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CHRONIQUE PAR ...

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Lotus
Cette chronique a été mise en ligne le 31 mai 2015
Sa note : 18/20

LINE UP

-Julien.H
(chant)

-Adrien.L
(guitare)

-Thibaut.A
(guitare)

-Guillaume.T
(basse)

-Cédric.L
(batterie)

TRACKLIST

1) Shame Along Shame
2) Never To Shine
3) Frustration (Is My Girl)
4) Beyond My Hands
5) Birth Of The Sadistic Son
6) Low Esteem
7) Anything But The High Road
8) Wish For Infamy
9) Bend The Knee
10) So Easy

DISCOGRAPHIE

Rise To Infamy (2015)
Still (EP) (2016)

Cowards - Rise To Infamy
(2015) - hardcore black metal Urban Blackened Sludge - Label : Throatruiner



Quand d’autres préfèrent les sorties en amoureux au cinéma, boire un verre en s’enlaçant les mains et en se lançant des regards tendres et mielleux… Alex lui, rampe lentement dans la nuit la plus goudronneuse, vacillant sous l’effet de boissons tièdes et odorantes, capuché, les mains dans les poches, triste et haineux en shootant dans des vieilles seringues usées qui copulent avec les cigarettes évidées et les clochards frigorifiés…

C’est ça Cowards. Une belle bande de batards pourris venu tout droit de Paname proposant à ce peuple de bouffons une musique qui a réussi à mettre la noirceur du black, la rapidité du hardcore et la haine du sludge dans la même partouze. Comment rater son coup avec des ingrédients aussi bons ? C’est simple… Manquer de cette émotion, manquer de ce truc qui vous bouffe l’estomac et vous ronge la cervelle: la haine. Bonne nouvelle, Cowards n’en manque pas, il y’a même un supplément dégout, et un accompagnement de désespoir sur le côté… Qui veut être heureux ? Vous ? Allez vous faire foutre. Pas une lumière s’est allumée depuis des lustres, la pluie tombe toujours, le ciel et le sol ne sont que pétrole et déjections, personne ne sourit… Dans chaque rue, à chaque instant, un viol, un meurtre, un deal de crack se produit et l’air est saturé de toute cette merde… L’oxygène et l’eau fraîche en effet, se font rare dans l’univers gravé par le quintet parisien, tout est spécialement étudié pour vous faire passer le moment le plus ignoble de votre vie, vous faire descendre sur terre et sortir de votre crâne les conneries que Disney et la télé vous fourre dans l’encéphale.
Bon la parlote c’est pour les mous du fion et vous commencez à en avoir ras le cul de lire des conneries. Cowards se trouve dans la veine d’un Young And In The Way, d’un Coffinworm ou même de Celeste dans l’esprit. Mais ne soyons pas réducteur, Cowards à sa propre identité, sa propre vision de la musique. Les pouclas-pouclas, blast-beats furieux et autres groove très frais côtoient les riffs les plus vicieux, méchants et terrifiants disponibles. Les tremolos menaçant à vous couper le souffle ("Bend The Knees" à 1’40 par exemple) sur fond de blast brutaux arrêteront net toute respiration humaine tandis que les riffs tellurico-macadamiens détruiront chaque partie de l’anatomie à grand coup de masse rouillée ( la deuxième moitié de "Never To Shine", avec ce lead en fond rappelant les mélodies occultes d’Oathbreaker est l’exemple par excellence). La brutalité la plus pure est déjà atteinte, on peut aller plus loin ? La voix hurlée, odieuse, répugnante et colérique de Julien nous lâche un « oui » en pleine gueule, les yeux exorbités et les lèvres imbibées d’une écume blanche. Elle porte la musique déjà insupportable à un tout autre niveau. Officiant déjà dans Death Mercedes, le chanteur nous transmet sa haine et sa violence avec une facilité à vous faire très sérieusement froid dans le dos.
Après un long format et un EP qui sont passés bizarrement assez inaperçus (dommage car ils sont de qualité, pas au même niveau que ce dernier LP mais tout de même excellents), Cowards nous chie l’album de la maturité, le joyaux sombre à l’allure d’une boulette d’aluminum calcinée… La maturité ? Sûr et certains ? Yep. Pourquoi ? Si les précédentes offrandes ont longés les murs c’est très certainement parce que nous ne retrouvons pas la sensation d’écouter la plus pure métamphétamine auditive, que nous consommons en masse sur ce Rise To Infamy. Il y’a un feeling incroyable, une sensation de réel inexplicable, ils ont brisés la barrière entre l’auditeur et les musiciens, les palpitations et les excès de colère se font ressentir très rapidement cette merde est sérieusement dangereuse… Il suffit simplement d’écouter ce break sur "Birth Of The Sadistic Son" pour se rendre compte de l’impact que ce ramassis de goudron peut avoir sur un esprit un tourmenté. Une seule envie s’empare de nous: celle de tout détruire, de changer le neuf en ruine, l’heureux en triste, le rire en pleurs et les caresses par un défonçage de gueule sur un évier dans une chiotte d’un café mal fréquenté.


Cowards signe ici un grand disque, véritablement puissant. L’association du black metal, du sludge doomesque et de l’hardcore vicieux (ne pensez pas à ces gonzesses de la scène populaire actuelle s’il vous plait) est détonante, efficace, à vous couper le souffle. Rise To Infamy c’est ce gars dégouté, misanthrope, chargé d’amertume, qui enchaine déceptions sur déceptions, sans scrupule… Celui qui shoot dans les seringues, fume et profite de la beauté maladive de ce moment… En souriant.


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