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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 27 septembre 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Karl Sanders
(chant+guitare)

-Dallas Toler-Wade
(chant+guitare)

-George Kollias
(batterie)


TRACKLIST

1) Call To Destruction
2) Negating The Abominable Coils Of Apep
3) Liber Stellae Rubeae
4) In The Name Of Amun
5) What Should Not Be Unearthed
6) Evil To Cast Out Evil
7) Age Of Famine
8) Ushabti Reanimator
9) Rape Of The Black Earth
10) To Walk Forth From Flames Unscathed


DISCOGRAPHIE


Nile - What Should Not Be Unearthed
(2015) - brutal death - Label : Nuclear Blast



Troisième grand ponte du death metal à sortir un album au mois d'août 2015, Nile était attendu par une frange non négligeable de ses fans, déçue par un At the Gate of Sethu paru il y a trois ans, qui présentait la formation en panne d'inspiration. What Should Not Be Unearthed se devait donc de redresser la barre pour redorer le blason des égyptophiles.

Une écoute rapide de cette neuvième sortie rassurera tout de suite les plus inquiets. La qualité globale de l'ensemble est en effet bien supérieure à son prédécesseur. La production est à mettre au crédit du groupe qui a souhaité se réapproprier la manière dont doit sonner sa musique. C'est donc sans surprise que la puissance et la violence sont ici de retour, l'aspect cru et épuré de leur dernière livraison qui ne seyait pas du tout à Nile,  n'étant désormais qu'un mauvais souvenir. Ne boudons pas notre plaisir de retrouver des riffs lourds comme autant d'hommage à l'Egypte antique. Nombreux sont les passages pachydermiques qui ne cherchent qu'à écraser tout sur leur passage, en témoigne le final de "In The Name Of Amun" ou encore le mid-tempo "To Walk Forth From Flames Unscathed" qui clôt le tout.  N'allez cependant pas imaginer que les Américains se sont contentés de ralentir la cadence. Ils sont toujours adeptes de rythmes enlevés, à l'instar du morceau introductif ou de "Rape Of The Black Earth".
En approfondissant la découverte de cet album, l'on pourra se rendre compte de la recherche d'efficacité de la part du quartet. Légèrement moins techniques que par le passé, les parties instrumentales ne demeurent pas exemptes d'habileté. Le savoir-faire de la troupe est indéniable. Pourtant, l'apport de sonorités orientalisantes est un peu moins conséquent. Ceux qui se prosternent devant les passages mélodiques et les instruments folkloriques risquent d'être frustrés. Certes, le riff principal de "Evil to Cast Out Evil" aurait sa place sur n'importe quelle galette de Nile. Cependant, la profondeur et la noirceur des mélopées enivrantes de compositions issues de Black Seeds of Vengeance ou de In Their Darkened Shrines semblent loin.  What Should Not Be Unearthed est plutôt à classer dans la continuité de Those Whom the Gods Detest qui présentait également des morceaux puissants et violents que les nostalgiques des premières heures avaient déjà critiqués.
Karl Sanders, responsable de la majorité des compositions a élaboré de bonnes pièces où la brutalité domine. Seul l'interlude "Ushabti Reanimator" permet de se reposer, avec un air aux consonances antiques. Pour le reste, rien que du classique. George Kollias blaste à tout va, les riffs de guitares sont tour à tour virevoltants ou pesants. Quant aux vocaux, Dallas Toler-Wade se charge toujours du chant principal, tandis que le sieur Sanders vient poser ci et là son chant d'outre-tombe. Nul doute que les amateurs du groupe seront satisfaits de retrouver tous ces ingrédients. Il manque cependant un peu d'épice à cette recette, désormais connue de tous. Les cinquante minutes de ce disque passent bien pour qui apprécie ce style musical. Certains passages attirent l'attention, mais il est parfois difficile de ne pas décrocher. Il est délicat de savoir réellement ce qui fait défaut, mais force est de constater que les brutes de Greenville ont su être parfois un peu plus inspirées.  Notons toutefois la volonté de dénoncer à travers de "Call To Destruction" les agissements de Daesh concernant le patrimoine préislamique, détruit car considéré comme impie. En tant qu'amoureux de l'antiquité il est tout à fait normal qu'ils adoptent cette position, qui trouvera sûrement des échos positifs chez leurs fans.


Loin d'être un mauvais album, What Should Not Be Unearthed présente un Nile qui a repris du poil de la bête. Le quartet est de nouveau prêt à en découdre. La plupart des titres présentés ici sont de qualité, mais comme déjà mentionné, il manque un supplément d'âme qui aurait pu faire de cette sortie une totale réussite.


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