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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 13 janvier 2016
Sa note : 18/20

LINE UP

-Quorthon
(chant+guitare)

-Kothaar
(basse)

-Vvornth
(batterie)

TRACKLIST

1) Shores in Flames
2) Valhalla
3)
Baptised in Fire and Ice
4) Father to Son
5) Song to Hall Up High
6) Home of Once Brave
7) One Rode to Asa Bay
8) Outro

DISCOGRAPHIE


Bathory - Hammerheart
(1990) - black metal viking - Label : Noise Records



Qu’il est difficile d’être visionnaire… A sa sortie, Hammerheart ne provoque pas un enthousiasme démesuré dans la presse. Dans Hard Rock Mag’, le mythique Phil Pestilence, s’il ne crache pas complètement sur l’album, a du mal avec son côté répétitif et n’y voit en aucun cas un album fondateur. Personne (moi inclus) pour saluer la naissance d’un nouveau type de metal, tout au moins dans l’Hexagone. Et pourtant…

On aurait pu s’en douter. Quorthon avait déjà fondé le black metal sous sa forme moderne avec l’incomparable Under the Sign of a Black Mark. Pourquoi n’allait-il pas remettre ça, hein ? En plus, le stratosphérique Blood Fire Death annonçait déjà des lendemains qui chantent (haut et fort). Plus ample, plus majestueux, plus épique que son prédécesseur, sa brutalité moins crue, la présence de passages acoustiques sur "A Fine Day to Die" ou "Blood Fire Death", constituaient autant d’indices qui auraient dû nous mettre la puce à l’oreille. Bathory était en train de préparer un coup. En avance sur son temps, comme d’habitude. C’est donc en 1990, en plein boom du vieux death metal de papy et au milieu des vagissements des bébés black metal norvégiens qu’Hammerheart voit le jour. A savoir avec un lustre d’avance sur les débuts plus massifs de la mouvance viking/pagan/folk. Produit avec des moyens limités (Quorthon assura que si l’on tendait bien l’oreille, on pouvait entendre la tondeuse du voisin sur certains passages…), le cœur de marteau n’en reste pas moins un monument du genre. Bien des œuvres pionnières sont très perfectibles, ce n’est pas le cas de ce cinquième album du projet suédois qui ne comporte qu’un défaut (dont on parlera après). Exit la frénésie bonjour la puissance. Les rythme trépidants font place à des frappes lourdes comme des coups de… marteau (ben oui, ce jeu de mots était facile mais me tenait à cœur… cœur… marteau… vous saisissez ?).
Les mélodies, appuyées, quand le besoin s’en fait sentir, par des guitares acoustiques, des chœurs très bienvenus et des intros nous plongeant dans une ambiance « viking »,  ont soif de grandeur et prennent le pas sur la violence pure. Elles confèrent à l’œuvre un aspect solennel et majestueux pour les uns (les gentils), grandiloquent et pompier pour les autres (les méchants). Dernier changement : la voix black laisse sa place à un chant certes rauque mais qui se veut plus mélodique. C’est là où l’on pourra voir la seule faille de Hammerheart et plus généralement des albums viking de Bathory. Ne nous voilons pas la face : Quorthon ne chante pas juste. En général, cela ne pose pas de problème : son timbre éraillé et la flamme que contiennent ses lignes de chant permettent de palier ce défaut, qui peut même devenir un avantage au plus fort de la bataille. Simplement, lorsque le titre se veut vraiment mélodique et touchant, ça passe moins bien. En ce sens, et en se limitant à cet album, "One Rode to Asa Bay", malgré une musique impeccable, fait grimacer quand le chant monte dans les aigus. Pour le reste, Bathory enchaîne les perles. "Valhalla" explose à chaque coup de marteau, "Baptised in Fire and Ice" est sublimée par les chœurs et la voix de Quorthon qui, dans ce contexte, fonctionne à merveille, "Father to Son", plus heavy que la mort, balaye tout sur son passage, tandis que "Home of Once Brave" déploie sa force tranquille et majestueuse. Une fois de plus, Quorthon innove et tue la concurrence d’entrée.


Un album à la fois pionnier et totalement réussi, ça ne court pas les rues. Bathory avait déjà réalisé ce tour de force avec Under the Sign of the Black Mark, avant de sortir le pur chef-d’œuvre qu’est Blood Fire Death. Chaud comme la braise, il sort la troisième merveille de se tétralogie prodigieuse. Puissant comme aucune autre œuvre, mélodique à souhait, habité par cette flamme que nous connaissons tous, Hammerheart est certainement l’un des meilleurs albums de Bathory, qui ira encore plus loin dans sa démarche « symphonique » avec Twilight of the Gods, avant de changer une nouvelle fois de cap.


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