLIST

1) Sharky Life Forever  
2) Bring the Rock 
3) Legend of the Megashark 
4) Jake the Jellyfish 
5) Play Outside (With My Best Friends)  
6) When All the Lights Go Out 
7) Old Steam Train  
8) Bounce 
9) Olof the Octopus
10) Frankenshark 
11) Sunny Days

DISCOGRAPHIE


Sharky Sharky - Super Awesome Mega Rock
(2015) - rock speed metal pour enfants - Label : Autoproduction



Ce soir, vous vous rendez à un concert de black metal. Vous confiez les enfants à la belle-mère. Le lendemain, ces derniers vous annoncent qu’ils veulent l’intégrale de Michel Sardou pour Noël. Votre belle-mère jubile à l'idée de vous avoir frappé en plein cœur, condamnant ainsi votre mode de vie alternatif. Avant de vous scarifier (et d'égorger votre belle-mère), sachez que Sharky Sharky est là pour vous. Side project du groupe Ascension, les requins du metal pour enfants viennent pour nettoyer les oreilles de nos progénitures de la soupe radiophonique. Avec leur premier album, Super Awesome Mega Rock (le meilleur titre d'album de la décennie, à coup sûr), les squales les plus rock’n’roll de l'océan vont botter le cul d’Anna et lui apprendre ce qu’est la vraie musique.

Difficile d’écrire de la musique pour enfants, surtout si c’est du metal. Alors les Sharky Sharky optent intelligemment pour un power metal sucré et ultra mélodique. Le tout est saupoudré de punk-rock californien. Voilà de quoi proposer une musique positive, enjouée et rythmée ! Et le premier morceau fait mouche directement : "Sharky Life Forever" s’imprime dans votre cerveau en un rien de temps, véritable tube metal pop maîtrisé de bout en bout. Mais les requins ne s’arrêtent pas là et produisent des tueries comme s’il en pleuvait. Si à la première écoute, j’ai cru que je ne passerais pas le troisième morceau ("Legend Of The Mega Shark", le seul morceau peut-être trop entêtant pour un adulte), j’ai vite revu mon idée à la baisse. La musique du groupe titille mes madeleines de Proust et le côté catchy sans faille m’a plongé dans une addiction incroyable et j’ai bien du mal à me passer de l’album. Comment ne pas headbanguer en écoutant "When All The Lights Go Out". Mes mains ne se contrôlent plus et signent le démon lorsque retentissent les riffs de "Olof The Octopus". Les mélodies sont simplement incroyables d’efficacité, s’implantant dans le cerveau pendant des jours et des jours, telle une drogue dure. Et rapidement, on a besoin de sa dose…
Si les morceaux se construisent sur des bases simples (couplet/refrain et quelques breaks en passant), les soli sont de la partie. Et là, le guitariste fait fort en proposant des passages courts, mais variés et virtuoses. C’est vraiment un des gros points forts de l’album. Il n’y a pas de musique au rabais ici et l’introduction de "Jake The Jellyfish" en témoigne. De façon générale, ce sont les claviers qui apportent la légèreté enfantine de l’ensemble. Les thèmes et les paroles font aussi la part belle à cet univers océanique. "Olaf The Octopus", "Jake The Jellyfish" et "Frankenshark" peuplent les chansons. C’est un peu le problème pour un public francophone : les enfants ont besoin de chanter les chansons et on hésitera à offrir l’album à un enfant qui ne parle pas un mot d’anglais. Du coup, les parents se consoleront en écoutant l’album pour eux-mêmes. Car un album rock aussi catchy avec autant de tubes, c’est finalement assez rare. Malgré un côté très californien (bien que le groupe soit britannique), les morceaux apportent suffisamment de variété. Outre l’agressif "When All The Lights Go Out", le très gothique "Frankenshark" apporte une touche d’originalité bienvenue. Et "Sunny Days" se cache à peine pour parodier "Barbie Girl" d’Aqua.


Sharky Sharky est mon plaisir coupable pour encore beaucoup de temps. Complètement addictif, bourré de mélodies entêtantes et sans aucun temps mort, Super Awesome Mega World met la honte à tous les groupes de power metal médiocres qui polluent la scène. Le seul regret que l’on aura, c’est de ne pas pouvoir voir le groupe en concert au risque de passer pour un dangereux pédophile.


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