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CHRONIQUE PAR ...

97
Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 12 août 2015
Sa note : 15/20

LINE UP

-Dave Spicer
(chant+guitare)

-Jared Compton
(chant+guitare)

-Sam Curtis
(basse)

-Brandin Henize
(batterie)

TRACKLIST

1) Fire & Blood
2) Into the Starless Night
3) Ursine Lineage
4) Bastard of the Dreadfort
5) And the Skies Mourned Her Light
6) Hiraeth
7) The Devil Rides Out
8) A Kingdom Aflame

DISCOGRAPHIE


Siren - A Kingdom Aflame
(2015) - heavy metal black metal pagan - Label : Draconum Records



Pour vous, « metal » rime avec « classe ». Une production léchée, un mur de guitares, l’impression d’être aux commandes d’un engin de guerre des années 2666. Des claviers ? Bien sûr, et si possible, du violon. Mais un Stradivarius bien sûr. Le chant ? Caverneux ou lyrique, mais précis. Et puis des breaks, des intermèdes, des intros, de l’alambic, de la so-phis-ti-ca-tion. Vous voulez un sccop ? A Kingdom Aflame, c’est pas pour vous.

Parce que franchement, seules les évocations mythologico-érotiques que peut avoir le nom du groupe (quoique… si ça se trouve, c’est une référence à la sirène des pompiers...) possèdent une once de raffinement dans l’univers sonore du premier travail de ce quatuor originaire de l’autre côté des flots, là où Pete Sampras régnait en maître il n’y a pas si longtemps. Pour le reste, A Kingdom Aflame sent la bataille de pirates, la sueur, le rhum et les sourires édentés. Motivés comme pas deux, les Ricains égrènent les riffs le long de sept vrais titres (plus un intermède) d’obédience pagan, mais où transpirent également des influences heavy épique. L’étiquette « heavy/black » que l’on trouve au sujet du groupe sur les Metal Archives est un petit peu trompeuse: d’une part, il faut vraiment parler de pagan plus que de black, tant l’influence d’un groupe comme Primordial est marquante ici, d’autre part, le heavy n’est qu’un ingrédient supplémentaire là où le pagan est la base alimentaire. Néanmoins, il suffit d’écouter des titres comme le super efficace "Ursine Lineage" ou "The Devil Rides Out" pour se persuader que des albums de Manowar, Battleroar ou encore Manilla Road ont dû croiser la route de nos artistes à un moment donné. Bref, Siren intègre avec bonheur des influences heavy à leur pagan : le résultat est très convaincant, et l’album, relativement compact, s’écoute d’un seul trait pour peu que… pour peu que l’auditeur accepte deux choses.
La première : la production et notamment le son de la caisse claire, limite baril d’Ariel. Quelque part, c’est un peu le jeu : on a à faire ici à un produit brut de décoffrage, bref, le premier écueil peut facilement se surmonter. Le second, en revanche, est un poil plus problématique, et il faut y mettre du sien pour s’en affranchir : il s’agit du chant « clair », largement prédominant. Si l’influence de Nemtheanga est indéniable, le registre du brailleur est plus limité que celui de l’illustre chanteur de Primordial, et, n’y allons pas par quatre chemin : notre ami chante faux. Il compense par une énergie et une hargne remarquables, et, encore une fois, ces « désajustements » s’inscrivent dans le cadre d’une musique qui se veut directe et crue, c’est pourquoi, il est possible de passer outre, mais, comme dans le cas des Frenchies de Divine Side, un certain nombre d’auditeurs potentiels risquent de lâcher l’affaire à cause de ce chant perfectible. Ca n’empêchera pas les autres (dont je fais partie) de se délecter de la tonne de riffs que nous propose A Kingdom Aflame et d’apprécier, outre les deux titres cités précédemment, des chansons d’excellente facture, comme le thrashy "Bastard of the Dreadfort" ou encore un la chanson éponyme qui clôt parfaitement un album hautement énergétique.

 
Apprécier A Kingdom Aflame, c’est une question d’envie, de foi presque. Il faut oublier ses défauts (en gros, le chant) et se concentrer sur sa qualité première : la percussion. Tout amateur de bons gros riffs devrait au moins s’y essayer, quitte à renoncer, car, croyez-moi, ces Américains ont de l’énergie à revendre, et c’est avec un grand sourire aux lèvres que je m’apprête à m’avaler une fois de plus ce petit monstre d’efficacité.



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