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CHRONIQUE PAR ...

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Winter
Cette chronique a été mise en ligne le 24 juin 2015
Sa note : 15.5/20

LINE UP

-Johannes Andersson
(chant+basse)

-Adam Zaars
(guitare+xylophone+vibraphone)

-Jonathan Hultén
(guitare)

-Jakob Ljunberg
(batterie)



TRACKLIST

1) Strange Gateways Beckon
2) Melancholia
3) In the Dreams of the Dead
4) Winds
5) Själaflykt
6) The Motherhood of God
7) Strains of Horror
8) Holy Libations
9) Cauda Pavoris
10)
Music From the Other

DISCOGRAPHIE


Tribulation - The Children of the Night
(2015) - rock black metal gothique - Label : Century Media



« Chat échaudé craint l’eau froide. » Ayant déjà fait plusieurs fois la douloureuse expérience de me régaler à l’avance d’une œuvre devant les réactions enthousiastes d’une majorité de la population (au ciné, Les Visiteurs, par exemple), avant d’être très déçu devant l’œuvre elle-même, je devais absolument être circonspect devant ce The Children of the Night  à la pochette fort alléchante. Coup de cœur par ci, éloges par là… La méfiance était de mise… Au bout du compte, ai-je eu raison de jouer au pisse-vinaigre pour protéger mon petit cœur des contrariétés qu’engendre une profonde déception ?
 
Globalement, non. Soyons clair, la troisième livraison des Suédois plus ou moins peinturlurés est un bon album, parfois très bon même. On le pressent dès la première minute du titre introductif avec l'intervention des guitares tout en mélodie gothique (on en reparlera des guitares ceci dit…) parfaite. On en a clairement la confirmation avec "Melancholia", ZE gros hit de l’album, dans une moindre mesure "Holy Libations" (qui souffre quand même un peu du problème décrit plus bas), et, plus globalement, avec l’ambiance dégagée par l’album. The Children of the Night ajoute une petite touche picturale très 70s à une musique proche d’un croisement entre le black goth de Cadaveria et le death-rock (goth également) de Sentenced époque Amok, et réussit à créer un univers musical fascinant, et parfois très prenant. Cette fascination se doit à une facilité de composition évidente, un savoir-faire épatant quand il s’agit de créer de la mélodie, et un doigté magique à l’heure de mettre en place des intermèdes instrumentaux. Sérieusement, il m’a été rarement donné d’entendre des instrumentaux aussi captivants que le délicat "Själaflykt" et ses « orgues » magnifiques, ou encore l’envoûtant "Cauda Pavonis", sorte de bande-son de nos cauchemars les plus esthétiques, un peu comme pourrait le faire Hail Spirit Noir. On notera d’ailleurs une certaine ressemblance, certainement fortuite, avec le titre "Oi Magoi" des géniaux Grecs.
Rien que pour ça, The Children of the Night vaut le détour. Quel est donc le problème de l’œuvre ? C’est l’absence quasi absolue de travail rythmique des guitares qui, lorsqu’elles n’assument pas le lead, ne font guère plus que plaquer des accords sur bien des morceaux, ou même se taire. Il en résulte une certaine mollesse qui gêne le fan de black metal que je suis. Du coup, on attend certaines accélérations et un emballement qui ne vient pas. Si tous les morceaux contiennent leur pesant de  mélodies et d’harmonies black-goth-rock parfaites, certains d’entre eux se retrouvent tout de même le cul entre deux chaises : pas vraiment ambiance, pas vraiment agressifs, des titres comme "In the Dreams of the Dead", "Strains of Horror", ou "Music From The Other", dont le début en mode trve black n’est qu’un leurre, jettent un voile un peu léthargique sur l’album. C’est bien dommage. The Children of the Night n’en reste pas moins un album hors-norme à l’esthétique irréprochable, mais on aurait aimé quelques petits accès de hargne que la seule voix black de Johannes n’arrive pas à créer complètement.

 
The Children of the Night, c’est une ambiance absolument magique et quelques morceaux de grande classe. L’absence de vrai travail rythmique des guitares sur la plupart de l’album crée néanmoins une sensation d’indolence qui nuit au beau travail des Suédois. Si vous n’êtes pas trop exigeants sur cet aspect, ruez-vous sur ce que vous considérerez peut-être sur un chef-d’œuvre. Si vous avez besoin de votre dose de riff gras, jetez quand même une oreille ou deux sur cette œuvre, elle en vaut la peine.



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