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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 26 novembre 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Anders Jacobsson
(chant)

-Heike Langhans
(chant)

-Johan Ericsson
(guitare)

-Daniel Arvidsson
(guitare)

-Fredrik Johansson
(basse)

-Jerry Tortensson
(batterie)

Guest :

-Daniel Änghede
(chant)



TRACKLIST

1) Heavy Lies The Crown
2) The Wretched Tide
3) Pale Tortured Blue
4) Stellar Tombs
5)
No Lonelier Star
6) Dusk Mariner
7) Dishearten
8) Rivers Between Us
9) The Marriage of Attaris


DISCOGRAPHIE


Draconian - Sovran



Forcément, ça marque. Figurez-vous que c’est Sovran qui tournait à plein régime dans mes oreilles quand les sauvages (les vrais, pas les metalleux) ont commis leurs atrocités à Paris. Ironie (insignifiante) du destin, cet évènement tragique et inattendu a explosé en moi au moment où j’étais bercé par ce qui est peut-être le groupe de doom-death à tendance gothique le plus prévisible. Peut-être que le choc a été amorti par les mélodies connues d’avance développées par Draconian… Peut-être…Toujours est-il que faire une chronique de Sovran devient dans ces conditions un peu plus difficile.

Cette œuvre restera toujours, pour moi, l’album des attentats du 13 novembre, et le merveilleux titre "Stellar Tombs" aura toujours une saveur sanguine spéciale. Je dois donc faire un effort d’abstraction pour remettre cette sixième pierre de l’édifice draconien à sa juste place, à savoir dans le rang des très bons albums sans surprise. Il est réconfortant de pouvoir s’appuyer sur quelque chose de solide, surtout en ces temps agités. Justement, Draconian, c’est fait pour ça. On reprend une fois de plus la même recette, et une fois de plus, elle fonctionne parfaitement. Du My Dying Bride des bons jours pour ces Messieurs, des nappes de clavier et du chant féminin joliment maîtrisé à la Theatre of Gathering pour ces Dames. Et de la sobriété, beaucoup, c’est d’ailleurs la force du groupe. La force principale ? Pas seulement, on citera également le sens des mélodies, qui culmine sur "Stellar Tombs", mais qui n’oublie aucune des autres chansons de l’album. On citera également l’à-propos dans l’alternance des mélodies p« leurantes » typiques du doom et des riffs plombés, mais la sobriété, reste le mot clef.
Draconian est au gothic doom-death ce que Delain est au metal à chanteuse (et non, la présence de Heike ne suffit pas à coller Draconian dans cette catégorie là). Il s’agit de groupes qui comprennent parfaitement ce que l’expression « point trop n’en faut » veut dire. Pas de vocalises de soprano à la petite semaine, pas de tremolos impromptus, pas de morceaux à la longueur faisant pâlir Sun O)))) de jalousie. Chez Draconian, tout est juste. Juste en mode garçon ("Heavy Lies the Crown"), juste en mode fille ("Diseharten"), parfois fabuleux même (euh… "Stellar Tombs", au cas où vous n’auriez pas compris…), mais jamais aventureux. La plus grande prise de risque de Sovran, c’est le duo de "Rivers Between Us" où un invité au chant clair, Daniel, pousse la chansonnette avec Heike, pour un morceau pour fille assez émouvant  (*** pub *** même si le fantastique "Inertia" d’Angellore n’est pas battu… *** fin pub ***). Autant dire qu’on reste toujours en terrain connu. Alors bon, on peut blablater, ou philosopher, c'est la même chose. Ça vous dit ? « Blablabla pas assez original blabla blabla t’en as pour ton argent blablabla pas tous être des geníes blablablab ». C’est bon comme ça ?


Sovran est aussi bon que ses prédécesseurs. Draconian veut dire « Constance » en suédois. Du doom-death bien fait, parfaitement illuminé par un chant féminin irréprochable. Draconian n’est pas Ikea, le groupe déteste l’à peu-près et les constructions fragiles montées à la hâte. Tous les matériaux sont solides et dûment éprouvés. Draconian fait du bien par où il passe.


Cette chronique est dédiée à Bixl3r.
 


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