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CHRONIQUE PAR ...

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Silverbard
Cette chronique a été mise en ligne le 14 septembre 2015
Sa note : 14/20

LINE UP

-Russell Allen
(chant)

-Michael Romeo
(guitare)

-Michael Pinnella
(clavier)

-Michael LePond
(basse)

-Jason Rullo
(batterie)

TRACKLIST

1) Overture 
2) Nevermore 
3) Underworld 
4) Without You 
5) Kiss of Fire
6) Charon 
7) To Hell and Back 
8) In My Darkest Hour 
9) Run With the Devil 
10) Swansong 
11) Legend

DISCOGRAPHIE


Symphony X - Underworld
(2015) - metal symphonique metal prog power metal - Label : Nuclear Blast



Nous sommes en 2015 et les vétérans du power prog à tendance symphonico-tsoin-tsoin sont de retour ! Qu'est-ce que Symphony X peut bien trouver encore à nous dire après une carrière bien remplie comme le ventre de son guitariste de légende ? Ayant depuis pas mal d'années délaissé ses digressions néo-classiques au profit d'un metal plus lourd, passant finalement du « power metal » définition européenne au « power metal » définition américaine, SymphonyX est en effet aujourd'hui bien plus proche de Lamb Of God que de Rhapsody.

Ouste, les chemises à jabot sont rangés depuis bien longtemps au fond du placard, place au cuir ! C'est en effet le parti pris de Russel Allen qui, depuis Paradise Lost et surtout Iconoclast, s'est reconverti en biker hargneux (ou presque) derrière le micro. Mais ce virage « bourrin » est clairement à mettre à l'actif de son acolyte gratteux qui, non satisfait de supporter ses kilos de graisse au quotidien, a décidé d'en faire profiter tout le monde. C'est ainsi que passé la traditionnelle "Overture" toute pompeuse qu'elle se doit, on arrive sur "Nevermore", single - avouons-le - un peu facile. Mais bien vite les choses deviennent très sérieuses quand déboule dans la foulée le titre éponyme, lancé par un riff d'une LOURDEUR qui semble tout droit sortie de The Great Southern Trendkill, voire d'un album de Decapitated ! Il faut croire que le « guitar hero » aux gros doigts boudinés a saupoudré sauvagement de caféine son « happy meal », tant on hallucine de le voir dérouler à la pelle des rythmiques de fils de... euh de fils de sa maman ! Prenez par exemple juste le riff d'intro de "Charon" pour vous calmer immédiatement. Même topo pour "Kiss Of Fire" où l'on se retient de ne pas se briser les cervicales tellement le riff est éléphantesque, mais on pourrait bien facilement citer tous les titres de l'album qui regorgent chacun de groove assassin.
Et que dire de la performance de Russel Allen sur ce "Underworld" ? En état de possession du début à la fin, le bougre hurle comme un damné sur les couplets avec une rage dont on le croyait étranger, pour moduler au moment du refrain sur un timbre à coller des frissons tout au long du corps, le tout dans un esprit très Vanden Plas-sien ! Sur "Kiss Of Fire", le frontman se laisse même aller à un petit screaming des familles sur un final grandiose dégoulinant de moults chœurs pompissimes semblant droit sortis d'une B.O. de blockbuster hollywoodien. Passons au cas "To Hell And Back" qui commence pour les âmes déviantes à chaque écoute accompagnée d'une crispation, quand le clavier d'intro surgit sur une mélodie non sans rappeler... "The Final Countdown", si si je vous jure. Pour le reste, le titre mise sur du réchauffé, tant dans le solo qu'on semble avoir déjà entendu 1001 fois - mais toutefois de très bonne facture - que dans le refrain glucosé qui parvient lui aussi à rester digérable grâce au talent inouï de son vocaliste. Mais une nouvelle fois on pourra qu'halluciner des accélérations de tempo, avec en prime une progression rythmique qui n'est pas sans évoquer leur compatriotes d'Iced Earth d'ailleurs.
Par contre "In My Darkest Hour", loin d'être un clin d’œil à Megadeth, est l'exemple type du titre passe-partout inutile, ponctué d'un solo aussi inspiré que les dernières prouesses de Michael Amott. "Rue With The Devil" va quant à lui chercher du côté de Rush / Dream Theater avec son clavier fou introductif avant d'embrayer sur une rythmique sautillante et syncopée à souhait (allez osons dire djenty - placement de produit !) et un refrain bien FM que n'aurait pas renié Whitesnake, soit un sacré grand huit au final ! Un des titres les plus rafraîchissant de la galette ! Le tempo du morceau est proprement hallucinant et on apprécie un peu de calme avec un "Swan Song" convenu (ne serait-ce pas une vilaine repompe de la mélodie de "Accolade" là ? - ou je vois le mal partout ?). L'autre power-ballade téléphonée "Without You" souffre également fortement de la comparaison avec ses ancêtres en la matière.
Enfin "Legend" est en clôture finalement le seul titre vraiment « prog » de la galette, venant ainsi renouer avec les amours de jeunesse de la formation du New Jersey. Un titre finalement bien intéressant où chaque musicien s'y donne à cœur joie, basse / claviers / guitare, chacun a ici son mot à dire. Mais le principal revers de la médaille de la galette, c'est sa lourdeur. L'album va la chercher essentiellement avec une production bien compressée où la guitare est reine du mix. La basse de LePond, toujours mise en avant jusque là, se retrouve assez injustement perdue dans le mix au profit de la sept cordes du maestro qui mange tout. Même la batterie, quand on y fait attention, se retrouve bien aplatie... Au rayon des points faibles, on notera aussi les paroles sur lesquelles on passera très très TRÈS vite, afin d'éviter de faire une réaction allergique terrible...

Assez hallucinant de constater que Symphony X, même avec pas mal de titres de remplissage arrive a transformer le convenu en agréable, grâce à simplement du talent, un chanteur phénoménal, un guitariste qui fait le job à la perfection et une section rythmique de haut vol. Underworld regorge de quelques pépites, mais survit bien plus largement par son génie d’interprétation que de composition. Il faut l'avouer, l'album ne rentrera pas au panthéon du quintet mais demeure bon, pour un groupe qui au final n'a jamais déçu. Alors Dream Theater, jaloux ?


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