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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 12 novembre 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Maxime Febvet 
(chant)

-François-Thibaut Hordé 
(guitare)

-Richard de Mello 
(guitare)

-Frédéric Franczak
(basse)

-Benjamin Marchal
(batterie)

TRACKLIST

1) Avalanche
2) Appât
3) Mélas | Kholé
4) Naufrage
5) Houle
6) Klarträumer
7) Vide
8) Hypoxie
9) Bruine

DISCOGRAPHIE

Æther (2015)

Déluge - Æther



Déluge. Rares sont les groupes qui portent si bien leur nom. "Avalanche". "Naufrage". "Houle". Le champ lexical des Français ne pourrait être mieux choisi pour décrire l'ambiance maritime de tempête absolument unique qui plane autour des compositions de ce premier effort répondant au doux nom d'Æther.

Tournant autour du thème de la chute, le groupe n'est pas sans rappeler dans sa poésie un certain Regarde Les Hommes Tomber... Ce n'est donc pas une coïncidence de retrouver les Français sur le même label des désormais bien connus, Acteurs de l'Ombre. Originaires de Metz, Déluge évoque bien rapidement un autre groupe de l'Hexagone qui jouit d'une belle renommée en dehors de nos frontières, je parle bien sûr de Céleste. Reprenant le caractère masochiste de ses compositions, jouissant de la violence pour la violence, Déluge se démarque toutefois de part ses allures plus planantes, atmosphériques et pluvieuses que lui confère ses douces accalmies de gouttes d'eau. Accalmies bienvenues qui nous permettent à intervalle régulier de reprendre une bouffée d'air pour mieux replonger dans leur océan de noirceur et de désespoir.
Amusant d'essayer de classer le groupe sur une étiquette tant on se rend compte qu'elles sont aujourd'hui devenues malléables dans ce style. Black metal. Post metal. Post hardcore. Screamo. On arrive à faire boucler des styles aux antipodes à leur origines, bien qu'armés de la même énergie punk, un terme qui semble aujourd'hui bien désuet quand on voit l'application portée à l'artwork d'exception du bijou que l'on tient dans sa main. Comme Regarde Les Hommes Tomber, mais bien d'autres de la scène - ne les réduisons pas à cette simple comparaison, Déluge développe une esthétique unique et forte, preuve que le marketing et l'art se rejoignent au XIXème siècle, n'en déplaise aux plus anticapitalistes du lot.
Au niveau des titres, l'opener "Avalanche" fait le taff du coup de boule mettant KO en quelques minutes seulement avec des cris qui feront se hisser les poils de plus d'un d'entre vous. Et ce n'est que le début... Il en faudra de l'énergie pour naviguer au gré des marées et des tornades de pluies diluviennes dans l'expédition de haute mer que nous offre les Lorrains. Le torturé "Mélas | Kholé" verra en outre Neige d'Alcest faire une apparition bien sentie en guest. Difficile d'isoler un titre parmi d'autres, tant l'album ne saurait s'appréhender différemment que pris comme un unique bloc monolithique, fait de blasts rugueux et de nappes oniriques.

Déluge développe résolument un style à part entière. Bien qu'empruntant beaucoup à d'autres - les références sauteront naturellement aux habitués du genre - le quintet parvient dès son premier album à trouver son identité sonore forte accompagnée d'une imagerie tout aussi forte pour accoucher d'une atmosphère qui ne l'est pas moins. On a hâte de voir le résultat sur scène. Entre temps, bravo messieurs.


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