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CHRONIQUE PAR ...

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Belzaran
Cette chronique a été mise en ligne le 05 janvier 2016
Sa note : 11/20

LINE UP

-Tiago "Le Baron Rouge"
(chant+basse+claviers)

-Johnny Coroa
(guitare+deedjeridoo)

-Mr. John Cyaegha
(guitare)

-Jota
(batterie)

TRACKLIST

1) Prelude for Mediocrazy
2) Corruption
3) Injustice
4) The Riot
5) Poverty
6) Depression
7) Escape
8) Anarchy
9) Death
10) No Future

DISCOGRAPHIE


The Royal Blasphemy - Sanatorium : Freedom
(2015) - hard rock melodeath - Label : Farol Music



Produire un premier album sous forme de double galette est sacrément couillu. C’est le pari que The Royal Blasphemy a décidé de tenter avec Sanatorium : Freedom. Un premier CD électrique déploie une dizaine de morceaux, repris en acoustique sur le deuxième. Mais cette ambition n’aura-t-elle pas raison d’un groupe encore en gestation ? Portés par leur leader, le Baron Rouge (sic), les portugais sont là pour exprimer leur colère contre un monde qui va mal. Voilà un groupe engagé !   

Après l’introduction bruitiste, "Prelude To Idiocracy", le groupe entre dans le vif du sujet avec "Corruption". Riffs acérés, rythmique plombée, arpèges saturés, chant varié et mélodies accrocheuses, il y a tout ce qu’il faut pour retenir l’attention. Le style est assez indistinct, reprenant des thématiques de différents styles. Le tout est toujours mélodique, n’hésitant pas à attaquer au growl. Certains riffs rappellent plutôt le death melo, même si au niveau de l’ambiance il y a quelques accents grunge. Globalement, on est dans un rock/metal lourd qui rappelle les années 2000. Le chant torturé et varié est réussi et fait vraiment partie des points forts du groupe. Le style des Portugais sera le même tout au long de la galette, apportant très peu de variété. Certes, "Injustice" apporte un peu de rythme avec un tempo plus élevé. A l’inverse, "Depression" joue sur sa lourdeur et son ambiance plombée pour tenter de nous séduire. En cela, le côté album concept prend son sens : le groupe crée une œuvre unidimensionnelle qui, hélas, va nous lasser au fur et à mesure des écoutes.
En effet, une fois les deux premiers morceaux passés, la qualité baisse d’un (léger) cran et c’est suffisant pour plomber l’ensemble. The Royal Blasphemy joue une musique peu moderne, percluse de tics de composition. Tout se ressemble et les écoutes nous fatiguent rapidement. À chaque fois, le début de la galette nous fait penser que l’album n’est pas si raté, mais la fin se révèle être un calvaire. Du coup, des sentiments antagonistes nous submergent. Chaque morceau pris à part n’est jamais mauvais, même plutôt bon, mais l’ensemble fatigue. Le groupe fait pourtant le travail avec une science de la compo, mais il manque des ruptures, de l’originalité, des surprises, des respirations. Le travail des guitares se révèle intéressant, mais souvent noyé dans l'ensemble. Si bien que certaines parties lead passent inaperçues. En décidant de tout miser sur un deuxième disque acoustique, le groupe se fourvoie. Il aurait mieux fait d’intégrer des éléments acoustiques directement dans ses compositions pour nous emballer.


Sanatorium : Freedom est un premier album sous forme de pétard mouillé. Portés par un frontman aux qualités de chanteur évidentes, les Portugais s’engluent dans un metal qui n’arrive que rarement à décoller. Le groupe a peut-être mis la barre trop haute, donnant trop d'ambition à leur premier effort. Car cet album transpire la réflexion et il manque cruellement de folie et de spontanéité. Mais si un rock-metal grunge torturé au rythme lourd vous plait, il se pourrait que le groupe vous séduise, tant il est ancré dans un style particulier.


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