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CHRONIQUE PAR ...

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Djentleman
Cette chronique a été mise en ligne le 24 octobre 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Ronnie Canizaro
(chant)

-Joe Buras
(clavier+chant)

-Lee McKinney
(guitare)

-David DaRocha
(basse)

-Cameron Lusch
(batterie)

TRACKLIST

1) The Other Half Of Me
2) Throw Me In The Jungle
3) Free Fall
4) Illuminate
5) The Sleeping And The Dead
6) Tidebinder
7) Resilience
8) Goddess Of The Dawn
9) The Louder The Sound, The More We All Believe
10) Warlords
11) River Of Time
12) The Composer

DISCOGRAPHIE


Born Of Osiris - Soul Sphere
(2015) - death metal deathcore mélodico-progressif - Label : Sumerian Records



Quelques mois après Veil Of Maya et son Matriarch qui avait créé la polémique, ce sont leurs compères de Born Of Osiris qui reviennent sur le devant de la scène. Et ce qui est sûr, c’est qu’une bonne partie des fans ont eu une boule au ventre en attendant cette sortie. La formation va-t-elle définitivement tomber dans la déchéance ou se reprendre et nous livrer de la musique authentique et loin de toute influence Sumerianesque ?

Cette grande peur se justifiait d’autant plus que les Palatinois nous avaient livré en avant-première et au compte-goutte, pas moins de quatre titres, soit un tiers de l’album : "Resilience", "Free Fall", "Throw Me In The Jungle" et "Goddess Of  The Dawn". Si les deux premiers avaient passé l’épreuve avec succès, ce n’était pas aussi facile pour les deux dernièrs. Du coup à l’arrivée, on se retrouvait avec du bon et du moins bon et on ne savait absolument pas quoi en penser. De là, en découlait chez les fans une tension palpable mais logique qui n’aurait su être endiguée autrement que par l’écoute de ce disque dont l’artwork se rapproche un tantinet trop du précédent.
Il faut désormais passer dans un monde abstrait pour tenter de cerner ce que nous offrent les Américains. Imaginez que vous êtes en couple depuis 2007. Six ans après, votre ami(e) a changé. Un changement de comportement que vous ne parvenez pas à totalement comprendre. Vous décidez de faire une pause, pour prendre du recul et réévaluer la situation. Vous continuez malgré tout à vous fréquenter, mais moins régulièrement. Deux ans après, vous prenez la décision de vous lancer à nouveau dans une relation avec cette personne. Soul Sphere incarne un peu cette période. C’est une nouvelle étape de séduction qui commence et s’installe. Ici, cette étape va durer un peu plus de trois quart d’heure. C’est suffisant pour se faire une idée précise de la tournure des choses et du choix à faire.
Mais alors comment s’y prendre ? Changement radical, ou exploitation d’anciens bons filons ? Ici, Born Of Osiris opte plutôt pour l’expression « faire du neuf avec du vieux ». Il y a bien ces refrains qui marchent toujours et que l’on aime ressasser, comme la présence des mitraillettes sur "Tidebinder" ou "Free Fall", ce breakdown progressif sur "Warlords", et ces mélodies de The New Reign disséminées astucieusement sur la galette ("The Sleeping And The Dead", "Resilience", "Goddess Of The Dawn") qui donnent une délectable sensation de terrain connu. Il est vrai que les mélodies n’ont pas été mises de côté et on reconnaît toujours aisément la patte qui a fait – et fait toujours – le succès des Ricains. Même les soli, qui ne sont pas dans leur registre courant, sont bien placés ("The Other Half Of Me", "Tidebinder").


En revanche, et c’est le propre de l’homme (qui a dit des Amérloques ?), on a tendance à retomber dans ses travers et commettre à nouveau des erreurs qui nous avaient entraîné inexorablement vers le bas auparavant. C’est le cas ici, notamment pour les refrains atroces à tendance pop, comme dans "Throw Me In The Jungle" ou "The Louder The Sound, The More We All Believe" qui sont, sans aucun doute, des chansons de live. On aurait aussi aimé éviter les écueils résiduels « electro-techno » de la fin des titres "The Composer" et des pistes comme "The Sleeping And The Dead" ou "River Of Time" qui n’apportent aucun élément accrocheur ou novateur. Et que dire de "Illuminate" dont le début est un copier-coller quasi-exact de "Machine" sur Tomorrow We Die Alive ? Sûrement une chute qu’ils ont voulu réutiliser. Mauvaise décision.

Ce Soul Sphere est un présent que nous fait Born Of Osiris afin d’essayer de se racheter une conduite et se redorer le blason. Et comme quand un couple essaie de faire repartir la machine, il y a toutes ces bonnes choses des premiers temps que l’on redécouvre, mais aussi les petits aspects « en trop » que l’on tente d’apporter en croyant bien faire. Mais globalement, ce disque saura nous contenter en nous proposant un syncrétisme d’ancienneté et de fraîcheur, dans lequel s’y retrouveront aussi bien les adorateurs de l’ancien temps égyptien de The New Reign, que les nouveaux arrivants de Tomorrow We Die Alive.


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