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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 janvier 2016
Sa note : 14/20

LINE UP

-Shaun Albro
(chant)

-Aaron Covarrubias
(guitare)

-Jon Corston
(guitare)

-Milo Kovacevic
(basse)

-Varyen Chylinski
(guitare)

TRACKLIST

1) Man's Modern World
2) All Flesh Had Corupted
3) Praetorian Icon
4) Theokratia
5) Terrorform
6) Extermination Event
7) Falling Further
8) Enblightened
9) Enemy Herein

DISCOGRAPHIE


Against the Plagues - Purified Through Devastation
(2015) - death metal black metal brutal death mélodique quand même - Label : Non Serviam Records



-  Ouh là là… le morceau… velu et tatoué… comment tu t’appelles mon trésor ?
-  Varyen. Et tu vas prendre cher.
-  Ooooh, j’aime ces déclarations d’intention…
(…)
-  Hé bééé… mon lapin… tu as la forme, toi… on fait une pause tendresse ? Des petits bisous ?
-  D’accord.
-  Viens là mon mignooo… aïe ! Pourquoi tu me tapes ?
-  Pas avec la langue.

 
La tendresse, les épanchements, etc. etc. Against the Plagues n’a rien contre, mais n’est pas non plus trop pour. Expliquons-nous : la mélodie, ils savent ce que c’est. Les claviers par exemple : ils les utilisent à petite dose mais de manière relativement constante, en mode black sympho (c’est d’ailleurs avec certaines lignes de chant, le seul élément vraiment black metal de l’album). Les soli de guitare aussi, ils en ont entendu parler et en glissent quelques-uns de temps en temps. Mais point trop n’en faut. Vous avez vu leurs tronches ? C’est marqué prog, post-rock ou modern jazz sur leurs gueules ? Voilà, pas besoin de vous faire un dessin. Et pour les non-voyants (vu qu’aveugle, c’est méchant comme terminologie il paraît), il leur suffira d’écouter les dix premières secondes du premier titre pour comprendre que Varyen n’est pas l’homme qui susurre à l’oreille des batteries. Il paraîtrait que ces dernières se mettent à pleurer à l’approche de leur maître et que celui-ci doit les enfermer à double tour la nuit afin d’empêcher qu’elles s’enfuient. Parce que dire que le death metal d’Against the Plagues défouraille est un euphémisme. Quand ça ne blaste pas, ça double pédale à tout va et la sensation qui se dégage des trois premiers morceaux est celle de se faire écraser la cage thoracique par un truc trapu, peinturluré et plein de poils.
Comme en plus, les gars sont intelligents, ils savent desserrer l’étau au  moment où l’asphyxie est proche et accorder quelques temps de repos, pour repartir de plus belle évidemment. Exemple : "Theokratia". Les gars commencent avec un mid-tempo old-school (ce côté old-school étant plus présent sur l'album que ce que l’on pourrait penser de prime abord), truffé de double pédalage, cela va de soi, avant de réaccélérer sur la fin et nous laisser exsangues et ravis. Ce savant dosage « 90% je te brise, 10% je te bise » s’avère hautement efficace et permet d’atténuer les quelques coups de moins bien que contient Purified Through Devastation : "Terroform" est, par exemple, un hommage pas très réussi au Monolith Deathcult, la faute à une deuxième moitié de morceau peu inspirée, tandis qu’ "Enblightened", le morceau le plus clairement black de l’album, n’est pas non plus une merveille. Globalement, le troisième album des terreurs de Chicago se contente de ressortir, très, très efficacement, des recettes connues, même si l’on est gratifié de quelques heureuses surprises, tel cet "Extermination Event" pulvérisateur, broyeur, fumigateur, non dénué d’une once d’humanité en son centre. Bref, pas de génie, mais de la bonne came quand même. Celui qui cherche à se prendre un vol de mastodontes en pleine face est servi.

 
-  Mmmm dans le fond tu es mignon, toi… Tu es brutal, mais on sent que tu as un grand cœur… par contre, t’es pas très causant, Varounet, tu permets que je t’appelle Varounet ?
-  Non.
-  Ah bon ? Et que penses-tu deeeee… tu es de nouveau d’attaque ? Mais dis-moi tu es une vraie machine !



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