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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 18 septembre 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Burton C. Bell
(chant)

-Dino Cazares
(guitare+basse)

-Mike Heller
(batterie)


Guests :
-Jason McBatum
(chant)

-Gertruda Van de Welde
(chant)

-Vincent Forsberg
(ocarina)


TRACKLIST

1) Autonomous Combat System
2) Anodized
3) Dielectric
4) Soul Hacker
5) Protomech
6) Genexus
7) Church of Extinction
8) Regenrate
9) Battle for Utopia
10) Expiration Date

DISCOGRAPHIE


Fear Factory - Genexus
(2015) - death metal indus Avant-gardiste - Label : Nuclear Blast



Dix ! Genexus est déjà  le dixième album de Fear Factory (si je ne me suis pas gouré en comptant sur Metal Archives). Pour célébrer cette sortie, Dino et Burton ont décidé de frapper un grand coup : fini les rythmiques carrées, fini ce metal agressif qui inspira et inspire encore la ribambelle de deathcoreux. « Genexus est  différent. C’est un album œcuménique. Un haiku à l’américaine. »  - Dino Cazares, Rock Hard juillet 2015. Un pari audacieux… et réussi !

Et pourtant, "Autonomous Combat System" ouvre l’album avec les sempiternels bruits de machines si chers à tout groupe un tant soit peu en symbiose avec la musique indus. C’est ensuite que les choses changent radicalement. Exit les cris de colères de Burton, le chant est presque entièrement assuré par deux guests de prestige : Jason McBatum, le vocaliste du cultissime jazz band The Javier Clemente Orchestra et la grande Gertruda Van de Welde, et son timbre si particulier, sorte de croisement entre la fragilité de Juliette Gréco et la puissance outre-tombesque de Lee Dorian, époque Napalm Death. Qui dit jazz band, dit ambiances feutrées et, effectivement, Fear Factory ne percute plus, il caresse. Les guitares se sont faites acoustiques, les rythmes évoquent bien plus la bossa-nova et la jota maña que le death metal industriel. Autre nouveauté : la présence d’un ocarina, joué par un troisième guest et l’un des maîtres du genre, Vincent Forsberg, neveu du regretté Quorthon, l’homme-orchestre de Bathory. Côté lyrics, il y a du changement aussi, puisque Fear Factory semble s’inspirer directement du Zohar et de la guématrie, ce système de décryptage des textes sacrés. Dino donne également quelques pistes à ce sujet : «" Expiration Date" est à Tiphereth, ce que "Linchpin" est à Malkuth ».
Que penser de cette mixture ? Forcément, elle déplaira aux metalleux les plus fermés, mais les plus ouverts d’esprit y trouveront certainement leur compte ! Évidemment, pas une ligne de ce que je viens d’écrire n’est vraie, mais que voulez-vous : faire un chronique un tant soit peu longue d’un album de Fear Factory est difficile, puisque les gars répètent à longueur de temps la même chose, à quelques variations près. Non pas que l’album soit mauvais, pas du tout ! Le faiblard "Church of Execution" mis à part, les titres de Genexus sont hargneux à souhait et  les typiques rythmiques percutantes et autres alternances méchant/gentil  font vraiment mouche. Seul mini-changement : une utilisation plus « symphonique » des claviers, et une accentuation du côté mélodique des titres,  accentuation patente sur "Battle For Utopia" et surtout "Expiration Date", titre qui donne la chair de poule, encore plus ballade que "Timelessness". Un vrai plaisir que cet album, sincèrement, mais écrire dessus une chronique entière… du coup continuons à imaginer des choses.  La chanson éponyme est un morceau de bravoure d’une heure cinquante où se succèdent harmonies aigres-douces, improvisations afro et swings endiablés. Quant aux dix-huit dernières minutes de l'album où l’on n’entend que le bruit de la mer Caspienne une nuit de pleine lune avec le roucoulement des hirondelles en bruit de fond, concluent sur une touche surprenante cette œuvre ô combien déstabilisante pour tout amateur de musique métallique.

Très difficile d’accès, Genexus (prononcer « Géhéxoussis », c’est-à-dire « Création immanente et providentielle » en swazilandais) est un tournant dans la musique du vingt-et-unième siècle, ni plus, ni moins. Compliqué d'en savoir plus sur les intentions des créateurs de ce projet audacieux et brillant, puisque Dino et Burton ont décidé de se retirer du monde des mortels. Ils se seraient ainsi installés sur la minuscule île d'Hakuna Matata, au beau milieu de l’Océan Antarctique et pensent se nourrir exclusivement de griffes de sapajou. Reviendront-ils un jour ? Dieu seul le sait, mais avec une telle œuvre, leur postérité est assurée. D’aucuns pensent d’ailleurs que Dino Cazares veut dire « En avance sur son temps » en haut sri-lankais. Info ou intox ?



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