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CHRONIQUE PAR ...

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TheDecline01
Cette chronique a été importée depuis metal-immortel
Sa note : 16/20

LINE UP

-Igor Rocket
(chant)

-Bob Morlock
(guitare)

-Roger Deluxe
(basse)

-Kiki de Montparnasse
(batterie)

TRACKLIST

1)Gay Rodeo
2)Accumulator 77
3)Sympathy For The Devil
4)Brian Molko Vs Nigel Tufnel
5)Don't Start Me Up !
6)The Smell Of Horses
7)And You Thought Your Parents Were Weird...
8)The Boogie (Take 2)
9)Dead Horse Riding
10)Sweet Thirteen
11)Muchas Gracias Señorita
12)Harley To Hell
13)Earth Girls Are Easy

DISCOGRAPHIE


Houston Swing Engine - The Smell Of Horses
(2003) - rock hardcore - Label : Gentlemen



Attention, groupe suisse qui débarque. Pour un petit suicide ? Derrière la caractère particulièrement et fondamentalement mauvais de ce jeu de mot se cache en fait une crainte qui pourrait naître de par la nationalité du groupe. Des Suisses. Remarquez, ils sont peut-être mauvais en foot (attaque très gratuite) mais ils peuvent être bons en musique. Samaël en est un bien bel exemple. Celtic Frost aussi. Donc bon, ne partons pas avec des a priori totalement obsolètes.

Retour à la musique de nos suisses. Que proposent-ils déjà ? Du rock bien burné mâtiné de hardcore voire metal. Voici une définition qui conviendrait bien. On peut maintenant passer à une description de chacun des termes, car ils ont tous leur importance. Rock. Soit, cela signifie que les titres possèdent la rage, le groove et un certain feeling, qualifiable de « rock'n roll » (c'est très indéfinissable finalement). Burné. Qui se dit d'une personne ou d'un objet qui va jusqu'au bout de ses pensées, qui ne se laisse pas marcher sur les pieds ou qui déménage tout sur son passage. Hardcore. Une question de chant qui est ici hurlé dans la veine de ce genre assez honni par le public metalleux et rockeux. Metal. Cela suinte de certains riffs qui vont au-delà de l'énergie rock et qui tapent dans la mélodie saturée.

Vous commencez à voir de quoi il en retourne maintenant donc. Houston Swing Engine, c'est tout ça et plus encore comme le veut l'expression très usitée et limite balourde. Car le groupe a de l'énergie à revendre (point commun de tous les genres et adjectifs cités pour décrire sa musique), mais aussi de l'inspiration. Pour un peu on les croirait dealers de toute une scène tant leur groove et leur entrain au rythme, au riff, au refrain qui prend aux tripes est évident. Car écouter ce disque, c'est aussi avoir envie de bouger dans tous les sens ... ou de se poser tel aux plus beaux jours du mouvement hippie en dodelinant de la tête pour apprécier pleinement le « trip ». "The Smell Of Horses", superbe chanson titre appelant (limite) au lever de briquet le confirme de la plus belle des façons et renvoie à Woodstock l'espace de presque 7 minutes.

Auparavant, nous avons eu droit à l'introduction/première chanson (elle se situe entre les 2 en fait) "Gay Rodeo" avec un riff porteur de assbanging (n'y voyez aucune allusion à des cowboys gays). En fait tout au long de l'album, vous serez transportés par mille feux qui brillent tous autant les uns que les autres. Les compositions qui jalonnent ce disque persistent dans les sphères du très bon/excellent. "And You Thought Your Parents Were Weird..." se permet même de proposer un chant clair tout à fait goûtu qui nous ferait regretter (en fait, il nous fait regretter) la prédominance du chant plus typé harcore. Car voici le plus gros défaut de la galette pour l'amateur de metal, ce chant qui lorgne trop vers le hardcore et qui convient assez peu au style de musique pratiqué. Un bon chant clair, voire de buveur de whisky aurait été beaucoup plus approprié et aurait rajouté une corde aux nombreuses que ce disque possède à son arc.

Heureusement cela reste un défaut somme toute mineur car l'importance est donnée aux instruments sur la galette. Il faut dire que l'idée n'est pas saugrenue du tout puisque les musiciens ne sont pas manchots et surtout, ils possèdent un feeling absolument dantesque. Entendre la partie rythmique est un bonheur sans cesse renouvelé au cours de l'album. Le batteur est groovy « rock'n roll » tandis que le bassiste manie un instrument à la place bien et justement réservée dans le spectre sonore du disque, et qui sait délivrer des lignes tout simplement sautillantes. Vous aurez envie de taper du pied à juste titre. A ce sujet, il faut écouter "The Boogie (Take 2)" qui donne sa dose en partie rythmique.

Vous en savez désormais suffisamment pour vous être fait une idée de la musique proposée sur cette incroyable rondelle. Houston Swing Engine vous balance dans tous les sens et ce tout au long de l'album dans un formidable torrent de rock'n roll réhaussé à la sauce metal-hardcore. L'inspiration du groupe étant très au rendez-vous, cela donne des chansons dont on ne se lasse pas et qui sont bonnes du début à la fin. Une sacrée performance pour un premier album (car oui, ce n'est ici que le premier album du groupe) qui donne une grosse idée de l'immense potentiel des Suisses. Le bémol qui l'on pourra retirer de tout cela est peut-être un groupe qui souffrira de l'effet « feu de paille », c'est-à-dire qui a brûlé toutes ses cartouches dans un premier album à possèder avant de décevoir par la suite (ce ne serait pas la première fois que cela arriverait).


En attendant, sachons ne pas bouder notre plaisir et éclatons-nous comme il se doit sur un disque qui donne envie de bouger, qui caresse les tympans dans le sens du poil et qui évite les écueils du premier album, à savoir un équilibre bancal. Non. Ici tout est comme dans le cochon, c'est-à-dire bon. Tout au plus pourra-t-on reprocher au groupe, outre son chant, de n'évoluer que dans la sphère rock burnée, mais il y évolue avec tellement d'aisance et avec une telle variété malgré ses limites qu'on fera fi de ceci. Une sorte de classique instantané.


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