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CHRONIQUE PAR ...

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Kroboy
Cette chronique a été mise en ligne le 20 février 2008
Sa note : 14/20

LINE UP

-Mille Petrozza
(guitare+chant)

-Sami Yli Sirniö
(guitare)

-Christian Giesler
(basse)

-Jürgen "Ventor" Reil
(batterie)

TRACKLIST

1)Enemy of God
2)Impossible Brutality
3)Suicide Terrorist
4)World Anarchy
5)Dystopia
6)Voices of the Dead
7)Murder Fantasies
8)When Death Takes Its Dominion
9)One Evil Comes - A Million Follow
10)Dying Race Apocalypse
11)Under a Total Blackened Sky
12)The Ancient Plague

DISCOGRAPHIE


Kreator - Enemy Of God
(2005) - thrash metal - Label : SPV



Un Violent Revolution imparable, puis un Live Kreation carrément indispensable : pour son retour au thrash, Kreator n'a pas fait les choses à moitié ! Les Allemands ont réussi à retrouver leur popularité d'antan en un rien de temps, grâce entre autres à des performances incendiaires en festival, où il valait mieux éviter de jouer juste derrière. Difficile de trouver le temps de remettre les pieds au studio, et c'est déjà plus de 3 ans après Violent Revolution que Kreator nous livre sa nouvelle offrande.

Comme le veut l'adage, on ne change pas une équipe qui gagne, et c'est de nouveau chez Andy Sneap que le groupe a posé ses flightcases pour ce nouvel album. D'ailleurs, rien n'a réellement changé depuis Violent Revolution : ni le line-up, ni l'orientation musicale toujours tournée vers un thrash mélodique aux harmonies multiples. Voilà qui explique peut-être le manque de fraîcheur qui finit par se dégager de l'album une fois passées les premières écoutes incendiaires. Difficile en effet de s'enthousiasmer pour des morceaux qui sentent le pilotage automatique, comme "One Evil Comes – A Million Follow" ou "Dying Race Apocalypse", malgré sa jolie intro acoustique. De même, sans être mauvais, certains morceaux peinent à convaincre pleinement : "Dystopia" est alourdi par un refrain un peu bancal, tout comme "Murder Fantasies" qui est par contre renforcé par une belle passe d'armes avec Michael Amott (Arch Enemy) sur le solo.

Et c'est vraiment dommage, parce que les hostilités s'ouvrent sur 2 ÉNORMES bombes, appelées à devenir de futurs incontournables sur la setlist live. Construits selon des modèles inversés (rythmique thrash et break mid tempo pour le premier, exact contraire pour le second), "Enemy of God" ou "Impossible Brutality" sont tous deux de la trempe de ces morceaux avec un truc en plus, dont on ne se lasse jamais. Les harmonies sont un peu laissées de côté, pour laisser place à l'agressivité légendaire de Petrozza. Inutile de rajouter qu'en live, ces 2 titres prennent encore une autre dimension et suffisent à déclencher une émeute sanglante dans le pit ! Après un tel début en fanfare, on se doute que l'intensité va forcément finir par redescendre, mais Kreator parvient tout de même à garder un rythme intéressant. Avec son riff à la Slayer, "World Anarchy" fait lui aussi parler la poudre, et le passage calme du milieu sonne comme un clin d'œil à Outcast.

Pour le reste, on retrouve sur la seconde moitié de l'album pas mal de titres variés mais qui restent relativement anecdotiques. Cela ne signifie pas que les morceaux en question soient de mauvaise qualité : il est très facile de se prendre son pied sur des titres très heavy comme "Voices of the Dead" et "When Death Takes Its Dominion", tous deux servis par des refrains très catchy. Reste que dans un style semblable, ils ne parviennent pas à se hisser au niveau de l'imparable "Violent Revolution". C'est un des soucis majeurs qui se dégage d'Enemy of God : là où la quasi-intégralité des morceaux de Violent Revolution contenaie au moins un passage qui retenait l'attention, ce qui n'est pas tout à fait le cas ici. Seul "The Ancient Plague" parvient réellement à tirer son épingle du jeu, avec son intro qui nous plonge dans une ambiance post-holocauste nucléaire et sa narration originale à la fin.


Enemy of God est en quelque sorte l'archétype du faux excellent album, celui qui fait une très forte impression au départ, puis qui petit à petit finit par retomber dans le rang. L'album reste très plaisant et s'écoute d'une traite, mais les défauts inhérents aux morceaux inaboutis finissent par sauter aux oreilles et empêchent Enemy of God de se hisser parmi les meilleurs albums de Kreator. Maintenant, soyons clairs : je parle bien de l'échelle Kreatorienne. Parce que niveau thrash moderne, cela reste très chaudement recommandable…


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