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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 03 avril 2016
Sa note : 15/20

LINE UP

-Danny Worshop
(chant+clavier+programmation)

-Ben Bruce
(guitare+chant+programmation)

-Cameron Liddell
(guitare)

-Sam Bettley
(basse)

-James Cassells
(batterie)

TRACKLIST

1) Don't Pray For Me
2) Killing You
3) The Death Of Me
4) Run Free
5) Break Down The Walls
6) Poison
7) Believe
8) Creature
9) White Line Fever
10) Moving On
11) The Road
12) Until The End (feat. Howard Jones)

DISCOGRAPHIE


Asking Alexandria - From Death To Destiny
(2013) - hard rock metalcore - Label : Sumerian Records



« Ça y est, Djentleman nous a complètement lâché. Déjà qu’avec son djent et son deathcore il était à la limite de l’autre monde, mais là il se met carrément à relater les sorties d’Asking Alexandria. » Oui, je le reconnais, ça paraît surprenant, mais cette chronique vise surtout à réhabiliter un groupe qui en a pris plein la gueule alors qu’il n’en méritait pas tant. Bon, en outre, il y a un autre objectif à ce papier : faire apprécier au moins un titre de From Death To Destiny à S1phonique. Qui a dit « bon courage » ?

Bon, S1pho. Parlons peu, parlons bien. Je sais que tu connais Asking Alexandria. Au moins de nom, et te connaissant, tu as déjà dû écouter ça un soir de cuite, à une conférence sur le danger musical, ou après une indigestion, pour t’aider à régurgiter, car tu n’avais plus de vomitif assez puissant dans ta réserve. Et tu n’es pas le seul. Beaucoup de gens haïssent ce groupe, en grande partie à cause de l’image emo/rockstar qu’il renvoie. Et ça peut se comprendre. Du côté musical, prédomine un chant de plus en plus post-hardcore à tendance screamo/emo mêlé à un metalcore assez puissant agrémenté de breakdowns, surtout à ses débuts, avec Stand Up And Scream en 2009. Puis un calme un peu plus relatif, malgré un son plus puissant, sur Reckless And Relentless en 2011, ce qui lui vaut, malgré tout, pas mal de critiques. Evitons de parler de la tentative electro remixée Stepped Up And Scratched de la même année qui méritait, au mieux, de sortir dans le rayon musique electro de la FNAC, au pire, sous forme de bonus pour les moins mauvais titres d’entre eux. Cela ne va certainement pas te rassurer sur ce qui t’attend ici, cher collègue.
Mais tu sais S1pho, ces temps ont changé. Asking Alexandria a fait une sorte de mea culpa en voyant qu’il avait pris une mauvaise tournure. Du coup, il s’est même dit que, perdu pour perdu, il fallait tenter de nouvelles choses. C’est là qu’intervient, en 2013, From Death To Destiny. Cette mutation s’est essentiellement opérée au niveau du style proposé. Que découvre-t-on donc à notre grande surprise ? DES INFLUENCES HARD ROCK ? Eh oui, tu peux être choqué mon bon S1pho, mais si tu t’étais renseigné au préalable, tu n’aurais pas été réellement surpris puisque la formation a sorti une année auparavant un EP intitulé Under the Influence: A Tribute to the Legends of Hard Rock avec des reprises de Journey, Mötley Crüe, Whitesnake et Def Leppard. On se doutait donc à ce moment qu’on n’allait pas partir sur les bases d’un Nasum ou d'un Napalm Death. Bon choix pourrait-on dire, quand on voit le renouveau du style actuellement. C’est clairement une volonté de cibler un nouveau public afin de se refaire la cerise. Intelligent, mais pas sûr que le nouveau public se rende compte de cette réorientation, ayant potentiellement gardé l’ancienne image de la bande en tête. Dommage, car cela mérite qu’on s’y attarde un minimum tout de même.
D’autant plus, cher S1pho adoré, que l’album comporte des chansons assez plaisantes et agréables. Tu aimeras – ou tout du moins apprécieras – "Killing You" et "White Line Fever" qui resteront incontestablement comme les tubes de cet album. Tu renieras peut-être les résidus d’un ancien temps encore présents, comme les très metalcore "Poison" et "Break Down The Walls". Désormais, les influences notables ne sont plus à rechercher du côté « core » mais plutôt de celui des Five Finger Death Punch et Avenged Sevenfold, preuve qu’une belle refonte a été effectuée, surtout au niveau de la voix de Danny Worshop qui ne growle plus, ou très peu. Une technique plus ouverte et accessible à tous, loin d’être exécrable. Celui qui a quitté le groupe en 2015 pour se consacrer à son projet We Are Harlot, a d’ailleurs déclaré que « le cœur n’y était plus » et ce, depuis quelques années. Mais en dehors de cela, ce qui est quand même magnifique avec les Anglais, c’est cette faculté particulièrement bien développée qu’ils ont à se saborder. En témoignent les bouses affreuses et sans nom "The Road", "Believe" et "Until The End", ainsi que la balade "Moving On" (dont ils auraient pu se passer) qui, en plus d’écœurer définitivement S1pho, feront même fuir les fans les plus fidèles.


Si Monsieur S1phonique a écouté cet album, même d’une seule oreille, mon objectif est atteint. S’il a réussi à en apprécier ne serait-ce qu’une bribe, mon objectif est dépassé. Car il aura fait sûrement ce que neuf personnes sur dix n’auront pas fait : laisser une toute petite chance à la  formation d’Outre-Manche de se rattraper, et ne pas se baser sur son passé tendancieux. Asking Alexandria a changé mes amis, et From Death To Destiny est là pour le prouver. En revanche, ce n’est pas pour autant que tout le monde y adhérera.


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