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CHRONIQUE PAR ...

116
Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 21 août 2015
Sa note : 16/20

LINE UP

-Alex Teyen
(chant)

-Eddie Pickard
(guitare)

-James Harrison 
(guitare)

-Lloyd Newton
(basse)

-Aaron Kitcher
(batterie)

TRACKLIST

1) Plague Worship
2) In The Wake ov the Wolf
3) Young Gloom
4) L'appel du Vide
5) Vermintide (ft. Eddie Hermida)
6) Prince of Ash
7) The Masquerade
8) A Pale Procession ii: Death Match
9) I'm so Tired of Sighing. Please Lord Let It Be Night (ft. CJ Macmahon)

DISCOGRAPHIE


Black Tongue - The Unconquerable Dark
(2015) - hardcore black metal Eternelbreakdowntempocore - Label : Century Media



Il était assis sous son porche, le calme le plus joyeux planait et l’air sentait tellement bon. Sa glacière était pleine à craquer de bières rafraichissantes et il fumait tranquillement une bonne cigarette qui fait rire. Tout était parfait, vraiment, même le soleil y avait mis du sien. Une main noire lui tira la tête en arrière brisant sa nuque, enfonça sa main dans son gosier et arracha sa colonne vertébrale avant de la planter dans ses tripes. Le soleil vira au noir, la terre se fendit tandis que Satan au loin s’enfilait une grosse ligne.

Vous vous souvenez d’Infant Annihilator ? Satan, viol de foetus, vitesse extrême, vocaux infernaux et violence quasi ridicule ? Black Tongue se compose de deux des trois membres de IA, le batteur et le gratteux. Vous imaginez déjà la suite ? Eh bien non, BT est le jumeau maléfique, le pourri, la saloperie rampante qui dépasse l’hecto-tonne. Si IA flirtait avec les 300BPM avec l’aisance de DSK, son jumeau lui est au fond de l’ocean Tempo, situé à -20BPM. Accordés en drop D voir plus bas, ces bâtards armés de 8 cordes spaghettis détruisent tout à coup de cordes à vide ravageuses. C’est dès la première piste que le chaos est semé, chaque riff trafiqué, alimenté par une batterie explosive de lenteur, le tout surmonté par des voix provenant des enfers les plus obscurs détruisent chaque particule de la terre. Ne laissant derrière eux que débris, sang et ruines. Nous sommes bel et bien en présence de deathcore downtempo, mais quoi d’autres… Des miettes de djent et du black. Ouais du black. Mais qu’est ce que du black peut bien branler là-dedans ? Excellente question, ça c’est déjà produit dans le deathcore mais qu’on se le dise c’est généralement raté, c’est pas un tremolo par ci et un cri par là qui fait le black, il y a tout une ambiance à intégrer, une vision et surtout une température frôlant les négatifs. Worshipper Satan est également un art.
Black Tongue malgré leur attitude de jeunes cons et d’attardé du breakdown, ont tout de même une vision personnelle du chaos et une qualité d’écriture « fine » (pour le style). L’apocalypse est ici décrite comme un chaos assourdissant, une destruction massive et sans pitié. Le ciel se remplira de poussière, se teintera de noir et de rouge fumant, tout ne sera que gouffre sans fond, dans lequel joueront et blasphèmeront les suppôts du grand seigneur tout-puissant. Plus de limite, chaque humain verra ses os fracassés à l’image de ces breakdowns d’une lourdeur JAMAIS égalée, les cerveaux fondront à cause de ces leads black lancinants et désertiques. Satan brûlera tout, écrasera le soleil sur nous (le verset 3:08, dont l’évangile "Plague Worship" en est l’image). Il ne restera que misère, implosion du sol et température dépassant les limites cosmiques. En effet Black Tongue n’a pas seulement misé sa thune sur les breakdowns (les plus lourds spécimens jamais entendu par un être humain), il a également accordé une place importante aux mélodies et aux ambiances. Ainsi, chaque morceau verra derrière son mur de basse meurtrier, une magnifique sélection de leads mélancoliques, chaotiques, occultes et parfois majestueux. La recette n’est jamais changée, un travail important sur les voix est également notable, alternant entre growls abyssaux et shrieks black, torturés, les nuances apportées au son monolithique ne sont pas négligeables.


Black Tongue nous signe une belle livraison, après un EP qui assurait une affirmation de style, BT nous revient plus mature et affirmé en teintant son downtempocore de black obscur. Soyons clair, techniquement ça casse pas une patte à un canard, les morceaux se ressemblent tous mais c’est le style qui veut ça, replacé dans son contexte cet album est une tuerie, certainement le fer de lance du mouvement. The Unconquerable Dark c’est cette personne qui s’éclate la tête dans un évier en implorant Satan tout en ordonnant la destruction de la terre sur TF1, ce type possédé qui aimerait voir une montagne implosé devant ces yeux tournés vers son cerveau vide.


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