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CHRONIQUE PAR ...

98
Tabris
Cette chronique a été mise en ligne le 27 décembre 2015
Sa note : 10/20

LINE UP

-Lucas Cavina
(screams+basse)

-Paolo Mongardi
(batterie)

TRACKLIST

1) Enemy E Core
2) Colon Hell
3) Forza Bruta Ram Attack
4) San Leather
5) Krakatoa
6) Panta Reich
7) All You Grind Is Love
8) Rococock Fight
9) Shitfing
10) Phase Terminale

DISCOGRAPHIE

Motomonotono (2015)

Zeus! - Motomonotono
(2015) - metal prog noise - metal en opposition - math-rock - Label : Season Of Mist



Le problème de maths… Vous allez me dire que pour du math-rock, hein, ça fait un peu cloche de présenter ça sous cet angle ! Mais j'ai bien sous le nez l'équation bateau à une inconnue qui semble si facile à appréhender à la base : allons, il me suffit de tout placer gentiment de l'autre côté du signe = et hop, la solution s'imposera d'elle même ?! Oui, mais en fait, non ! Dans mon problème, deux éléments contradictoires que je dois concilier pour réussir mon calcul : d'un côté, une idée qui se veut originale et toute en autodérision, et de l'autre, l'ennui profond que je ressens. L'inconnue X étant tout bonnement le sens des choses : que penser donc de la dernière production de Zeus!, Le monotone Motomonotono ?

Zeus!. J'ai souvenir de ce groupe découvert au Grillen de Colmar, avec un plaisir non feint. Un duo basse-batterie (audacieux donc !) qui vous envoie son math-rock progressif en pleine pomme avec une énergie et une volonté redoutables. La sortie de Motomonotono se voudrait donc l'occasion d'en découvrir enfin un peu plus sur les idées sous-jacentes de ce groupe venu d'Imola (Province de Bologne), officiant déjà depuis 2010. Zeus! Italiens... bon, comme le Port Salut, c'est écrit dessus ! On sent déjà l'ironie. Mais de la dérision, il y en aura en effet tout du long de cet album. Jetez un simple regard au nom des pistes pour commencer ! Et puis, Motomonotono porte très, très bien son nom. La première piste lance le rythme et ce pour quasiment toute la durée de l'album, un rythme unique et, passez moi donc l'expression : monotone. Haha ! Bon. On se fend la poire à coup de hache ? Enfin, de basse ?
Alors oui, nous avons l'idée du duo : faisons un album monotone qui s'appellera « Monotone ». Ok, ça c'est fait. Mais vraiment oui, on s'ennuie quand même rapidement. La rythmique marque l'esprit, sorte de grésillement continu, un peu comme de bons acouphènes en sortie de salle qui vous lancent pendant des plombes et ne vous lâchent plus. Mais pour le reste ? C'est quoi l'idée ? Difficile de la déterminer derrière ce déluge de riffs, de saturations, de sentiments de répétitions à l'infini et... Oh ? Que vois-je ? Une piste atmosphérique ? Rhaa la vache ! Il faudra malgré tout que dans cette langueur monotone le groupe s'oublie un instant au détour de la sixième piste. Pourquoi donc casser le rythme régulier, ô combien régulier, pour ensuite nous l'infliger de plus belle jusqu'à la note ultime ? Insister dessus au cas où certains se seraient perdus en route ?
Mais on peut le voir aussi sous un autre angle. Le peut-on ? Sans doute, mais pour moi, qui me larde l'esprit à coup de forceps et dieu sait pourtant que je suis outrageusement délirante sur bien des pistes sonores, moi qui ait voulu me convaincre à tout prix, là je me retrouve devant ce putain de problème de maths que j'ai beau retourner dans tous les sens, sa logique m'échappe. Peut-être parce qu'elle est simplement froide et carrée et que ce n'est pas dans ma logique personnelle. Nous sommes dans un univers mécanique et propice à l'oubli total. Des sons, juste des sons, du noise, du vidage de crâne. Point d'émotion. Trop proche de la boite à rythme. La sensation est bien celle d'un groupe qui est entré un soir en studio et s'est lancé dans une improvisation sur la base d'une idée unique. L'album apparaît comme un long monologue sur un sujet assez fastidieux, le genre de propos que l'on prend du temps à percevoir, comprendre et enfin digérer après un long, très long temps de maturation ! Mais sans doute suis-je passée à côté d'un truc unique ?


Avis donc aux amateurs. Je me suis risquée sur un terrain qui ne m'inspire pas franchement une fois engagée dans la sente. Mais ce putain de X ! J'aurai quand même bien voulu savoir ! Zeus! est très probablement un bon groupe. Il faut malgré tout déjà pas mal d'audace pour constituer un duo basse/batterie qui veuille tenir la route et des idées originales ont déjà été mises en avant par nos deux italiens. Et cette nette envie de ne pas faire comme tout le monde reste chose louable au passage. Mais vouloir être à la marge est une chose, accrocher véritablement l'auditeur en est une autre. Pour le coup, je me range à bien des avis : entre le sérieux du projet et la farce, je dois admettre avoir perdu mon latin ! A voir ces deux béliers en artwork, je me dis que c'est peut être finalement ça le X : nous conduire à nous cogner bêtement et inutilement l'esprit ?! Ça me va bien ça en plus !



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