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CHRONIQUE PAR ...

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Lucificum
Cette chronique a été mise en ligne le 14 février 2008
Sa note : 11.5/20

LINE UP

-Maldito X (Tony Campo)
(basse+chant)

-Asesino (Dino Cazares)
(guitare)

-El Sadístico (Emilio Márquez)
(batterie)

TRACKLIST

1)Advertencia
2)Regresando Odio
3)Maldito
4)Rituales Salvajes
5)Yo No Fui
6)Padre Pedofilio
7)Enterrado Vivo
8)¡Puta Con Pito!
9)Adelitas
10)Twiquiado
11)Perro Primero
12)Sadistico
13)Batalla Final
14)Cristo Satánico
15)Y Tu Mama Tambien
16)Misas negras
17)Matando güeros

DISCOGRAPHIE


Asesino - Cristo Satanico



«Ay Caramba1 ! Puta2 corrida3 tequila4 !» Voilà, résumée en quelques mots bien choisis, l’ambiance de cet album d’Asesino, nouvel opus d’un autre projet de Dino Cazares, également guitariste (ou ex-guitariste) chez - entre autres - Fear Factory ou Brujeria. Qu’apporte donc ce projet par rapport aux groupes suscités ? Une chose et sure, on est bien loin de l’aspect aseptisé de Fear Factory ou des sonorités modernes de Divine Heresy. Il faut plutôt se tourner vers Brujeria et de son côté vaguement grind dans l’esprit, tout en respectant un cahier des charges plus précis et efficace.

À commencer par la production, franchement pêchue et dynamique, mais qui a ce je-ne-sais-quoi de cradingue et poussiéreuse, évoquant un bar perdu au fin-fond du désert mexicain : c’est sale, poilu et viril, ça pue et il y fait très chaud. Un mélange qui cadre parfaitement avec le chant exclusivement espagnol que nous délivre Tony Campo (Static-X), alias Maldito X. Oubliez les thèmes chers au thrash/death dans sa forme la plus courante (même si chez Asesino comme chez beaucoup de groupes, le christianisme n’a pas vraiment la cote), Asesino n’hésitant pas à faire preuve d’un second degré rafraichissant dans ses thèmes, comme sur "Adelitas", du nom d’un bar de Tijuana. Et pour le reste, on se surprend parfois à se croire en présence d’un groupe punk, faisant la gloire du sexe, de la drogue et du rock’n’roll, le tout dans une ambiance sale et légèrement malsaine.

Ce mélange entre une production puissante et râpeuse, une technique musicale bien présente, l’expérience des différents membres du groupe et cette identité mexicaine revendiquée donne à Asesino un cachet bien spécifique. Les morceaux sont courts (rarement plus de quatre minutes), directs et souvent assez violents. Musicalement, on l’a dit, on se trouve à la croisée des genres, avec en proportions variables du death, du thrash, du punk et parfois un soupçon de musique électronique (le synthé sur "Maldito", par exemple) et de rythmes hachés qui font l’un comme l’autre penser à Fear Factory. Le tout surmonté par la voix de Campo qui colle parfaitement à l’ambiance, avec son chant agressif et teigneux. Andreas Kisser vient même faire un solo sur un titre ("Regressando Odio"), sous le pseudonyme amusant de Sepulculo.

Oscillant entre humour noir ("Padre Pedophilio"), drogue ("Twiquiado"), sexe ("¡Puta Con Pito!", "Sadistico") et fiesta ("Adelitas"), Asesino joue sur son image de guérilleros pour proposer ce sauvage Cristo Satanico qui se déguste sans difficulté mais s’avère un peu longuet (17 titres pour plus de cinquante minutes) et indigeste. Alors certes, les efforts pour varier le propos sont là, avec par exemple une guitare acoustique vaguement flamenco sur "Matando Güeros" (une reprise de Brujeria) ou le surprenant "Cristo Satanico", titre orchestral vaguement raté. Mais sur la longueur, la routine semble s’installer, diluant l’efficacité de Cristo Satanico dans le temps. Les rythmes utilisés se ressemblent un peu tous, les variations de tempos étant rares d’un titre à l’autre. Il manque donc un poil de relief à Asesino pour prétendre à un album qui se classerait parmi les indispensables de ce début d’année.


Cristo Satanico reste un bon défouloir, simple à appréhender et immédiatement efficace. Le père Cazares n’a plus rien à prouver et se lâche donc comme il l’avait fait à une époque avec Brujeria. Et c’est bien là le problème avec ces groupes essayant de mélanger l’efficacité, la spontanéité et une certaine dose de second degré, ils restent souvent au rang de curiosité plus ou moins digérable mais très rarement inoubliable.

1fichtre !
2femme à l’affection monnayable
3forme traditionnelle d’Intervilles
4boisson rafraîchissante


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