17126

CHRONIQUE PAR ...

126
Magmahot
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

-Davorin Švaner
(chant+guitare)

-Marin Lelas
(batterie)

-Jurica Jakic
(basse)

TRACKLIST

1) So It Begins
2) Undo The Error
3) Succubus
4)
Disgust In Theory
5) Private Session
6) Ripped To Regenerate
7) Social Disease
8) Quai Quae
9) Cocoon

DISCOGRAPHIE

So It Begins (2015)

Decomposing Entity - So It Begins
(2015) - death metal pas très foufou - Label : Perennity Records



Alerte nouvelle formation, Decomposing Entity est un groupe croate originaire de Zagreb officiant dans le domaine du death metal, technique et brutal à souhait. Formé il y a déjà sept ans, les bougres ont d'abord sorti un EP de bonne facture et quelques démos avant de s'attaquer à leur premier album, So It Begins, sous le label Perennity Records.

Après une intro assez orthodoxe dans sa structure et comportant quelques sonorités locales, les hostilités sont lancées. La main baladeuse de tout auditeur averti ira sûrement retourner la pochette du disque pour vérifier si ce n'est pas une éventuelle sortie surprise des membres de Suffocation, sauf qu'en fait non. C'est bien de nos croates de services dont il est question, qui nous gratifient de quelques éléments de death metal bien sentis, des blast-beats et des riffs brutaux, tout ceci apparié à une production de qualité. Le style change un peu au cours de l'album, arborant quelques influences mélodiques, donc on va dire que le groupe n'est pas une pale copie de Suffocation comme certaines formations qui émergent actuellement, néanmoins, la patte des américains est bel-et-bien présente. Il faut dire que parfois, le haut niveau technique d'un album nous permet de ne pas y perdre intérêt, et parfois c'est les chansons brutales taillées pour la scène ; ici c'est un compromis entre les deux, un Kataklysm du pauvre en quelque sorte. Le niveau technique des différents membres est certes respectable, mais n'est pas au top de celui de leurs inspirations que sont Suffocation et dans une moindre mesure Morbid Angel, et d'une autre part la brutalité n'atteint pas celle des autres américains de Cannibal Corpse et Dying Fetus.
Les croates ont un certain talent pour la composition, ne le cachons pas : les riffs principaux de "Private Session" et surtout "Succubus" en témoignent, ainsi que le début tout en finesse de "Ripped to Regenerate". Sauf que voilà le problème, la première écoute est plutôt satisfaisante, les mélodies sont captivantes, le chant assez bon, les breakdowns bien placés… et... c'est tout. La deuxième écoute est un exemple parfait du « death metal passif », terme fièrement inventé par votre humble serviteur. Les breaks placés par ci et par là permettent de ne pas perdre intérêt, les très rares changements de tempo nous empêchent de nous endormir, et vers la troisième ou quatrième écoute, on commence même à remarquer qu'il n'y a aucune forme de créativité dans ce qu'est en train de se répéter dans nos oreilles. Certains morceaux se ressemblent, les structures sont presque identiques, et on a l'impression que les gars de Decomposing Entity se sont fait livrer le fameux livre de recettes « Comment faire un bon album de death metal ». Les musiciens ont d'ailleurs un peu trop suivi les consignes du livre sur leur titre "Quai Quae" : ce morceau est d'un ennui ! On va donc dire que Decomposing Entity, c'est l'élève qui, avec les bons supports et livres, te sort une dissertation de douze pages de bonne facture, bourrée de citations et de références, mais qui finit toujours derrière l'élève prodige de la classe, celui qui te pond deux pages de réflexions philosophiques profondes à partir de rien et qui devient très vite le chouchou du prof.

Pour une première grosse sortie, la prestation des croates reste bonne, surtout dans un pays où le genre n'est pas très bien implémenté, mais quand on voit ce qu'ont pu faire Lykathea Aflame et !.I.T.O.O.H.!, eux aussi originaires d'un pays où le saint death metal n'est pas hyper développé, on se dit que Decomposing Entity aurait pu faire mieux, beaucoup mieux. La note attribuée est donc : « ce n'est pas une claque, et pas une bouse non plus, vous pouvez faire mieux, arrêtez de vous la jouer sécurité et faites-nous rêver ».
 


©Les Eternels / Totoro mange des enfants corporation - 2012 - Tous droits réservés
Trefoil polaroid droit 6 polaroid milieu 6 polaroid gauche 6