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CHRONIQUE PAR ...

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Shamash
Cette chronique a été mise en ligne le 25 mai 2015
Sa note : 12/20

LINE UP

George Kollias
(chant+guitare+basse+percussions+batterie)

TRACKLIST

1) Echoes Of Divinity
2) Invictus
3) The Passage
4) Aeons Of Burning Galaxies
5) Shall Rise/Shall Be Dead
6) Voices
7) Treasures Of Nemesis
8) Apocalypse
9) Epitaph
10) Through Empty Eyes Of Light
11) Buried Under The Flames

DISCOGRAPHIE

Invictus (2015)

George Kollias - Invictus
(2015) - death metal - Label : Season Of Mist



L’envie prend parfois aux membres d’un groupe de musique de vouloir proposer une œuvre plus personnelle, de s’affranchir du travail collectif pour donner naissance à un projet seul, sans s’adjoindre les services de ses habituels collègues. Le metal, comme les autres styles, comporte son lot de projets solos, de qualité très diverse. En ce milieu d’année 2015, c’est George Kollias qui tente l’aventure solitaire, après de nombreuses années passées à composer et arranger.

Rappelons aux quelques endormis du fond de la salle, que George Kollias est batteur de son état, qu’il est reconnu comme l’un des meilleurs officiant dans le death, s’étant fait connaitre au sein de Sickening Horror, avant de rejoindre Nile dont il est désormais membre depuis Annihilation of the Wicked. Il n’est d’ailleurs pas le premier des égyptophiles à tenter l’expérience, puisque Karl Sanders est déjà l’auteur de deux sorties sous son nom. Là où ce dernier a choisi de donner libre cours à une musique où la brutalité est absente, avec des ambiances sombres censées évoquer une Égypte antique mystique, son acolyte n’a pas cherché à s’éloigner trop de ce qu’il aime et sait faire de mieux : un death metal carré et puissant. N’en déplaise à ceux qui espéraient le voir sortir des sentiers battus, Invictus est très conforme à l’idée que l’on pouvait se faire en évoquant cet album. N’allez cependant pas pour autant vous imaginer qu’il ne s’agit que d’une pâle copie de Nile. Son géniteur a en effet souhaité se démarquer quelque peu de son groupe principal.
Là où certains s’adjoignent les services d’amis pour enregistrer leurs pièces, le grec a décidé de gérer l'ensemble. Il a composé les onze pièces, a écrit l’ensemble des paroles et s’est occupé d’enregistrer tous les instruments. Bref, un véritable album solo. D’autant qu’il s’est également chargé du chant. Il est temps de s’attarder sur les compositions élaborées par le poulpe grec. Malheureusement, l’on se rendra vite compte que niveau originalité, on s’approche du néant. La musique pratiquée évoquera les travaux de Behemoth et consorts, à savoir un death moderne énergique. Et c’est peut-être là que le bas blesse. Il semble légitime de se demander pour quelle raison Kollias a souhaité travailler seul pour accoucher de titres sympathiques mais convenus. Les riffs de guitares sont loin d’être mauvais, mais pourtant rares sont ceux qui sont remarquables. L’hellène ne lésine cependant pas sur la violence, maitrisée à la perfection. Il pratique ce genre musical depuis des décennies et le professionnalisme qui émane de cette œuvre saute aux oreilles de l’auditeur, sans pour autant susciter toujours l’excitation. 
Bien entendu, le travail rythmique a fait l’objet d’une attention toute particulière. Les breaks ravageurs et les blasts omniprésents viendront sûrement épater les amateurs de technique. Il faut bien avouer qu’en la matière, le bougre est plutôt bon. La batterie est d’ailleurs mise en avant dans le mixage, parfois au dépend des guitares, qui se font légèrement plus discrètes. "Shall Rise/Shall Be Dead" ou "Epitaph" pour ne citer qu’elles, risquent d’amocher vos fragiles et délicates oreilles. Le seul écart que se permet George réside dans l’ajout d’un morceau instrumental, "Apocalypse". Hormis ce petit interlude, tout respire le death furieux et contrôlé, trop sûrement, pour que l’on vienne à s’extasier devant les prouesses du grec, quand bien même vous seriez friand de ce style. En un peu moins d’une heure, vous voilà rassasiés par une musique enlevée, d’une précision chirurgicale, mais qui manque fâcheusement d’audace et de chaleur.


Une demi-réussite ou un demi-échec. Voilà à quoi ressemble ce premier album solo de George Kollias. Si vous êtes un inconditionnel du death moderne à la production en béton armé, vous trouverez certainement votre bonheur ici. En revanche, si vous espériez une quelconque innovation, une envie d’être surpris, vous risquez d’être désappointés. Invictus est juste un album solide, mais malheureusement dénué d’âme.

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