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CHRONIQUE PAR ...

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Magmahot
Cette chronique a été mise en ligne le 24 septembre 2015
Sa note : 16.5/20

LINE UP

-Winston McCall
(chant)

-Jeff Ling
(guitare)

-Luke "Pig" Kilpatrick
(guitare)

-Jia "Pie" O'Connor
(basse)

-Ben Gordon
(batterie)


TRACKLIST

1) Destroyer
2) Dying to Believe
3) Vice Grip
4) Crushed
5) Fractures
6) Writings on the Wall
7) Bottom Feeder
8) The Sound of Violence
9) Vicious
10) Dedicated
11) A Deathless Song

DISCOGRAPHIE

Killing With A Smile (2005)
Atlas (2012)
Ire (2015)

(2015) - hardcore mélodique metalcore - Label : Epitaph



Douze ans, oui, douze ans déjà que les Australiens nous vendent du rêve, et ce n'est pas prêt de s'arrêter, car trois ans après un Atlas de bonne facture, voici Ire, le nouveau méfait des gars de Byron Bay. Leur metalcore assez spécial est scruté par les fans à chaque sortie, et le moins que l'on puisse dire est que l'attente aura été insupportable cette fois, arrivant même à susciter quelques questions. Le groupe a t-il continué sur sa reconversion mélodique ou bien est-il revenu au son plus brut de Killing With A Smile et dans une moindre mesure Horizons ?

Alors, oui et non. Parkway Drive a d'ailleurs été plutôt bon pour brouiller les pistes, et ceci grâce aux deux clips lâchés avant la sortie officielle. Car si "Vice Grip" reste dans la continuité des morceaux très mélodiques qu'on a pu voir sur Atlas et Deep Blue (notamment avec ses choeurs « yeah yeah yeah »), "Crushed" de son côté propose une sorte d'hybride entre metalcore et rap. Winston se débrouille d'ailleurs plutôt bien avec le chant rappé/hurlé et le groove proposé n'est pas sans rappeler les vétérans Rage Against The Machine - dont le titre "Bulls On Parade" a fait l'objet de plusieurs reprises par les australiens en concert l'été dernier. Il va sans dire qu'on n'est pas mieux placés après l'écoute de ces deux morceaux quant à la direction prise par le groupe, l'album entre les mains, on est même perdus. "Destroyer", soit le premier morceau du disque, propose un opening riff tout droit sorti de la NWOBHM (0:53 pour les curieux) aromatisé par quelques éléments de metalcore bien sentis. Les australiens gardent même quelques recettes qui ont bien fonctionné par le passé comme les refrains à l'unisson, ainsi que les sortes de breakdowns très mélodiques qu'ils chérissent tant. "Dying to Believe" est par contre d'une brutalité rarement atteinte par le groupe (il faut revenir à des morceaux datant de 2007 comme "Boneyards" pour trouver un son similaire), on dirait presque du deathcore sur certains passages. Ce genre de morceaux va d'ailleurs sûrement ravir un grand nombre de fans qui s'imaginent déjà en plein mosh pit, sous la pluie et recouverts de sueur et de boue. Quoi ? On n'a plus le droit de fantasmer ?
Parlons live justement, le groupe est connu pour des prestations en concert de haut vol, réussies à coups de breakdowns dévastateurs, de passage rapides et de chœurs répétés avec le public. Mais ne le cachons pas, leurs prestations sont indéniablement liées à l'énergie débordante dégagée par les membres du groupe et surtout leur chanteur emblématique, Winston Mccall. Le groupe n'ayant jamais proposé de chant clair, le bougre se débrouille fichtrement bien pour proposer une variété vocale sur les différents morceaux de l'album : les hurlements chers au hardcore ainsi que les growls se succèdent sur les différentes pistes pour notre plus grand plaisir et, surprise, on a même droit à une sorte de « chuchotement crié » sur "Writings On The Wall". Tiens, tant qu'on y est, du violon ! Les fans de première heure en perdraient leurs dentiers. Mais le fait est que ça fonctionne ! On est vraiment emportés par le refrain et les mélodies, même si au niveau de la composition ce n'est pas du tout la mer à boire. Bien que la base metalcore soit présente sur l'album entier, la diversité est au rendez-vous, permettant à l'ennui de ne pas s'installer chez l'auditeur. On a donc droit à un "A Deathless Song" dans la même veine que "Writings On The Wall", un "Vicious" assez similaire à "Destroyer", ainsi qu'un "Dedicated" au son « Parkway Drive-esque » reconnaissable entre mille, qui rappelle beaucoup leurs deux premiers albums. L'album contient néanmoins quelques morceaux qui font office de remplissage plus qu'autre chose, dont "The Sound Of Violence", ainsi que "Bottom Feeder", très vides et monotones, et dans une moindre mesure "Fractures", dont les mélodies et les refrains ressemblent beaucoup trop à certains morceaux du même album, "Vicious" et "Destroyer "en tête.


Alors, comme réponse à la question posée plus haut, on va dire que le groupe réalise une sorte de compromis en proposant des morceaux très mélodiques, tout en conservant la recette qui a fait leur succès. Ce qui ne ravira pas forcément tous leurs fans, qui cracheront peut-être sur le côté mainstream et commercial de la chose, mais permettra sûrement de rajouter quelques plumes supplémentaires au trône déjà très confortable du metalcore moderne que les australiens occupent depuis des années déjà, maintenant que Bring Me The Horizon s'aventure justement vers d'autres horizons. Bonjour, merci, au revoir. À dans trois ans les artistes.


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